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Comment qualifier les marchandages sur les élections régionales?

Emmanuel Macron et Xavier Bertrand, le 17 mai 2020.

BILLET

«C’est quoi ce bazar?», se serait exclamé Xavier Bertrand en apprenant les tractations entre les Régions et le Président de la République:.

Un marchandage portant sur les élections

C’est bien d’un « bazar » dont il s’agit: un marchandage avec d’un coté l’argent public, de l’autre l’acceptation d’un report de l’élection régionale.

Lundi, le président de la République aurait profité – selon les informations recueillies de plusieurs sources par le Figaro – d’un déjeuner avec Renaud Muselier pour lui proposer une aide financière de l’État en échange du soutien des Régions de France.

L’achat d’un avantage avec de l’argent public n’est il pas qualifiable en droit ?

Comment le concevoir, voire l’accepter en démocratie ?

Les deux parties devraient en inviter une troisième: partie qui est à la fois l’électeur – s’agissant d’un des droits fondamentaux : vote – et le contribuable – s’agissant de produits fiscaux.

La méfiance entre le PR et les présidents de région a fait place aux grandes manoeuvres

Au moment où le PR annonce une décentralisation, les tractations s’ouvrent avec les collectivité dont l’exécutif se méfie le plus.

«Je vous aide (financièrement) si vous m’aidez à reporter les régionales après la présidentielle car j’ai des opposants politiques parmi vous», a déclaré Emmanuel Macron, comme l’a rapporté Renaud Muselier aux présidents de région qu’il a eu ensuite par téléphone. «Je ne vais pas donner de l’argent à mes adversaires», a ajouté le président de la République »

Le pire n’est jamais sûr, il y a au delà du pire. Cela s’applique -t-il au cynisme en politique ?

Pierre André

ARTICLE

Report des régionales en 2022 : Macron pose ses conditions aux élus

Lundi, le président de la République aurait profité d’un déjeuner avec Renaud Muselier pour lui proposer une aide financière de l’État en échange du soutien des Régions de France.

«C’est quoi ce bazar?», s’exclame Xavier Bertrand. Alors que les élections régionales sont prévues en mars 2021, la perspective d’un report du scrutin à 2022 – donc après la présidentielle – a clairement agacé les présidents de région. Si aucun d’entre eux n’a été officiellement contacté, le sujet est bien sur la table de l’exécutif, comme l’a révélé Le JDD ce week-end. «Il est vrai que le président et tous ses interlocuteurs n’ont pas complètement fermé la porte. Le président y réfléchit», confirme un cadre de la majorité au Figaro. «Il n’y a aujourd’hui rien d’écrit ni d’étudié», veut croire un historique de la campagne.

Lors d’un déjeuner avec le président des Régions de France Renaud Muselier, qui a eu lieu lundi à l’Élysée en présence de la ministre Jacqueline Gourault, le chef de l’État s’est montré très clair, selon les informations du Figaro. «Je vous aide (financièrement) si vous m’aidez à reporter les régionales après la présidentielle car j’ai des opposants politiques parmi vous», a déclaré Emmanuel Macron, comme l’a rapporté Renaud Muselier aux présidents de région qu’il a eu ensuite par téléphone. «Je ne vais pas donner de l’argent à mes adversaires», a ajouté le président de la République.

Une manière de renvoyer aux ambitions politiques de certains présidents de régions qui louchent sur la présidentielle, comme Xavier Bertrand (Hauts-de-France), Valérie Pécresse (Île-de-France) ou Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes) ? «Le président a évoqué la question du calendrier électoral au regard de la mise en œuvre du plan de relance à l’automne, auquel les régions seront étroitement associées», explique l’Élysée. «Le président ouvre le débat dans l’intérêt général. On ne peut pas demander à ce que les régions participent au plan de relance mais qu’elles interrompent leur action pendant six mois à cause de la campagne».

«C’est totalement déplacé de la part du président alors qu’on gère tous la crise. Il s’occupe de la présidentielle ou des Français ?», s’insurge un élu. Les régions demandent à l’État des compensations financières après la diminution de leurs recettes, du fait de la crise sanitaire. «Le chef de l’État nous fait un chantage ? C’est totalement anti-républicain», s’inquiète un autre président de région.

«Une manœuvre politique» pour «éviter un camouflet de LREM»

«Un jour, Emmanuel Macron veut changer la date de la présidentielle pour l’avancer, le lendemain il veut changer la date des régionales pour les reculer. Les élections ce n’est pas un jeu de dés ! Derrière les élections, c’est le peuple ! Et le peuple on le respecte», s’insurge Xavier Bertrand, opposé à un report du scrutin en 2022. «Les municipales ont été décalées pour des raisons sanitaires. Ce n’est pas la même chose qu’une convenance politique, personnelle ou présidentielle», appuie le président des Hauts-de-France. Un message partagé par les autres présidents. «Les élections, c’est un rendez-vous avec le peuple. Ce n’est pas un choix de convenance personnelle ni du président de la République ni des présidents de région», acquiesce l’entourage de la présidente d’Île-de-France, Valérie Pécresse.

Pour les exécutifs régionaux, une modification du calendrier serait vue comme «une manœuvre politique» à neuf mois des élections, «pour éviter un camouflet de LREM avant la présidentielle» et «pour affaiblir les présidents de région». «On est clairement en ligne de mire», indiquent plusieurs élus. Tous ont ainsi remarqué que le chef de l’État, dimanche soir, ne les avait pas mentionnés. «Pourtant, nous, en une semaine, on avait des masques !», rappelle un président de région, pour souligner le rôle clé des collectivités territoriales pendant la crise.

4 réponses »

  1. Actualisation au 17 juin 2020

    La suite montre que le but est atteint: on dément, on négocie, on normalise, la presse prend sa part dans la banalisation du sujet et peu d’acteurs protestent, au contraire ils cherchent quel est leur intérêt… et rentrent dans le jeu. Un jeu non démocratique. Et on s’étonnera des réactions que l’on qualifiera de « populistes ».

    Certainement faudra-t-il des règles constitutionnelles plus contraignantes – ou, mieux, un contrôle plus strict et plus indépendant du Conseil d’Etat et du Conseil Constitutionnel – sur l’organisation des élections locales et régionales, pour éviter ces tentations contraires aux principes républicains et démocratiques.

    Comment refuser la double offre d’un mandat prolongé avec des fonds publics complémentaires ?

    Les négociations ont bien lieu, malgré les dénégations : certains présidents de région sont favorables, d’autres s’y opposent ou posent de nouvelles conditions.

    Une version des faits que réfutait Renaud Muselier mardi dans Le Monde : « On en a parlé […], mais il n’y a jamais eu de chantage, ça n’a jamais été le couteau sous la gorge. »

    La présidente de Région Occitanie, Carole Delga, estime que « les Français attendent des actes concrets, des solutions pour leurs difficultés, et pas de tripatouillage électoral. Je n’accepte pas ce chantage aux dotations : les régions ont besoin de l’aide de l’État, pour soutenir le maintien en emploi des salariés et les entreprises, et la nécessaire transition écologique ».

    Les Présidents d’Ile de France – « Il faut respecter le peuple », a notamment dénoncé Valérie Pécresse – des Hauts de France et d’Auvergne Rhone Alpes ont protesté vigoureusement. M Morin, président de la Normandie, quant à lui, ajoute des conditions…tout en criant au « tripatouillage » …

    l’Elysée confirme les discussions…

    « Le président de la République a ouvert le débat dans une logique d’intérêt général », assume-t-on à l’Elysée. « Il ne faut pas tout réduire à la compétition électorale », ajoute un proche du chef de l’Etat, qui vante une « discussion centrale, sérieuse » avec MM. Muselier – celui-ci précisant que « les échanges entre présidents se tiennent sous le sceau de la confidentialité » – et Bonneau.

    Cette discussion devrait se poursuivre en juillet avec un nouveau rendez-vous avec les régions, « dans la configuration que vous souhaitez », a précisé le PR.

    P.A. et T.L.

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  2. Article de Marianne proposé par nos lecteurs

    TAMBOUILLE

    Reporter les élections régionales ? Les coulisses du grand marchandage de Macron

    Par Louis Hausalter

    Publié le 24/06/2020

    Emmanuel Macron cherche à décaler les régionales de 2021 pour s’épargner un nouveau rendez-vous électoral périlleux. Il a engagé avec les barons locaux des négociations au parfum de tambouille.

    Certains présidents de région ne sont toujours pas revenus de ce qu’ils ont entendu lors de cette visioconférence, l’après-midi du 15 juin. Le président des Régions de France, Renaud Muselier – qui préside aussi la région Sud-Paca – faisait à ses homologues le compte rendu de son déjeuner à l’Élysée. Au menu, un sujet on ne peut plus sérieux : comment associer les régions à la relance du pays dans les mois qui viennent, après le séisme du coronavirus ? Mais Muselier a rapporté un pan moins noble de sa conversation avec Emmanuel Macron : la possibilité de reporter après la présidentielle de 2022 les élections régionales prévues en mars 2021. Un scénario un poil tordu, d’autant que selon des propos cités par le Figaro, l’entretien aurait glissé vers des considérations de marchand de tapis. Alors que la crise a affaibli les recettes des collectivités, le président aurait promis une aide financière aux barons qui soutiendraient ce report…

    « Chantage »

    Évidemment, certains n’ont pas tardé à bondir face à cette sorte de « pétrole contre nourriture » aux arrière-pensées politiciennes. « Un chantage », a tonné Xavier Bertrand, patron de la région Hauts-de-France, déjà dans les starting-blocks pour la présidentielle. « C’est un rendez-vous avec le peuple. Cela ne dépend ni des présidents de régions ni du chef de l’État », a cinglé son homologue et concurrente d’Île-de-France, Valérie Pécresse, concernée au premier chef par le coup de chaud budgétaire : faute de fréquentation, ses transports franciliens sont au bord de la cessation de paiements.

    Pour ses opposants, cela ne fait aucun doute : après un naufrage aux municipales, Macron agite cette carotte financière pour s’épargner un autre rendez-vous électoral périlleux. « Dans la quasi-totalité des régions, En Marche ne sera même pas au second tour,pronostique un président de région. À un an de la présidentielle,…

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