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MÀJ : PEDOCRIMINALITÉ DANS LE PÉRISCOLAIRE DE PARIS : LA RELAXE (2eme) D’UN ANIMATEUR ( CONDAMNÉ PAR AILLEURS POUR AGRESSION SEXUELLE SUR ADULTES )

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ARTICLE – Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : pourquoi le tribunal a relaxé l’animateur David G. 

Incompréhension

Par  Etienne Campion. 07/07/2026 MARIANNE

David G., animateur périscolaire de l’école maternelle Alphonse-Baudin, dans le 11e arrondissement de Paris, a été relaxé mardi 7 juillet, au bénéfice du doute, des accusations d’agressions sexuelles portées par neuf enfants de 3 à 5 ans. Il est en revanche condamné à huit mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel envers deux collègues.

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu, mardi 7 juillet, son jugement dans l’affaire David G., 36 ans, ancien animateur périscolaire de l’école maternelle Alphonse-Baudin, dans le 11ᵉ arrondissement de Paris. Poursuivi pour des agressions sexuelles sur neuf enfants âgés de 3 à 5 ans, des faits qui auraient été commis entre septembre 2024 et avril 2025, date de sa suspension par la Ville de Paris à la suite d’un signalement, il a été relaxé de l’ensemble de ces accusations au bénéfice du doute. Il a également été relaxé des poursuites pour une agression sexuelle présumée sur une adulte.

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Le tribunal l’a en revanche reconnu coupable de harcèlement sexuel à l’encontre de deux collègues. Il a été condamné à huit mois de prison avec sursis probatoire pendant vingt-quatre mois, assortis d’une obligation de soins et d’indemnisation des victimes. Il devra verser 800 euros d’amende ainsi que 1 800 euros de dommages et intérêts. Son inscription au FIJAIS, le fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles, a également été ordonnée.

« ENFANTS INFLUENCÉS »

À l’énoncé du jugement, le président a estimé que « les dénonciations des enfants sont contradictoires avec le contexte » et que « les enfants de cet âge confondent souvent imaginaire et réalité ». Selon le tribunal, « les propos tenus par les enfants ont été influencés, voire orientés ». Les magistrats reprochent notamment aux parents de ne pas avoir respecté les recommandations des psychologues de ne pas interroger leurs enfants, estimant qu’ils ont « attiré leur récit ». Ils relèvent également « un contexte conflictuel entre les parents et l’école », considérant que les réponses des enfants ont pu être formulées « pour correspondre aux attentes des parents ».

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Une lecture du dossier diamétralement opposée à celle défendue lors de l’audience par les avocates des familles, Mes Hannah Kopp et Cécile Anglade, qui avaient plaidé pour une prise en compte pleine et entière de la parole des très jeunes enfants. Plus surprenant encore, l’avocat de David G. lui-même n’avait pas sollicité la relaxe totale de son client. Le tribunal a ainsi été plus clément que les demandes de la défense.

« PHRASE TOUTE FAITE »

Dans les motivations de son jugement, la 15ᵉ chambre correctionnelle détaille méthodiquement les raisons de son doute. Les juges relèvent d’abord les « variations » dans les déclarations du prévenu, mais estiment qu’elles sont compensées par plusieurs fragilités du dossier. Ils s’appuient notamment sur les expertises psychologiques, selon lesquelles les premières déclarations des enfants « avaient pu être orientées par les questions de leurs parents ».

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Après avoir visionné l’ensemble des auditions filmées, le tribunal observe que les enfants dénoncent parfois des attouchements « le plus souvent par une phrase toute faite, formulée en des termes en décalage avec celui communément utilisé à leur âge », tandis que d’autres ne décrivent aucune agression sexuelle.

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Les magistrats soulignent également plusieurs contradictions avec les éléments matériels de l’enquête : la configuration des lieux, la présence d’autres adultes ou encore l’évocation d’enfants qui n’étaient pas scolarisés au moment des faits. Ils relèvent enfin qu’aucun membre des équipes éducatives n’a rapporté avoir observé un comportement sexualisé du prévenu.

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Certains gestes dénoncés, comme prendre un enfant sur les genoux, l’accompagner aux toilettes, le porter ou lui faire un câlin, apparaissent par ailleurs, selon le tribunal, comme des pratiques également réalisées par d’autres membres du personnel dans le cadre de leurs fonctions.

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C’est sur ce fondement que les juges concluent à l’existence d’un « doute sérieux sur la caractérisation d’atteintes sexuelles commises avec violence, contrainte, menace ou surprise», éléments constitutifs de l’agression sexuelle. À la barre, le 26 mai, David G. avait catégoriquement nié tout geste à caractère sexuel, affirmant ne pas être « du tout concerné » par les accusations. Il avait seulement reconnu, avant de revenir sur certaines de ses déclarations au cours de la procédure, avoir porté des enfants et les avoir aidés aux toilettes. Deux animatrices avaient confirmé l’avoir vu effectuer ces gestes.

LA PAROLE DES ENFANTS EN QUESTION

Au-delà du cas de David G., le jugement met au cœur du débat judiciaire la ligne de crête, entre la présomption d’innocence et la prise en compte de la parole des très jeunes enfants. À la sortie de l’audience, Jérôme, père de l’un des enfants concernés et figure de la mobilisation des familles depuis le début de l’affaire, peine à contenir son émotion. « Je ne sais plus quoi dire. Tout est à notre charge : on a été de mauvais parents, on les aurait influencés dans leurs réponses. Et la logique est imparable : personne ne les a vus être touchés, donc il ne les a pas touchés. Comme ils étaient trop au courant de ce qu’était l’intimité, on les aurait influencés. »

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Les avocates des familles dénoncent elles aussi une décision incompréhensible. « Cette décision est un immense sentiment d’injustice pour les six familles que nous représentons. Neuf enfants ont dénoncé des agressions sexuelles et tous présentaient des stigmates psychotraumatiques majeurs. Pourtant, leur parole a été écartée au motif qu’ils auraient été influencés par leurs parents. Cette décision envoie un signal profondément inquiétant à la société : les enfants ne sont ni crus ni protégés», réagit Me Hannah Kopp.

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Depuis le début de l’année 2026, la Ville de Paris a suspendu 132 animateurs, dont 52 pour des « suspicions de violences sexuelles ou sexistes ». Un chiffre qui témoigne de l’ampleur des signalements dans le périscolaire parisien et qui a contraint les responsables politiques à s’emparer du sujet.

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