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LA « GRANDE BASCULE » : INVENTION DE L’AU-DELÀ DES CRISES ET AVERTISSEMENT AUX FRANCAIS

ON ATTENDAIT UNE MÉTHODE ET UN CAP …

… NOUS AVONS UNE THÉORIE DE LA GRANDE BASCULE …

… ET UN AVERTISSEMENT ADRESSÉ AUX FRANÇAIS SUR L’ABONDANCE ET L’INSOUCIANCE

On peut lire – dans le prolongement du Conseil des Ministres – dans la presse qui évoquait très largement depuis une dizaine de jours les « défis d’E Macron » quels sont désormais les défis des Français selon E. Macron – Extraits :

« Macron alerte…, prévient les Français de «la fin de l’abondance…, met en garde…, exhorte les Français à payer le prix de la liberté, annonce la grande fracture, le « Grand bouleversement »; Les sombres prévisions de Macron; Le chef de l’Etat, qui a pris la parole publiquement, a adressé plusieurs rappels à l’ordre…, annoncé la « grande bascule «, « la fin de l’abondance de l’évidence et de l’insouciance », fait une peinture noire de la France, un portrait peu flatteur des Français dans l’abondance et l’insouciance…

VOIR NOTRE PUBLICATION RELATIVE À LA RENTRÉE POLITIQUE PUBLIÉ AVANT LE CONSEIL DES MINISTRES :

RENTRÉE POLITIQUE «ORAGEUSE» ET «SANS CAP» ? (Suite). https://metahodos.fr/2022/08/23/rentree/

La crise, les crises, auront depuis 5 ans servi de prétexte pour justifier une gouvernance jugée verticale, technocratique et faisant fi du débat parlementaire et du dialogue avec les parties prenantes. A présent on « bascule « au-delà des crises.

A Bormes-les-Mimosas, le chef de l’exécutif a demandé aux Français « d’accepter de payer le prix de la liberté ». « notre liberté a un coût » et va demander des « sacrifices »

« Je pense à notre peuple auquel il faudra de la force dâme pour regarder en face le temps qui vient, résister aux incertitudes, parfois à la facilité et à l’adversité

et, unis, accepter de payer le prix de notre liberté et de nos valeurs. » Avant de poursuivre : « Depuis l’attaque brutale lancée par Vladimir Poutine le 24 février dernier, la guerre est revenue à quelques heures de nos frontières sur le sol européen. »

Dans « cette guerre qui tonne à nos portes »,

Emmanuel Macron a salué la « résistance héroïque » du peuple ukrainien face aux « assauts terribles de l’armée russe et de ses supplétifs ». « Oui, les fantômes de l’esprit de revanche, les violations flagrantes de la souveraineté des États, l’intolérable mépris des peuples, la volonté impérialiste ressurgissent du passé pour s’imposer dans le quotidien de notre Europe, de nos voisins, de nos amis », a martelé le chef de l’État.

Est ce le rôle de l’exécutif de propager peurs et inquiétudes quand il est lui même en proie aux hésitations dans sa quête d’un cap et d’une méthode ?

UNE ESCALADE DANS LA DRAMATISATION ET LA DRAMATURGIE

Le chef de l’État a poursuivi cette escalade de la peur et de la dramatisation lors du Conseil des ministres du 24 août.

Un conseil filmé pour y ajouter la dramaturgie.

« Nous assistons à une grande bascule, nous vivons la fin de l’abondance, la fin de l’insouciance », a-t-il déclaré. Il a cité ce qu’il considère être les principales difficultés. Énergie, inflation, guerre, …rien sur les difficultés à faire les réformes… mais l’absence de majorité absolue à l’assemblée y figure. Rien sur la sécurité.

Il invite même à la force d’âme.

( On peut interroger sur l’insouciance : celle des Français; celle des dirigeants, des élus, des responsables économiques et sociaux… ?

Sur l’abondance également : celle des Français alors que la pauvreté ne baisse pas et que le pouvoir d’achat est à baisse; celle de la dépense publique et de la dette ?

Sur la force d’âme : à qui manquerait elle ?)

« Je crois pour ma part que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l’ordre d’une grande bascule ou d’un grand bouleversement »

Et d’ajouter : « Notre régime de liberté a un coût, qui peut exiger des sacrifices. » ou évoquant encore « la montée des régimes illibéraux » et « le renforcement des régimes autoritaires ».

Il a annoncé pour les prochaines semaines « un cap qui nous permettra de consolider notre souveraineté, notre indépendance française et européenne ».

Les grandes réformes attendues – et leur calendrier – ne sont pas évoquées : justice, éducation, santé, sécurité…

Sur la méthode dont on attend la présentation, le président a appelé les ministres au « sérieux », à « la crédibilité » et à ne pas céder à la tentation de la « démagogie ».

Il a appelé le gouvernement et la majorité à « l’unité »; et – dans la foulée – le porte parole a invité la Nation à l’unité.

« Emmanuel Macron peut-il encore être macroniste ?« 

Titre l’Opinion qui poursuit :

« Le chef de l’Etat dramatise les menaces, climatique, énergétique et guerrière, pour sensibiliser les Français à des temps difficiles. Et pour minimiser sa relative impuissance en politique intérieure ? »

« Fin de l’abondance » : pourquoi cette phrase marque une rupture pour Emmanuel Macron »

Titre L’EXPRESS qui poursuit :

« Quand la noirceur devient un horizon, le macronisme des origines, synonyme d’optimisme, semble bien loin.

« C’est une réunion, animée par le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, qui a lieu trois jours avant l’interview télévisée d’Emmanuel Macron le 14 juillet. La discussion tourne autour de la pédagogie à mettre en place, avec cette problématique à laquelle les gouvernants sont souvent confrontés : jusqu’à quel point faut-il tenir le discours du sang et des larmes – celui que Winston Churchill, annonçant « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur », employait en 1940, pour préparer les Anglais à l’effort de guerre ?

« La difficulté est la suivante : comment annoncer, par exemple, « la fin de l’abondance » quand de nombreux Français n’ont pas le sentiment d’avoir vécu, jusque là, dans l’abondance. « Notre opinion publique est la moins bien préparée, confie l’un des participants à cette réunion. Par étapes, il faut commencer à expliquer que nous allons avoir un problème, mais il ne faut surtout pas laisser penser que c’est à cause de l’Europe qu’on va devoir se sacrifier, sans quoi les gens se retourneront contre elles. » «

NOUS VOUS PROPOSONS DEUX ARTICLES DU HOFFPOST ET DU POINT

ARTICLE 1

« Nous vivons la fin de l’insouciance », déclare Emmanuel Macron

Modifié le 24/08/2022 LE POINT

Emmanuel Macron a pris la parole mercredi 24 août en ouverture du conseil des ministres de la rentrée politique. Ses propos faisaient écho à ceux prononcés à Bormes-les-Mimosas, quand il avait demandé aux Français « d’accepter de payer le prix de la liberté ». « Nous assistons à une grande bascule, nous vivons la fin de l’abondance, la fin de l’insouciance », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Notre régime de liberté a un coût, qui peut exiger des sacrifices. »

Revenant sur la récente « série de crises graves » que l’Europe et la France ont traversée (et traversent encore), de l’Ukraine à la sécheresse, en insistant sur les terribles incendies qui ont ravagé le Sud-Ouest, le chef de l’État a tenu à remercier les pompiers, les élus locaux et les agriculteurs pour leur résilience, les qualifiant « d’acteurs clés dans cette lutte ».

Le moment que nous vivons peut sembler être structuré par une série de crises graves […] et il se pourrait que d’aucuns voient notre destin comme étant perpétuellement de gérer les crises ou des urgences. Je crois pour ma part que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l’ordre d’une grande bascule ou d’un grand bouleversement », a déclaré Emmanuel Macron lors de cette allocution devant les ministres, exceptionnellement retransmise.

Emmanuel Macron annonce un « séminaire gouvernemental »

Alors que, face à cette situation, « nos compatriotes peuvent réagir avec beaucoup d’anxiété », il a appelé les membres du gouvernement à « dire les choses », à « nommer avec beaucoup de clarté et sans catastrophisme ». « J’attends du gouvernement le respect de la parole donnée et des engagements que nous avons pris à l’égard de la nation », a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a également annoncé la tenue d’un « séminaire gouvernemental » dès la semaine prochaine « pour structurer les grands chantiers » de la rentrée. « Ce que je souhaite que nous puissions faire dans les prochaines semaines et les prochains mois, c’est de réaffirmer une unité très forte du gouvernement, des forces de la majorité » autour « d’un cap qui nous permettra de consolider notre souveraineté, notre indépendance française et européenne », a-t-il ajouté.

Face à « la montée des régimes illibéraux » et « le renforcement des régimes autoritaires », le président a appelé les ministres au « sérieux », à « la crédibilité » et à ne pas céder à la tentation de la « démagogie ».

« Il est facile de promettre tout et n’importe quoi, parfois de dire tout et n’importe quoi. Ne cédons pas à ces tentations, c’est celle de la démagogie. Elles fleurissent dans toutes les démocraties aujourd’hui, dans un monde complexe qui fait peur. Cela peut toujours sembler séduisant de dire ce que les gens veulent entendre […], mais il faut d’abord raisonner en se demandant si c’est efficace et utile », a-t-il ajouté, sans citer d’exemples concrets.

…/…

ARTICLE 2

Pour la rentrée, Macron demande à ses ministres « sérieux et crédibilité »

24/08/2022 HUFFPOST Par Astrid de Villaines et Marie Haynes

Le chef de l’État a laissé filmer le début du conseil des ministres, ce qui n’est pas fréquent.

Emmanuel Macron reprend la main. Après un été studieux, retiré en vacances à Brégançon, occupé surtout sur le plan international, le chef de l’État a laissé filtrer, ce 24 août, son allocution introductive lors du Conseil des ministres de rentrée.

Une façon de faire très inhabituelle qui ne doit rien au hasard. Le président de la République a utilisé des mots forts pour alerter son gouvernement — et les Français — sur des situations intérieure et internationale tendues. « C’est la fin de l’insouciance », a-t-il résumé, reprenant une expression qui lui est chère.

Le chef de l’État a utilisé un ton solennel pour rappeler que ce jour est la date anniversaire des six mois du début de la guerre en Ukraine, et insister sur l’action à mener face à la crise climatique et énergétique et aux défis « économiques et technologiques » qu’il entend relever. « Nous vivons la fin de l’abondance », a-t-il résumé.

« Ce tableau que je fais là, c’est une grande bascule »

« Ce tableau que je fais là, c’est une grande bascule » , a déclaré le président Macron, persuadé qu’il suscite de l’« anxiété chez nos compatriotes ». Le ton grave, il a redit, comme le 17 août à Bormes-les-Mimosas (Var), « notre liberté a un coût » et qu’elle allait demander des « sacrifices ». Une manière de préparer les esprits aux difficultés à venir à cause de l’inflation, de la crise de l’énergie et de la guerre en Europe.

Dans ce contexte, le chef de l’État a appelé ses ministres à « nommer les choses avec clarté, sans catastrophisme ». Il promet des « choix clairs et forts » à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique en raison de « la saison que nous venons de vivre ». Il a demandé au gouvernement de « respecter la parole donnée, les engagements pris », notamment pendant la campagne électorale. « J’attends sérieux et crédibilité face à de tels défis », a-t-il réclamé en mettant en garde contre la « démagogie ».

« Ne cédons pas à la démagogie, c’est facile de dire tout et n’importe quoi »

« Ne cédons pas à la démagogie, c’est facile de dire tout et n’importe quoi et de promettre tout et n’importe quoi », a-t-il recadré sans nommer personne. Les ministres visés peuvent être Gérald Darmanin et son centre de « rééducation » annoncé pour Mayotte, Clément Beaune qui veut « réguler les jets privés », mais aussi bien l’opposition qui défend leur interdiction, comme EELV. Le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti a en revanche eu « raison » de montrer son opposition au karting à la prison de Fresnes, selon Emmanuel Macron, qui semble excédé par ces polémiques estivales.

« C’est toujours séduisant de dire ce que les gens veulent entendre (…) mais il faut d’abord raisonner en se demandant si c’est efficace et utile. Sinon, il faut les convaincre. C’est dans cet ordre-là qu’il convient de prendre les choses. » Une mise en garde claire semble-t-il entendue par les ministres, qui n’avaient pas la mine des grands jours. Un recadrage en règle et en public rare qui devrait faire date.

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