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BLAISE PASCAL : CŒUR, RAISON ET CONNAISSANCE

ÉMISSION – Le cœur, plus fort que la raison

Lundi 6 avril 2026. France Culture

“Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point”. L’adage est célèbre, il est de Blaise Pascal. Mais que nous dit vraiment le philosophe du XVIIème siècle du rôle du cœur et de celui de la raison ? Sont-ils incompatibles ?

Avec

  • Pierre Guenancia Professeur émérite de philosophie spécialisé en histoire de la philosophie moderne à l’université de Bourgogne

Comment appréhender l’œuvre de Blaise Pascal au-delà des idées reçues ? Pascal (1623-1662), né sous Louis XIII, à la fois mathématicien, philosophe, physicien, inventeur, théologien, moraliste, considère la raison comme limitée et place le cœur au centre de la connaissance. Pour lui, le cœur ne désigne pas une simple émotion sentimentale, mais une instance de connaissance spécifique, capable de saisir ce qui échappe à la démonstration logique. Si la raison construit et prouve, le cœur perçoit les évidences premières et le sens profond de l’existence. Place à cette notion dans la pensée du philosophe avec notre invité.

La dualité pascalienne : misère et grandeur

L’homme selon Pascal ne peut être compris que par une antinomie fondamentale : il est à la fois misérable et grand. Cette conscience de sa propre finitude et de sa vanité, paradoxalement, constitue sa véritable dignité.
Pierre Guenancia évoque le moi du jeune Pascal qui justement défiait les autres, ramenait les choses à lui, jusqu’à sa conversion. A partir de ce moment-là, nous explique t-il, il est devenu d’une certaine manière à la fois le critique de lui-même et de tous les hommes.

L’intelligence du coeur contre la raison

Pascal hait chez les hommes ce qui cherche à supplanter les autres, c’est-à-dire le moi. Pierre Guenancia rappelle le fait que le cœur chez Pascal n’est pas un sentiment romantique, mais une instance de connaissance propre, différente et complémentaire de la raison :
« Le moi est haïssable, ça ne veut pas dire que les hommes le sont, ça veut dire qu’ est haïssable ce qui en chacun, justement, cherche à dominer les autres et à se faire le centre de tout. »

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