
Rapport de la CNCDH sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie : entre logique des minorités et principe de tolérance, où est donc passée la République ?
ATLANTICO Chevrier
Dans son rapport annuel, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dresse un bilan contrasté de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie en France. Si l’indice de tolérance atteint son plus haut niveau historique, la Commission souligne dans le même temps la persistance et la hausse de certains actes haineux, relançant le débat sur la réalité et les formes du racisme dans la société française.
Dans son rapport annuel publié jeudi, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) explique que la tolérance des Français à l’égard de l’autre ne faiblit pas. Parallèlement, elle dit s’inquiéter notamment de ce qu’elle juge comme la persévérance des préjugés xénophobes au sein de la société.
« L’indice longitudinal de tolérance », qui mesure chaque année depuis 1990 le niveau de tolérance sur une échelle de 0 (intolérance) à 100 (tolérance), se situe à 64, soit le 4 e meilleur taux depuis le début des mesures. On notera une courbe moyenne continue d’amélioration depuis 1990, alors qu’à l’époque il se situait à 53/100. En 2025, les services de l’État font part d’une recrudescence « des actes de haine » sur le terrain.
Le ministère de l’Intérieur comptabilise 9 737 crimes et délits racistes ou antireligieux (+5 % par rapport à 2024), avec un bond de 11 % des atteintes physiques. Est-ce à dire pour autant que nous serions dans un pays miné en profondeur par le racisme ?
Des chiffres des actes racistes et antisémites à replacer dans leur contexte