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UN ENGAGEMENT QUI REJOINT LE CIMETIÈRE DES PROMESSES MACRON (170)

ARTICLE – Le gouvernement renonce à la suppression des catégories de fonctionnaires

La rencontre du ministre de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, avec les syndicats de fonctionnaires a été houleuse, malgré l’abandon d’une réforme phare d’Emmanuel Macron. En cause : le durcissement, confirmé, de l’indemnisation des arrêts maladie.

Par Leïla de Comarmond 7 nov. 2024 LRS ECHOS

A pour le personnel de direction et d’encadrement supérieur ainsi que d’enseignement à bac + 3, B pour les postes d’encadrement intermédiaire et d’application à partir du Bac, et C pour les postes d’exécution… Le projet de suppression des catégories qui structurent la fonction publique française a fait long feu. Le ministre de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, a annoncé son abandon aux 8 syndicats de fonctionnaires ce jeudi après-midi.

La mesure était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron pour son second quinquennat. « La catégorisation C, B et A, la manière dont on a cloisonné les choses, ne sont plus adaptées à la réalité, ce qui fait que l’on a complètement écrasé la courbe des rémunérations entre les catégories », avait affirmé Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme, en mars 2022.

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron

Le dossier avait été pris en charge par Stanislas Guerini, le prédécesseur de Guillaume Kasbarian, et un document avait même été envoyé aux syndicats qui soulignait le « décalage croissant avec la réalité des niveaux et des contenus de qualifications nécessaires pour l’exercice des métiers ». « Je m’engage à ne pas faire prospérer la suppression des catégories », a précisément déclaré Guillaume Kasbarian.

Le ministre a pris cet engagement lors d’une rencontre avec l’ensemble des fédérations de fonctionnaires. Elle faisait suite à un coup de colère des syndicats qui, dans un courrier commun en date du 29 octobre, avaient exigé une réunion en sa « présence », dénonçant l’absence de dialogue social.

Ambiance tendue

Le changement de ton du ministre dans les jours qui ont suivi cette interpellation n’a pas suffi à calmer les représentants des fonctionnaires, particulièrement remontés contre l’annonce du durcissement des conditions d’indemnisation des arrêts maladie des agents (3 jours de carence et 90 % de la rémunération).

Selon plusieurs sources, l’ambiance a été très tendue et le propos cassant, y compris de la part d’organisations qui n’en ont pas l’habitude. Mais « Guillaume Kasbarian a encaissé, il est resté tout miel », selon un participant à la réunion, que FO a quitté avant la fin, suivi de la CGT et de Solidaires.

Insistant sur sa volonté de dialogue, le ministre a annoncé l’ouverture de discussions autour de trois axes, de source syndicale. Les deux premiers sont l’attractivité et la fidélisation d’une part et la gestion des carrières d’autre part. On y trouvera notamment, mais pas seulement, le sujet de la rémunération au mérite. Le ministre n’a pas précisé s’il y aurait un projet de loi à la clé, mais il est possible que certaines mesures le nécessitent.

Menace de grève

Le troisième axe qu’il a évoqué est l’élaboration d’un plan de prévention des absences. Mais il a été clair : pas question de revenir sur les mesures en cas d’arrêt maladie. Sur les salaires, certains syndicalistes ont compris qu’il avait d’ores et déjà annoncé qu’il n’y aurait pas de revalorisation salariale en 2025, mais pas tous.

Il a en tout cas dit aux représentants des fonctionnaires qu’il n’y aurait pas de versement en 2024 de la garantie minimale de pouvoir d’achat dont ont bénéficié chaque année jusqu’à présent les agents dont la rémunération en euros constants avait baissé sur quatre ans. « Mais il n’a pas parlé de suppression de [cette garantie] », contrairement à ce qu’il avait écrit précédemment. Le ministre se serait engagé à adresser d’ici à demain aux syndicats un relevé écrit de ses propositions ainsi qu’une nouvelle version de l’agenda social et se serait dit prêt à les recevoir de nouveau s’ils en faisaient la demande.

Les huit fédérations doivent se retrouver en intersyndicale le 12 novembre mais d’ores et déjà, Force ouvrière et la CGT agitent la menace d’une grève. « On va prendre le ministre au mot : trois jours de carence, trois jours de grève », a lancé Christian Grolier, pour Force ouvrière, qui a expliqué vouloir travailler avec l’intersyndicale « la plus large possible ». « C’est évident que la CGT va s’inscrire dans un mouvement de grève », a abondé Sylviane Brousse, coordinatrice de la CGT Fonction publique, dénonçant le « mépris » du ministre.

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