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IMMIGRATION : l’absence d’un indicateur unique, consolidé et consensuel trouble le débat

1. ARTICLE – « Les administrations de l’État sont incapables de dire combien d’immigrés arrivent, chaque année, en France »

Nicolas Pouvreau-Monti LE FIGARO

L’Insee a communiqué sur une baisse des entrées d’immigrés en France en 2024. Un message largement relayé, mais contredit par les chiffres du ministère de l’Intérieur et par les propres données de l’institution, souligne le directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie…

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2. ANALYSE

L’État français ne disposerait pas d’un outil statistique permettant de connaître avec précision le nombre annuel de personnes qui entrent effectivement sur le territoire pour s’y installer durablement

Dans cette interview accordée au Figaro, Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID), développe une thèse centrale : l’État français ne dispose pas d’un outil statistique permettant de connaître avec précision le nombre annuel de personnes qui entrent effectivement sur le territoire pour s’y installer durablement. Cette lacune rend le débat public plus difficile et nuit à l’évaluation des politiques migratoires.  

Les principaux arguments de l’entretien

1. Une absence de comptage global des entrées

Plusieurs administrations produisent chacune leurs propres statistiques (titres de séjour, demandes d’asile, visas, naturalisations, recensement, etc.), mais qu’aucune ne calcule un flux annuel consolidé des nouveaux immigrés. Il distingue ainsi les données administratives disponibles des entrées effectives sur le territoire.  

2. Des sources dispersées

Il souligne que les statistiques sont réparties entre :

  • le ministère de l’Intérieur ;
  • l’INSEE ;
  • l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ;
  • l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ;
  • d’autres organismes administratifs.

Ces bases ne sont pas conçues pour fournir un indicateur unique des entrées annuelles.  

3. Les titres de séjour ne résument pas l’immigration

Il insiste sur le fait que les premiers titres de séjour publiés chaque année ne couvrent qu’une partie des flux migratoires, puisqu’ils ne prennent pas en compte, par exemple :

  • certains citoyens européens bénéficiant de la libre circulation ;
  • certaines régularisations ;
  • des changements de statut ;
  • d’autres catégories administratives.

Utiliser uniquement les chiffres des titres de séjour donne une vision incomplète.  

4. Une comparaison internationale

Plusieurs pays disposent de systèmes statistiques plus intégrés permettant d’estimer plus directement les entrées et sorties migratoires, alors que la France resterait dépendante de données administratives fragmentées.  

Les propositions

Il plaide notamment pour :

  • la création d’un indicateur annuel unique des entrées migratoires ;
  • un meilleur croisement des bases administratives ;
  • une plus grande transparence statistique ;
  • une évaluation régulière des politiques migratoires à partir de données consolidées.  

En résumé, l’entretien met en lumière un débat méthodologique réel sur la mesure de l’immigration en France.

La critique de Nicolas Pouvreau-Monti porte moins sur l’absence totale de statistiques que sur l’absence d’un indicateur unique, consolidé et consensuel permettant de comptabiliser chaque année l’ensemble des nouveaux arrivants selon une définition homogène.

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