
1. ARTICLE – « Une discrimination qui tombe sous le coup de la loi »: un rapport officiel réclame l’interdiction des espaces « no kids »
Bérengère Bocquillon (édité par J.A.) Le 06/07 BFM
Alors que les hôtels « adults only », les campings interdits aux mineurs et les espaces sans enfants se multiplient en France, la Commission nationale des Droits de l’Homme monte au créneau. Dans un rapport dont RMC dévoile les mesures principales, elle dénonce une pratique jugée « discriminatoire » et « illégale », et formule des recommandations chocs pour redonner une place aux plus jeunes dans l’espace public. Sur RMC, Sarah El Haïry réagit.
Les espaces sans enfants se développent de plus en plus en France ces derniers mois. Entre la classe Business Optimum de la SNCF – qui exclut les moins de 12 ans –, une vingtaine de campings interdits aux mineurs dans le pays, et même le nombre d’hôtels « adults only » qui a doublé entre 2016 et 2023… Le phénomène a le vent en poupe.
C’est pourquoi la Commission nationale des Droits de l’Homme remet ce lundi 6 juillet des recommandations à la Haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Hairy, pour tenter de contrer cette tendance. Des recommandations dévoilées par RMC.
« Faire une distinction fondée sur l’âge, c’est une infraction pénale »
Une des recommandations phares: interdire les espaces no kids en France, “des espaces illégaux”, selon Ophélie Marrel, juriste à la commission nationale consultative des droits de l’homme, autrice du rapport.
“C’est discriminatoire. Faire une distinction fondée sur l’âge, c’est une infraction pénale. À partir du moment où on ne peut discriminer personne, comme les femmes et les personnes âgées, on ne discrimine pas non plus les enfants.”
Vers une clarification de la loi plus qu’une nouvelle loi?
Sur RMC ce lundi 6 juillet, Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance est en accord avec ce rapport qui lui est remis, estimant que ces « espaces no kids » sont « le début de la fracturation de la société »:
« Je suis pour l’interdiction de ces espaces no kids, je ne me bats pas pour qu’ils rentrent au casino, je me bats pour qu’on reconnaisse simplement les droits des enfants », confirme-t-elle.
« C’est une discrimination qui tombe sous le coup de la loi », juge-t-elle estimant que « s’il faut clarifier la loi on la clarifiera ».
Ces autres recommandations du rapport
Des enfants qui disparaissent peu à peu de l’espace public où ils ne sont plus les bienvenus: c’est pourquoi la commission recommande des rues piétonnes autour des écoles, des panneaux de signalisation à hauteur d’enfants, la réduction de la vitesse des voitures et des classes en plein air… “Car nous sommes en train de fabriquer des enfants d’intérieur”, explique Ophélie Marel.
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“Les parents ont peur des accidents de voiture, des enlèvements, etc., mais les enfants peuvent aussi subir des agressions en ligne, sur les réseaux sociaux. Les enfants ne sont pas forcément plus en sécurité à l’intérieur”, conclut Ophélie Marel. Et le rapport conclut que les enfants sont majoritairement perçus comme des personnes à surveiller, plutôt que comme des êtres aussi dignes que des adultes.
2. ARTICLE – «Je déteste les gens qui n’aiment pas les enfants» : Charles Consigny s’insurge contre la tendance «No Kids»
Par Laura Terrazas LE FIGARO
«Les gens se mettent à détester les enfants, c’est grave», s’inquiète Charles Consigny ce lundi 6 juillet dans «Les Grandes Gueules» sur RMC Story. L’avocat a exprimé avec sa gouaille habituelle son avis tranché sur les espaces «No Kids» qui se multiplient depuis quelques années en France.
La SNCF a annoncé en janvier dernier la création d’une classe «Optimum», destinée à sa clientèle professionnelle. La compagnie y promet un espace sans enfants «pour garantir un maximum de confort à bord». Des hôtels et même des restaurants ont déjà fait de la tendance «No Kids» un argument commercial. Ce lundi, la Commission nationale des droits de l’Homme a demandé l’interdiction des espaces interdits aux enfants. L’institution invoque une «discrimination qui tombe sous le coup de la loi».
Moi je préférerais des hôtels “No Cons”Charles Consigny sur RMC Story
«Je déteste les gens qui n’aiment pas les enfants» tranche ce matin Charles Consigny face à Alain Marschall et Olivier Truchot avant d’ajouter : «Je trouve que très souvent, les vieux qui n’aiment pas les enfants, sont des vieux cons. Il faut dire les choses comme elles sont. Et que ça dit beaucoup plus des adultes qui n’aiment pas les enfants que l’enfant qui est normal et qui parfois est un peu turbulent, un peu bruyant.»
L’avocat et chroniqueur reconnaît que «quand il y a un gosse qui est insupportable, c’est effectivement aux parents de faire la police», mais il assure avoir «rarement eu l’expérience» d’une telle situation. «Je ne vois pas ce que ça a de gênant si cela ne dépasse pas les limites de l’acceptable. Les hôtels “No Kids”, je trouve que ce sont des hôtels pour cons et je laisse les cons s’y retrouver entre eux. Moi je préférerais des hôtels “No Cons”, mais à la limite il suffit d’aller dans les hôtels “Pro Kids”», conclut Charles Consigny pas peu fier de sa démonstration.
3. ARTICLE – Un rapport alerte sur l’invisibilisation des enfants dans l’espace public et appelle à « interdire les espaces ‘no kids' »
Le principe des espaces interdits aux enfants avait été critiqué en janvier, après l’annonce de la nouvelle offre de classe Optimum de la SNCF, « qui excluait les enfants de moins de 12 ans », est-il rappelé dans le rapport de cette commission consultative.lire plus tard250 commentairespartager
France Télévisions 06/07/2026
Quelques mois après l’irruption dans le débat public des espaces « no kids », interdits aux enfants, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) prend la parole, dans un avis publié lundi 6 juillet, et appelle à les interdire, quand ils ne sont pas pensés pour protéger les mineurs.
L’instance se penche, plus largement, sur la place des plus jeunes dans l’espace public. Elle préconise de développer des « villes à hauteur d’enfant », voire d’autoriser le vote avant 18 ans. « La présence des enfants dans l’espace public s’est considérablement réduite depuis une quarantaine d’années », déplore la CNCDH. Elle relève un paradoxe entre « l’intolérance croissante » envers les plus petits et « l’inquiétude accrue par rapport à la baisse de la natalité », à son niveau le plus faible en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La haute-commissaire à l’Enfance veut « clarifier » la loi « si nécessaire »
Ces dernières années, l’apparition dans des pays européens d’espaces interdits aux enfants ou « adults only », réservés aux adultes, dans des secteurs tels que l’hôtellerie, la restauration et les transports, a suscité des polémiques. Encore peu évoqué en France, ce phénomène « no kids » avait été critiqué en janvier, après l’annonce de la nouvelle offre de classe Optimum de la SNCF, « qui excluait les enfants de moins de 12 ans en promettant ‘calme’ et ‘confort’ aux passagers », est-il rappelé dans le rapport de cette commission consultative.
Saisie par la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, la CNCDH s’est penchée sur ce qu’elle qualifie d’« infantisme » pour apporter solutions et pistes de réflexion. A travers plusieurs recommandations, elle invite à « interdire les espaces no-kids lorsqu’ils ne sont pas justifiés par la nécessité de protéger l’enfant ». « Aujourd’hui, je pense que ça tombe sous le coup de la loi », a estimé Sarah El-Haïry lundi sur RMC, évoquant une situation de « discrimination ». « Si c’est nécessaire, s’il faut clarifier la loi, alors on la clarifiera », a-t-elle ajouté.
Malgré l’existence dans le droit français d’une législation sur la non-discrimination sur la base du critère de l’âge, Sarah El Haïry a déclaré lundi devant la presse, en recevant cet avis, encourager les citoyens et les associations à mener davantage de « procédures collectives » à ce sujet.