
DANS L’INCAPACITÉ À FAIRE DES ÉCONOMIES BUDGÉTAIRES, LE MINISTRE DE L’ÉCONOMIE RÉCLAME UNE « ÉCONOMIE DE GUERRE »
Faute d’avoir ralenti la hausse des dépenses budgétaires, la France est dans l’incapacité dé augmenter les dépenses militaires ( une des caractéristiques principales de la prétendue économie de guerre).
Cohérence (?), il déclare en même temps que la surtaxe exceptionnelle prévue dans le budget 2025 sur les grandes entreprises ne sera pas prolongée en 2026. Le ministre de l’Économie et des Finances, Éric Lombard, s‘y engage.
… ALORS QU’ E.MACRON AFFIRME DEPUIS 2022 QUE NOUS Y SOMMES !
Promettre, affirmer, décréter … ne suffit pas pas – même au sein de la macronie qui s’est faite experte en la matière – à modifier ou créer du réel.
Il en va ainsi de l’économie de guerre dans laquelle nous serions – selon le président – depuis 2022.
Dans une interview au Figaro ce dimanche soir, le président français a appelé à tirer rapidement les conséquences du désengagement américain, en investissant lourdement dans l’Europe de la défense. «Depuis trois ans, les Russes dépensent 10% de leur PIB dans la défense. On doit donc préparer la suite», alerte-t-il, en fixant un objectif «autour de 3,5 % du PIB», contre 2% pour l’instant en France, enjeu clé pour lui du sommet européen extraordinaire prévu jeudi.
HABILLAGE BUDGÉTAIRE ENVISAGÉ
«Je veux qu’on puisse donner mandat à la Commission d’utiliser des financements innovants, a précisé le chef de l’Etat. C’est-à-dire soit des emprunts communs, soit le Mécanisme européen de stabilité [qui permet de secourir un Etat en cas de défaillance financière, ndlr], pour lever ensemble des montants considérables. Il nous faut sans doute, dans un premier temps, 200 milliards d’euros pour pouvoir investir.»
L’une des pistes pour le financement – outre l’idée de passer par l’intermédiaire de l’UE – c’est de sortir les dépenses militaires du calcul du déficit budgétaire – pure fiction ! La dette et les impôts seront – quoi qu’il arrive – impactés, que la dépense soit nationale ou européenne.
NOS TROIS ARTICLES :
1. ÉMISSION – L’économie de guerre se décrète-t-elle?
2. ARTICLE – «Il faut une économie de guerre» pour que l’UE soit autonome face aux États-Unis, estime Éric Lombard
3. ARTICLE – Après le clash Trump-Zelensky, Valérie Hayer plaide pour une «économie de guerre» comme au temps du Covid
1. ÉMISSION – L’économie de guerre se décrète-t-elle?
Publié le vendredi 28 février 2025 RADIO FRANCE
Sommes nous déjà en « économie de guerre »? C’est ce qu’affirme Emmanuel Macron depuis 2022. Pourtant l’économie française semble bien loin des niveaux d’investissements militaires ou de mobilisation de ressources que connaissent les économies de guerre telles que l’Ukraine ou la Russie.
Avec
- Julien Vercueil,économiste, professeur des universités en économie et vice-président de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), spécialiste de la Russie, des économies post-soviétiques et analyste des BRICS
- Julien Malizard,titulaire adjoint de la chaire Économie de la défense de l’IHEDN (Institut des Hautes Études de Défense Nationale)
- Fanny Coulomb,maîtresse de conférences HDR en économie à Sciences Po Grenoble.
Dans le contexte de la guerre en Ukraine et avec le revirement diplomatique de Donald Trump, les dépenses militaires en Europe augmentent et prennent une part de plus en plus importante. Selon Julien Malizard, « les
Etats européens arrivent péniblement à 2% du PIB alors que Donald Trump exige à ses alliés 5% de dépenses, donc la marche est énorme ». Car ce conflit dure plus longtemps que ce que les Européens avaient prévu, et cela est due à la résistance de l’économie russe malgré les sanctions. Mais selon Julien Vercueil, l’inflation reste problématique même si elle est largement sous-estimée par les statistiques : « L’inflation ne décroît pas et n’est pas maîtrisée malgré les efforts. (…) Et le gouvernement est obligé de ponctionner dans ses réserves et dans sa rente pétrolière pour soutenir l’effort de guerre ».
Mais sommes nous pour autant entré en économie de guerre ? Selon Fanny Coulomb « ce terme a une réalité que la France a connu historiquement plusieurs fois et aujourd’hui on retrouve des similitudes avec ces périodes historiques, notamment avec l’augmentation rapide des armements pour équiper l’Ukraine (…) alors que la Russie vit une économie toute entière tournée vers l’économie de guerre avec des effets concrets sur la population et des industries qui souffrent de sous-investissements »
Selon Julien Malizard, la situation actuelle en Ukraine « est comparable avec ce que la France a traversé lors des deux guerres mondiales où les dépenses militaires ont représenté plus d’un tiers du PIB ». Mais les situation européennes sont encore loin des efforts attendus pour une économie de guerre car les investissements à faire pour rattraper des décennies de sous-investissements sont colossaux.
LIEN VERS L’ÉMISSION :
2. ARTICLE – «Il faut une économie de guerre» pour que l’UE soit autonome face aux États-Unis, estime Éric Lombard
Par Le Figaro avec AFP. 2 mars
L’altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky est une preuve de plus que les Européens doivent investir plus dans leur défense pour «retrouver une totale autonomie», selon le ministre de l’Économie.Passer la publicité
«L’Union européenne doit investir davantage dans sa défense .» Le ministre de l’Économie Éric Lombard a appelé l’UE à «retrouver une totale autonomie» en matière de défense, disant vouloir mobiliser davantage l’investissement privé vers ce secteur, dans un entretien au Parisien ce dimanche 2 mars. «L’objectif doit être une autonomie stratégique européenne à l’intérieur de l’Otan, dont le rôle n’a pas été remis en cause par le président Trump», a également assuré le ministre.
« Aujourd’hui, les États-Unis gardent un droit de regard sur les armes, d’où la nécessité de retrouver une totale autonomie», a-t-il ajouté, après la vive altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche vendredi, qu’il a qualifiée de «bascule historique». À la question de savoir si la situation était celle d’une «économie de guerre», il a répondu : «On n’y est pas mais il le faut.»
Augmenter les dépenses de défense
«Le 20 mars, à Bercy, avec Sébastien Lecornu (ministre des Armées, NDLR), nous rendrons compte publiquement de notre action visant à mobiliser les banques, les investisseurs français afin de développer la base industrielle et technologique de défense, a promis Éric Lombard. C’est par l’action que nous répondrons aux anxiétés et que nous nous protégerons.» Le ministère de l’Économie et des Finances a précisé qu’il s’agissait d’un événement visant à permettre de faciliter l’investissement privé dans les structures industrielles et technologiques de défense.
Lors d’échanges avec des internautes en février, le président Emmanuel Macron n’avait pas exclu de «lancer des produits d’épargne» pour soutenir le financement de programmes de défense, estimant que la France devrait «monter» la part de son PIB qu’elle y consacre, d’environ 2% aujourd’hui. Le premier ministre François Bayrou avait dit jeudi dans un entretien au Figaro souhaiter que les dépenses militaires soient exclues des règles européennes qui plafonnent le déficit public à 3% du PIB.
Selon le ministre de l’Économie, «c’est techniquement possible, mais il faut maîtriser notre dette. D’autres pays européens ont plus de marges de manœuvre», alors que la France affiche l’un des déficits publics les plus élevés de la zone euro.
La cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbocka, a quant à elle jugé urgent samedi que l’Allemagne et l’UE assouplissent leurs règles budgétaires afin de dégager des moyens supplémentaires pour renforcer leur défense et aider l’Ukraine.
3. ARTICLE – Après le clash Trump-Zelensky, Valérie Hayer plaide pour une «économie de guerre» comme au temps du Covid
Après la scène surréaliste de la rencontre Trump-Zelensky, Valérie Hayer plaide pour une Europe autonome face à la Russie. La députée européenne appelle à une « économie de guerre » avec 250 milliards d’investissements annuels pour se réarmer et ne plus dépendre des États-Unis.
Marianne Lecach 01/03/2025 JDD
«C’est le temps de l’économie de guerre », lance Valérie Hayer. Au lendemain de la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, qui a tourné au fiasco à Washington, la députée européenne Renaissance plaide pour une transformation radicale de la stratégie européenne en matière de défense. «C’est au tour de l’Europe d’être l’arsenal de la démocratie, c’est-à-dire d’assumer le leadership du monde libre. Cela signifie se mettre en mode économie de guerre », a-t-elle déclaré sur France Inter ce samedi 1er mars.
Réarmer l’Europe face à la Russie
« On a su le faire avec la crise sanitaire, on a su demander à nos industries de se mettre en branle pour produire de manière urgente des vaccins. Il faut que l’on fasse la même chose sur la question de la défense européenne », a insisté Valérie Hayer. Avant de poursuivre : « Il faut un plan d’action très concret, à la fois en soutien à l’Ukraine, mais aussi pour nous réarmer, nous défendre nous-même. »
Selon la présidente du groupe Renew Europe, cela suppose de mettre en place « des investissements massifs » à hauteur de « 250 milliards d’euros par an » afin de pouvoir « se protéger contre la Russie sans l’aide des États-Unis », mais aussi de financer un « emprunt en commun » et de favoriser la « préférence européenne pour soutenir nos industriels ». À ce sujet, Valérie Hayer juge que l’Europe doit rattraper son retard étant donné que « 80 % des équipements utilisés en Europe » sont produits en dehors de son territoire. « On est dépendants d’autres puissances dans un monde de plus en plus hostile […] Il faut que l’on créé les conditions de notre propre sécurité », insiste-t-elle.