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UNE DÉMOCRATIE MONDIALE : UTOPIE OU VISION ? DOCUMENT FONDATEUR

PRÉSENTATION DU MANIFESTE PAR DEMOCRATIA GLOBAL :

« Nous vivons à une époque de profondes transformations technologiques et économiques auxquelles n’a pas correspondu une évolution similaire des institutions publiques chargées de sa régulation. L’économie s’est mondialisée, mais pas les institutions politiques et la démocratie.

« Nous sommes une organisation indépendante et pluraliste dont l’objectif est de promouvoir la démocratie mondiale en promouvant l’existence d’institutions démocratiques aux niveaux continental, international et mondial, soit par la réforme des organisations existantes, soit par la création de nouvelles.

« Pour cela, nous favorisons un processus pacifique et participatif qui implique tous les habitants de la planète, convertis en authentiques citoyens du monde.

RAPPEL :

LANCEMENT A SC PO LE 30 JANVIER 2014

Le 30 janvier, en présence de 150 personnes dont des étudiants en Sciences Politiques et Relations Internationales et des militants fédéralistes et diverses ONG, la cinquième présentation du Manifeste pour une démocratie mondiale s’est tenue à Sciences-Po à Paris.

Le panel comprenait

M. Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU; M. Pascal Lamy, ancien directeur de l’OMC ; et les professeurs Bertrand Badie (Sciences Po), Fernando Iglesias (Chaire Spinelli (CUIA)), Alain Touraine (École des Hautes Études en Sciences Sociales) et Heikki Patomaki (Université d’Helsinki).

La discussion a porté sur la nécessité d’apporter des réponses globales aux crises économiques, écologiques, démographiques, de prolifération nucléaire, etc., qui ont transcendé les frontières nationales et régionales ; ainsi que dans le caractère démocratique que devraient revêtir les institutions chargées de sa gestion et de sa résolution, à commencer par l’ONU et ses agences.

Au début, Fernando Iglesias a fait une brève expositionsur l’origine du Manifeste, dont il a écrit l’original avec la collaboration de David Held, Saskia Sassen et Daniele Archibugi, et revu les quatre présentations précédentes, développées en 2012 et 2013 à Londres, Rome, San Sebastián et Buenos Aires. Le professeur Patomaki a fait référence aux différentes initiatives en faveur d’un ordre démocratique mondial, soulignant notamment celle de la création d’une assemblée parlementaire aux Nations unies. 

De son côté, Alain Touraine a insisté sur le caractère universel d’une initiative de ce type et a souligné sa valeur pour harmoniser l’unité du politique avec la diversité des cultures. M. Pascal Lamy a soulevé quelques objections sur les difficultés de concilier une représentation démocratique à une si grande échelle, et enfin M. Boutros-Ghali a lié l’initiative à la nécessaire réforme démocratique du système international et de l’ONU elle-même, selon l’Agenda proposé par lui-même sur la base de l’expérience développée dans l’exercice du secrétariat général de l’organisation. 

La conférence a été clôturée par l’animateur, le Professeur Badie, soulignant l’importance du concept de démocratie globale pour dépasser un débat public mondial actuellement monopolisé par la polémique entre néolibéralisme et nationalisme populiste. Ensuite, les exposants ont eu un long échange avec le public. soulignant l’importance du concept de démocratie globale pour dépasser un débat public mondial actuellement monopolisé par la polémique entre néolibéralisme et nationalisme populiste. Ensuite, les exposants ont eu un long échange avec le public. soulignant l’importance du concept de démocratie globale pour dépasser un débat public mondial actuellement monopolisé par la polémique entre néolibéralisme et nationalisme populiste. Ensuite, les exposants ont eu un long échange avec le public.

LIRE SUR METAHODOS – LES ENTRETIENS DE LA MÉTHODE – :

VERS UNE ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DES NATIONS UNIES ? https://metahodos.fr/2022/11/24/assemblee-parlementaire-des-nations-unies/

DOCUMENT

Manifeste pour une démocratie mondiale

IN ÉTUDES MONDIALISTES

La politique en retard.

Nous vivons dans une époque de profondes transformations technologiques et économiques qui n’ont pas été accompagnées par un développement semblable des institutions publiques responsables de leur régulation. L’économie est devenue mondiale, mais les institutions politiques et la démocratie n’ont pas suivi cette tendance. En dépit de leurs particularités, différences et limites, les révoltes sociales qui se multiplient sur toute la planète rendent compte d’un malaise accru vis-à-vis du système de prise de décisions et les formes courantes de représentation du système politique, révèlent leur capacité réduite à protéger les biens communs et expriment des exigences vers un idéal démocratique plus profond et partagé.

Le bien-être et la sécurité du monde sont en danger.

L’ordre national et international qui a émergé après la seconde guerre mondiale et la chute du Mur de Berlin n’a pas été capable de gérer les grandes avancées des systèmes productifs au profit de l’ensemble de l’humanité. Tout au contraire, nous assistons à l’émergence de processus régressifs et destructeurs dérivés de la crise économique et financière, de l’augmentation des inégalités sociales, du réchauffement climatique mondial, ainsi que de la prolifération nucléaire. Ces phénomènes ont déjà affecté la vie de millions d’êtres humains, et leur continuité et leur renforcement mutuel mettent en demeure la paix dans le monde et la survie de la civilisation humaine.

Les crises mondiales requièrent des solutions mondiales.

Dans un univers social déterminé par la mondialisation, les capacités démocratiques des États nationaux et des institutions internationales se voient de plus en plus restreintes face à l’émergence de processus puissants et non démocratiques, d’organisations et de systèmes mondiaux. Ces dernières années, les principaux leaders nationaux et internationaux du monde sont restés impuissants face aux événements mondiaux. Leurs échecs réitérés montrent qu’il ne suffit pas de réunions ponctuelles, ni d’accords intergouvernementaux, ni de la coopération internationale, ni du prétendu multilatéralisme, ni des actuelles formes de gouvernance mondiale. La mondialisation des finances, des chaînes de production et des systèmes de communication, ainsi que le pouvoir planétaire atteint par des technologies destructrices, exigent une mondialisation des institutions politiques de régulation et de contrôle : les crises mondiales requièrent des solutions mondiales. Ainsi, nous exigeons la création urgente de nouvelles agences mondiales spécialisées dans le désarmement, le développement économique équitable et durable, la protection de l’environnement, et la mise en place rapide de formes de gouvernance démocratique mondiale pour tous les défis face auxquels les actuels sommets intergouvernementaux se sont montrés incapables de trouver une solution.

Nous avons besoin de progresser vers des formes nouvelles de démocratie, plus vastes et plus profondes.

L’actuel modèle de mondialisation technologique et économique doit être dépassé par un système qui mette les instruments techniques et économiques au service d’un monde plus juste, pacifique et humain. Il faut aller vers un nouveau paradigme de développement mondialement durable qui bénéficie aux membres les plus pauvres et démunis de l’humanité. Pour éviter l’aggravation des crises mondiales et chercher des solutions aux défis posés par la mondialisation, il faut aller vers des formes de démocratie plus vastes et plus ancrées. Les organisations nationales devraient faire partie d’une structure plus large et mieux coordonnée, laquelle doit articuler des institutions démocratiques régionales sur tous les continents, et comprendre une reforme de la Cour Internationale de Justice, la promotion d’une Cour Pénale Internationale plus juste et équitable, et la création d’une Assemblée parlementaire des Nations unies, germe d’un futur Parlement mondial. Mais ce changement institutionnel ne peut avoir de succès s’il est le fruit d’actions d’une élite autoproclamée. Tout au contraire, la démocratisation de l’ordre mondial doit surgir d’un processus socio-politique ouvert à tous les êtres humains, dont l’objectif est l’institutionnalisation participative d’une démocratie mondiale.

Mondialiser la démocratie est la seule manière de démocratiser la mondialisation.

Au-delà de nos différences sur le contenu et les méthodes nécessaires pour avancer vers un ordre mondial plus juste et équitable, nous les signataires de ce document, partageons un ferme engagement pour le développement d’une démocratie mondiale. Au nom de la paix, de la justice et des droits de l’homme, nous ne voulons pas être mondialement gouvernés par ceux qui ont été élus pour le faire seulement au niveau national, ni par des organisations internationales qui ne nous représentent pas. Donc, nous travaillons pour la construction d’espaces politiques supranationaux et réclamons des institutions politiques régionales, internationales et mondiales à la hauteur des défis propres au XXIème siècle, qui expriment les différentes visions et protégent les intérêts communs des sept milliards de femmes et d’hommes qui aujourd’hui composent l’humanité.

Nous appelons tous les êtres humains à participer à la constitution d’une démocratie mondiale.

Nous partageons les revendications des mouvements sociaux mondiaux qui appellent à « s’unir pour un changement mondial » ainsi que pour une « démocratie réelle ». Ces deux postulats signifient que nous rejetons le fait de continuer à être gouvernés par des pouvoirs politiques et économiques dont les résolutions échappent entièrement à notre influence. L’autonomie et l’autodétermination des peuples ne sont pas valables uniquement au niveau local et national. C’est pourquoi nous revendiquons notre droit à participer aux décisions mondiales fondamentales qui affectent nos vies. Nous nous voulons « citoyens du monde », pas simplement des « habitants ». Nous exigeons une démocratie non seulement au niveau local et national mais aussi une démocratie mondiale, nous nous engageons à travailler pour son développement et nous appelons tous les leaders politiques, intellectuels et civiques du monde, toutes les organisations, les partis et les mouvements, et toutes les personnes de convictions démocratiques de la planète, à participer activement à sa construction.

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