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INGÉRENCES, CENSURES, PEUR PANIQUE DE L’OPINION

«Ingérences intérieures» : la démocratie à l’épreuve des communautarismes

Les remous provoqués par les déclarations du sénateur UDI Laurent Lafon sur des prétendues « ingérences intérieures » rappellent que la démocratie libérale génère elle-même ses ennemis, entre revendications communautaires et bien-pensance, estime Arnaud Benedetti, directeur de la « Nouvelle Revue politique ».

Arnaud Benedetti 21/07/2026 JDD

A priori, on chercherait en vain ce qui peut relier tout à la fois les propos d’un sénateur dénonçant des « ingérences intérieures » à la suite d’un rapport consacré aux « zones grises de l’information », l’interruption d’un concert d’une artiste à Grenoble, Barbara Butch, et les critiques du recteur de la Grande Mosquée de Paris au sujet des banquets festifs organisés par une association, Le Canon Français. Trois événements, trois enjeux : le premier est censé questionner le sujet de la régulation des réseaux sociaux et des grandes plateformes, le second témoigne de la brutalité antisémite sous couvert d’antisionisme de l’extrême gauche, le troisième interroge l’acceptation de notre identité par une autorité religieuse dont les liens avec le régime algérien sont pleinement assumés.

Radicalité du centre

Ce qui les distingue en apparence ne peut dissimuler ce qui les unit dans leur forme et dans leur intention : la radicalisation d’une part et la volonté d’interdire d’autre part. Radicalité d’un courant de pensée, le centre, qui prétend défendre la démocratie libérale en empruntant des méthodes illibérales ou post-libérales afin de contrôler le débat public en imposant sa vision des problématiques légitimes et illégitimes ; radicalité de la gauche de la gauche qui vise à censurer des spectacles à partir du moment où ceux qui s’y produisent sont assignés à leurs origines — juives pour la circonstance — et entendent se défendre contre la stigmatisation dont ils sont la cible ; radicalité implicite d’un relais religieux affilié à une dictature étrangère qui s’attaque à un espace de convivialité qui ne « serait pas inclusif » sous prétexte qu’il offre à ses participants une nourriture « haram »

Censure des couvre-feux municipaux : un nouveau symptôme de la déconnexion entre le peuple et ses institutions

TRIBUNE. La suspension de couvre-feux municipaux destinés à contenir les troubles nocturnes nourrit le sentiment d’un État qui désavoue les élus de terrain. Au nom du contrôle de légalité, le juge administratif risque ainsi d’aggraver la défiance d’une partie des Français envers leurs institutions, explique Jean-Éric Schoettl.

TRIBUNE. Face à la crise du logement et à l’isolement qui gagne les Français, Basile Huvet*, cofondateur de Mansiones, plaide pour un habitat partagé et intergénérationnel.

CHRONIQUE. Pour Arnaud Benedetti, directeur de la Nouvelle Revue politique, l’afflux de migrants à Ceuta et Melilla n’est pas une anomalie mais un « avertissement » : un dérèglement migratoire de moins en moins maîtrisé, entre bataille des récits et sidération européenne.

CHRONIQUE. La crise migratoire de Ceuta relance le débat sur les frontières européennes et pousse Bruxelles à durcir le ton. Après le revirement d’Ursula von der Leyen, les critiques des politiques migratoires passées et la montée des partis qui appellent à plus de fermeté, l’UE se retrouve confrontée à un choix décisif pour son avenir, estime l’essayiste Paul Melun.

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