
1. ARTICLE – Nouvelle-Calédonie : Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu font le forcing en faveur de la révision constitutionnelle
Les deux têtes de l’exécutif sont prêtes à beaucoup de contorsions pour parvenir à réformer le statut de la Nouvelle-Calédonie avant la présidentielle
Publié le 26 mars 2026 Corinne Lhaïk
Le 25 mars, la commission des lois de l’Assemblée nationale a rejeté le texte portant révision constitutionnelle de la Nouvelle-Calédonie. Il sera examiné en séance publique le 1er avril. Les députés auront à se prononcer sur une motion de rejet
Le sort de la Nouvelle-Calédonie se joue désormais à l’Assemblée nationale. Le 1er avril, le projet de révision constitutionnelle du statut de l’archipel sera examiné en séance publique par les députés. Ses chances d’être adopté sont très minces, voire nulles. Pourtant, le gouvernement se fait très volontariste : « Sébastien Lecornu estime que rien ne serait pire que de laisser ce dossier dériver jusqu’à la présidentielle de 2027 », affirme son entourage. Le Président suit le dossier de très près : mardi 17 mars, une réunion s’est tenue entre Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu, Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet.
Le projet de révision doit permettre à l’accord de Bougival (12 juillet 2025) d’entrer dans la Constitution. Ce texte doit être approuvé par trois cinquièmes des parlementaires réunis en Congrès à Versailles. Les socialistes, groupe charnière, s’y opposent car les indépendantistes du FLNKS refusent d’adhérer…
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2. ARTICLE – Manuel Valls : « Le rejet de la révision constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie est un camouflet pour le président de la République »
L’ancien Ministre des Outre-mer, Manuel Valls, estime que l’échec de la révision constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie est dû, en partie, à la méthode de l’exécutif
7 avril 2026 Corinne Lhaïk L’OPINION
Ministre des Outre-mer du 13 décembre 2024 au 12 octobre 2025, Manuel Valls négocie l’accord de Bougival, le 12 juillet 2025. Le 2 avril, les députés adoptent une motion de rejet pour refuser la discussion du projet de révision institutionnelle introduisant cet accord dans la Constitution
Est-il normal que les députés refusent de débattre d’un sujet aussi important ?
C’est un événement rare pour une réforme constitutionnelle, qui doit en général faire consensus. La motion de renvoi a été adoptée par une alliance des contraires : le RN considérant que ce texte accordait une trop large souveraineté à la Nouvelle-Calédonie; LFI et une partie de la gauche pensant le contraire; le Parti socialiste ayant perdu confiance en l’exécutif sur cette question-là.
C’est un camouflet pour le président de la République. Il enregistre son second échec en matière de réforme constitutionnelle pour la Nouvelle-Calédonie, après celle de 2024 sur le dégel du corps électoral. Cela conduit à une véritable impasse politique et institutionnelle, aux conséquences graves.
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