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9 MILLIONS DE FRANÇAIS EN PRÉCARITÉ : LE RECORD DEPUIS 2013 – UN BILAN DÉSASTREUX

« En France, les inégalités se creusent malgré la redistribution »

TITRE LE MONDE QUI POURSUIT : Entre les 10 % de Français les plus riches et les 10 % les plus pauvres, les revenus vont de 1 à 20 hors prestations sociales et autres transferts. Ces mécanismes de redistribution ramènent l’écart de 1 à 3,7, selon une étude de l’Insee, mais les inégalités continuent de s’accroître. La fiscalité les accentue légèrement. …

Malgré tous les dispositifs, les inégalités se sont « creusées » ces dernières années. En tous les cas entre 2020 et 2023, date des derniers chiffres analysés par l’Insee. Dit autrement, le modèle tricolore paraît de moins en moins efficace.

IL N’Y A QUE L’INSEE QUI CLAIRONNE SUR LA REDISTRIBUTION SANS VOIR LA PAUVRETÉ CROISSANTE

« 56 % de la population reçoit plus que ce qu’elle paye », souligne le directeur général de l’Insee

.À l’occasion de la publication de deux études sur la redistribution des richesses, le patron de l’Institut de la statistique Fabrice Lenglart rappelle que le modèle social français demeure très protecteur. Alors que les revenus des plus riches sont 26 fois plus élevés que ceux des plus pauvres, le ratio passe à 3,5 après redistribution.

ARTICLE – Précarité : 13,5% de la population en situation de privation matérielle et sociale en 2025

Publié le 16 avril 2026 VIE PUBLIQUE

Chauffer son logement, s’acheter des vêtements neufs, payer à temps ses factures, gérer une dépense imprévue de 1 000 euros… en France, début 2025, neuf millions de personnes ne peuvent pas financer des dépenses de la vie courante. Avec 2023, l’année 2025 est celle où la proportion de personnes en difficulté est la plus élevée depuis 2013. 

Selon l’étude sur les privations matérielles et sociales en 2025 publiée le 15 avril 2026 par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 13,5% de la population en France (hors Mayotte) est en situation de privation. Cette étude constate aussi que ces situations de privation matérielle et sociale agissent sur la satisfaction ressentie dans la vie et sur la façon de percevoir les inconnus.

L’indicateur de privation matérielle et sociale repère les personnes vivant dans un logement ordinaire et ne pouvant pas couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante parmi treize.

Quelles évolutions depuis 2020 ?

En France hexagonale, la part de personnes en situation de privation matérielle et sociale était d’environ 12% entre 2013 et 2020. Elle a ensuite ponctuellement baissé début 2021, en raison de la crise sanitaire du fait de la mise en place de mesures exceptionnelles en faveur des plus modestes et de plus faibles possibilités de consommer. Depuis 2022, cette proportion oscille autour de 13%.

En matière de privations, alors que 5,6% des personnes déclaraient ne pas chauffer suffisamment leur logement en 2020, elles sont désormais 11,4% en 2025. En augmentation également, la part des personnes déclarant se priver de repas avec des protéines (viande, poisson, équivalent végétarien) s’établit à 11,2% début 2025 contre 7,3% en 2020. 

Toutefois, en 2025, 22,2% des personnes déclarent ne pas avoir les moyens financiers de se payer une semaine de vacances par an hors de leur domicile, un taux similaire à 2020.

Par ailleurs, le nombre de personnes qui se privent d’une activité de loisir payante ou qui ne peuvent pas dépenser une petite somme librement diminue régulièrement depuis 2020.

Précarité : la privation matérielle et sociale reste à un niveau élevé en 2024

Les chômeurs, les familles monoparentales et les familles nombreuses subissent plus de privations

Les personnes au chômage sont les plus touchées. 35,4% d’entre elles sont en situation de privation, contre 8,6% des personnes en emploi et 8,5% des retraités. Cependant, depuis 2020, le taux de personnes en emploi en situation de privation a augmenté de 1,2%. Parmi elles, l’Insee observe de forts écarts : 15,1% des ouvriers en emploi se déclarent en situation de privation en 2025, contre seulement 1,8% des cadres.

Privation matérielle et sociale selon la situation vis-à-vis de l’emploi

35,4

35,4

35,4En retraite

8,6

8,6

8,6

8,5

8,5

8,5En emploi

7,4

7,4

7,4

8,6

8,6

8,6dont :Agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise

6,7

6,7

6,7

8,3

8,3

8,3Cadres

Note : Les données de 2025 sont provisoires. Les autres inactivités ne sont pas représentées spécifiquement mais figurent dans « Ensemble ».
Lecture : Début 2025, 15,1 % des ouvriers en emploi sont en situation de privation matérielle et sociale.
Champ : France métropolitaine, ensemble des personnes vivant dans un logement ordinaire.

Tableau: Vie-publique.fr / DILASource: Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2020 et 2025.Télécharger les donnéesCréé avec Datawrapper

Les familles monoparentales sont aussi fortement touchées par cette forme de pauvreté qui concerne 30% d’entre elles.Les couples avec au moins trois enfants sont également très exposés : 20% d’entre eux sont dans ce cas, contre 8% des couples avec un ou deux enfants. Les écarts entre types de ménage se sont creusés depuis 2020 : la situation des couples sans enfant ou avec un ou deux enfants s’est légèrement améliorée alors que la situation des familles monoparentales et des familles nombreuses s’est dégradée.

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