
ARTICLE – Christophe Guilluy : « Rien n’est fini. La France n’est pas condamnée à l’archipélisation généralisée »
Par Jacques-Olivier Martin
– Ruralité, industrialisation, archipélisation, France périphérique… Le géographe analyse les transformations de la France du début du XIXe siècle à l’aube des années 2000.
Le géographe Christophe Guilluy revient sur l’évolution de notre territoire au cours des deux cents dernières années. S’il salue le « gaullo-communisme » de l’après-guerre à l’origine de Trente Glorieuses profitables pour les villes et les territoires, il fustige en revanche la technostructure qui n’a qu’un horizon : la métropole globalisée et tertiarisée.
LE FIGARO. – À la naissance du Figaro , en 1826, à quoi ressemble la France des territoires ?
CHRISTOPHE GUILLUY. – C’est d’abord une France rurale. La ville n’est qu’un complément, une articulation entre les territoires ruraux. Les territoires regroupent une grande partie de la population et sont culturellement dominants. Chaque Français existe dans une société où son travail est reconnu, où sa place, même modeste, est un des rouages principaux de la vie collective. La France du début XIXe est une France lisible, presque uniforme, avec Paris qui joue déjà un rôle centralisateur, sans être écrasant. Le poids démographique…
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