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Les « armes » de la démocratie face au populisme

BILLET

Nous avons déjà réalisé plusieurs billets et publié plusieurs articles sur le sujet du populisme

L’ « achèvement » de la démocratie comme réponse au populisme

Nous vous proposons la citation de Pierre Rosanvallon pour ouvrir ce billet : « Approfondir la question du populisme conduit à mieux comprendre la démocratie avec ses risques de détournement, de confiscation, ses ambiguïtés, son inachèvement aussi. » 

En effet comment continuer à critiquer le populisme, à prétendre le combattre tout en défendant l’état existant de la démocratie ? . »Pour critiquer le populisme, il est ainsi nécessaire d’avoir un projet de réinvention et de reconstruction de la démocratie. Dans quelle direction ? J’en donnerai rapidement quelques éléments, indique Pierre Rosanvallon ».

« Il ajoute: Le pouvoir en place doit accepter de voir ses décisions soumises à discussion, à interrogation. La démocratie est un régime de la délibération. Un régime qui met en discussion de façon permanente ce qui fait l’objet des décisions publiques ».

Anne Brunet nous propose un nouvel article sur le sujet, POPULISME VS PLOUTOCRATIE. Il est repris dans le prolongement du présent BILLET.

Rappel de nos précédentes publications

  1. Cynisme et populisme – 9 juin – https://metahodos.fr/2020/06/09/cynisme-et-populisme/

Il s’agit d’un ENTRETIEN avec Peter Sloterdijk : « Le cynisme est la fuite en avant de la mauvaise conscience »

Conclusion du BILLET qui précède l’entretien : « Le philosophe rappelle que depuis Aristote, on sait que « la politique ne peut pas et ne doit pas être le domaine des experts et des spécialistes et que les opinions politiques d’Albert Einstein ne sont pas nécessairement plus pertinentes que celles d’une femme de ménage ».

Deux Commentaires complètent la publication

1 Commentaire de Marie Madeleine YEM MAYO.

Extrait: « Et à chaque catastrophe nous voyons naître un balancier de lots de résolutions « pitch ».Serons nous en adéquation cette fois avec le faire peuple? Dans ce monde qui se construit dans le regard et la peur de l’autre ou les intérêts d’une personne sont différents à ceux des autres. COMMENT peut-on s’imaginer faire une société quand les figurants sont de plus en plus fidèles à l’ambiguïté. »

2 Article : Peter Sloterdijk, un philosophe pro-européen contre les « obscurantistes ».

Extraits: « P.S.: De la rencontre entre cynisme anti-élite et mensonge grossier, naît le populisme, « stade actuel du malaise dans la civilisation ». « Face aux manipulateurs anti-démocratiques, se tiennent « les amis de la vérité », selon l’expression de Sloterdijk. Devenus minoritaires, ils sont seuls capables de donner un nouveau souffle à la démocratie. »

« Entre 1990 et aujourd’hui, un tournant régressif se développe, jusqu’à la fabrication simpliste et « psychopolitique » de la colère sociale, cette fameuse « banque de la colère » manipulée et récupérée par les extrêmes populistes. La désillusion de la population laborieuse, qui travaille dur et se retrouve les mains vides, se transforme dans tout le continent en rage contre le « système » dans son ensemble »

« Dans la confusion collective, avec ses moments de surchauffe et ses outrances, rien n’est plus conseillé et salutaire, que la volonté de revenir à l’ »intellegere », au souci du détail et de la précision. Dans un monde incertain, soumis aux constructions artificielles permanentes, « la première victime de la polémique montante est la nuance », dit Sloterdijk. Destruction et assassinat des nuances, sous l’assaut des clashs et des polémiques. De Berlusconi à Donald Trump, l’intrusion du névrotique dans l’espace politique européen fait des ravages dans le comportement électoral populiste, qui renvoie au visage du pouvoir son incompétence débridée. »

2. Penser le populisme pour accomplir la démocratie – 28 mai – https://metahodos.fr/2020/05/28/penser-le-populisme-pour-accomplir-la-democratie/

Texte de Pierre Rosanvallon. Extraits:

« On exècre   le populisme alors que l’on exalte le principe de la souveraineté du peuple. Que recèle ce paradoxe ? Comment le comprendre ? Y aurait-il une bonne et une mauvaise façon d’être démocrate? Une bonne et une mauvaise façon d’être près du peuple ? Il faut lever ces ambiguïtés. »

« Il y a  un « écart entre l’évidence d’un principe, la souveraineté du peuple, le pouvoir au peuple, et le caractère problématique de ce peuple comme sujet social et politique ».

« Du fait de l’exigence démocratique croissante des citoyens, d’abord. L’inachèvement démocratique est d’autant plus vivement ressenti que les formes d’interventions des citoyens se sont élargies et développées. Mais plus encore du fait de la croissance des inégalités et des phénomènes de séparatisme qui minent de façon croissante le social. C’est la panne de la démocratie-société qui redouble l’inachèvement structurel de la démocratie-régime et qui pose avec acuité la question de la figuration du sujet collectif de la démocratie.… l’intelligence de la démocratie est inséparable d’une intelligence de ses perversions. Approfondir la question du populisme conduit à mieux comprendre la démocratie avec ses risques de détournement, de confiscation, ses ambiguïtés, son inachèvement aussi. » 

3. Le populisme, mot valise ? – 28 mai – https://metahodos.fr/2020/05/28/le-populisme-mot-valise/

Billet précédent l’article ( Le populisme est un anti-pluralisme, Hervé Berville) .

Extraits: « Pour J.-W. Müller, « la meilleure tactique consiste à rechercher le débat franc et direct avec les populistes, ériger un cordon sanitaire ne faisant que renforcer leur mise en scène d’acteurs politiques persécutés. En amenant les populistes à intégrer le cadre du débat démocratique, les démocraties peuvent espérer mettre à mal le monopole de la représentation du peuple qu’ils revendiquent.»

Commentaire: Nous proposions de lire l’article « JE FAIS LE PARI QUE LE DISCOURS POPULISTE SERA DÉFIÉ PAR LA RÉALITÉ – Entretien Claire Chartier et Dominique Reynié» sous l’angle de notre question:

Combattre le populisme certes. Est ce la seule priorité ? Quels objectifs doit on se donner pour revivifier notre démocratie et redonner de l’efficience à l’action publique ? …et ainsi véritablement combattre ce que l’on nomme le populisme ( à la fois colère du peuple et tentation de l’autoritarisme pour les dirigeants ).

4. Les autoritaires vont-ils l’emporter sur les démocrates ? – 27 mai – Inst Montaigne – https://metahodos.fr/2020/05/27/les-autoritaires-vont-ils-lemporter-sur-les-democrates/

Extrait ( conclusion ): « en toute hypothèse, et quels que soient les nouveaux rapports de force, la physionomie des différents acteurs en présence se trouvera modifiée. Le risque est que les « nouveaux autoritaires » de différents types sortent de la crise davantage radicalisés, l’espoir réside dans la chance pour les démocraties de trouver dans l’épreuve une occasion de se régénérer, et en tout cas de rebondir. »

« Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique. » Platon

C’est la citation qui conclut l’article d’Anne Brunet ci contre et qui complète nos précédentes publications sur des aspects essentiels comme les inégalités.

Pour une démocratie inclusive

Les échanges au sein de METAHODOS – cela a été clairement et fortement posé lors de notre Visio conférence et est régulièrement confirmé dans les points de vue des contributeurs et lecteurs – ont forgé une conviction:

La démocratie doit être inclusive. Souvent le sentiment d’exclusion, qui favorise le populisme, comporte des sentiments entremêlés d’exclusion économique et territoriale, sociale et démocratique.

P.André et A.Flax

ARTICLE

POPULISME VS PLOUTOCRATIE

« On ne fait de grandes choses en France qu’en s’appuyant sur les masses ; d’ailleurs un gouvernement doit aller chercher son point d’appui là où il est ».

Malgré quelques avancées en matière des droits de l’homme, les manifestations aux quatre coins du monde montrent que la démocratie libérale est en crise. Face aux inégalités sociales, les peuples sont dans la rue.

Pendant le confinement, le mot populisme s’est invité dans la polémique sur l’hydroxychloroquine. Avec la reprise des manifestations, ce mot est utilisé par les médias au quotidien.

Beaucoup d’articles ont été écrits sur ce sujet. Néanmoins l’abondance ne nuit pas !

La présente synthèse se veut plus pédagogique. Elle propose de revenir sur l’origine de la notion de populisme afin de permettre au lecteur de mieux l’appréhender et d’identifier les enjeux en comparaison avec le système ploutocratique.

C’est en 1929 qu’apparaît le mot populisme. À l’époque, cette notion désignait une école littéraire qui avait pour objectif de renouveler le naturalisme.

Avec les difficultés économiques, les souffrances sociales et la déception vis-à-vis des politiques gouvernementales, ce terme a évolué, désignant des mouvements protestataires, dits populistes, dans la plupart des pays européens, où les classes populaires rejettent les élites.

Le concept de populisme reste indéterminé même lorsqu’on fait appel à son étymologie. Ce qui explique l’évolution de ce terme. Une approche sémantique des notions de populisme et de ploutocratie peut être alors utile. 

Approche sémantique

Le populisme, du latin populus, fait référence au peuple. En politique, ce mot désigne l’importance donnée aux couches populaires de la société.

Tandis que le terme ploutocratie, du grec ploutokratia, signifie le gouvernement ou la domination des riches.

Joseph Ernest Renan, philosophe et écrivain français, en a donné cette définition : « J’appelle ploutocratie un état de société où la richesse est le nerf principal des choses, où l’on ne peut rien faire sans être riche, où l’objet principal de l’ambition est de devenir riche, où la capacité et la moralité s’évaluent généralement (et avec plus ou moins de justesse) par la fortune. »

Quels sont les effets du populisme ?

Le populisme présente des traits positifs mais aussi négatifs.

Comme avantage, il a le mérite de mettre le peuple en exergue. En outre, il révèle les failles de la démocratie représentative.

En effet, c’est grâce aux mouvements populistes que certains combats en faveur de la justice sociale ont pu être gagnés, puisqu’il attire l’attention sur des catégories sociales négligées (oubliées), celles que notre président a ainsi désignées : « Ceux qui ne sont rien. » !

Quant aux inconvénients, ce terme utilisé péjorativement, qui gagne même des partis politiques traditionnels, souligne des dangers, illustrés dans l’Histoire par la soumission du peuple au pouvoir charismatique d’un chef. Sans évoquer les dérives les plus dramatiques que l’Europe a connues au siècle dernier, le poujadisme des années 1950, en France, en est un exemple récent.

Par ailleurs, le populisme est fondé sur une critique des gouvernants, destinée à flatter le peuple en désignant comme responsables certains représentants du pouvoir, tout en préservant les intérêts de la classe dominante. Le populisme, dans ce sens, prétend servir le peuple, alors qu’il ne fait qu’utiliser les classes populaires comme levier pour une politique contraire à ses intérêts.

Un peuple qui souffre se laisse dominer par ses émotions.

Le président Jacques Chirac l’avait déjà signalé : « Quand le peuple perd l’espoir, sa colère finit toujours par s’exprimer. »

Quid de la ploutocratie ?

Un système est dit ploutocratique quand le pouvoir est dominé ou exercé par les plus riches. Cette définition est un truisme, mais en l’état actuel du droit positif le système ploutocratique n’a jamais fait l’objet d’une institutionnalisation.

Cependant, force est de constater qu’il existe de plus en plus une corrélation entre le pouvoir politique et la richesse.

La comparaison entre le populisme et la ploutocratie met en relief les conséquences du système ploutocratique. De toute évidence, c’est un système qui se caractérise par de fortes inégalités, où le pouvoir de la finance est prédominant.

Une politique qui diminuerait progressivement les inégalités, ainsi que les énormes pouvoirs des possédants et qui permettrait une plus juste répartition des richesses et des pouvoirs serait la bienvenue.

Les solutions avancées par les mouvements populistes ne peuvent pas résoudre les maux dont souffre la démocratie représentative.

Parmi ces maux, la ploutocratie est la principale cause des inégalités. En effet, elle ne cesse de creuser les inégalités dans tous les domaines. Afin de contrecarrer le développement des mouvements populistes, l’État doit revoir ses priorités.

Quelques pistes à explorer

Le développement du populisme est un signal qui devrait interpeller la classe politique sur des sujets en rapport avec le peuple.

Mais, malgré les menaces qu’il fait peser sur la démocratie, le souci du peuple dont le populisme se targue est à prendre en compte, en comparaison avec la ploutocratie qui ignore l’immense majorité de la population.

Il convient, d’une part, de renforcer les contre-pouvoirs existant dans le régime démocratique. Ce qui revient à dire qu’il serait préférable que les parlementaires remplissent effectivement et en toute indépendance leur rôle de représentation, quel que soit le parti sous les couleurs duquel ils ont été élus.

De plus, la crise sanitaire que nous avons traversée a montré le danger de la logique de rentabilité et d’efficience imposée aux hôpitaux publics. Ce qui revient à dire que le service public de la santé doit être mieux équipé. Il faut plus de moyens pour le personnel soignant, car la santé est un bien précieux, elle n’a pas de prix.

De surcroît, les médias doivent pleinement jouer leur rôle d’informateurs des citoyens. Les journalistes ne doivent pas oublier que l’impartialité fait partie de la déontologie de leur profession.

En effet, les journalistes ne sont pas des inquisiteurs. Le rôle du journaliste est d’informer. Nous faisons appel au bon sens de ceux d’entre eux qui sont obnubilés par le prestige. Ils doivent arrêter de se comporter comme de parfaits petits soldats qui obéissent sans discernement aux consignes de leurs supérieurs hiérarchiques, faisant complètement abstraction de leur éthique.

Les interviews piégées ont une conséquence sur la probité des journalistes, elles dénaturent la mission principale du journalisme. L’objectivité journalistique est le mot d’ordre…

Dans son allocution à la Nation le 14 juin dernier, le président Macron a annoncé qu’il « voulait ouvrir une page nouvelle donnant des libertés et des responsabilités inédites à ceux qui agissent au plus près de nos vies ».

Les promesses politiques peuvent être mises en analogie avec les prévisions météorologiques, tout le monde les écoute mais personne n’y croit avec conviction.

Les promesses ne sont pas faites pour être brisées, il faut les tenir. Ces promesses ne doivent pas être un exutoire à la grogne sociale, elles doivent se concrétiser par des actions…

À ce propos, un nouvel acte de décentralisation poussée permettrait de renforcer les pouvoirs des collectivités territoriales. Ainsi, elles deviendraient de véritables contre-pouvoirs à l’arbitraire du pouvoir central.

« La parole est au peuple. La parole du peuple, c’est la parole du souverain », écrivait Charles de Gaulle.

Notre vœu est aussi que cette nouvelle page accorde une place importante au référendum (article11 de la Constitution), puisque le référendum est l’instrument d’un « arbitrage national » et la manifestation du lien qui unit le peuple à celui qui préside à ses destinés.

Même Napoléon Ier, grand utilisateur du plébiscite, avait conscience qu’« on ne fait de grandes choses en France qu’en s’appuyant sur les masses ; d’ailleurs un gouvernement doit aller chercher son point d’appui là où il est ».

C’est inconcevable qu’en 61 ans d’existence, seulement neuf référendums ont été organisés depuis 1958 dans le cadre de l’article 11 de la Constitution du 4 octobre 1958. 61 ans, c’est presque l’âge de la retraite. De Gaulle est une exception de la Ve République, car il a rendu démocratique l’article 11 de la Constitution.

« Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique. » Platon

Anne BRUNET

4 réponses »

  1. Un lecteur nous signale cet article de OUEST FRANCE du 22 04 2019 de Michel WIEVIORKA, sociologue

    Démocratie participative, délibérative ou directe : le grand leurre

    Un accord semble exister, sur le fond, entre Emmanuel Macron et les Gilets jaunes, analyse le sociologue Michel Wieviroka : les deux camps combattent à leur façon un système politique reposant sur un système partisan. Si bien que les propositions du gouvernement pour relancer la vie civique, thème cher aux contestataires, ressemblent à un leurre.

    Avec le mouvement des Gilets jaunes, puis avec le Grand débat, l’idée d’un renouveau de la démocratie semble pouvoir être résumée par trois adjectifs : parlons, nous est-il demandé, de démocratie participative, délibérative ou directe.

    Ces qualificatifs ne sont pas synonymes. La participation implique que les citoyens disent leur mot dans la prise de décisions qui ne sont donc plus le monopole des parlementaires ou de l’exécutif ; la délibération, qu’ils ont le droit de discuter de questions sur lesquelles leur éclairage est requis, mais sans prendre part dans la décision proprement dite. Enfin, la démocratie directe consiste essentiellement à refuser toute médiation entre le peuple et le pouvoir et à se passer, ou presque, de députés, de sénateurs, de maires, etc. : le référendum est ici la formule reine, les citoyens votent, et leur vote vaut décision.

    Macron joue de la déstructuration du système gauche/droite
    Et quelle que soit l’option mise en avant, un point mérite d’être retenu : ceux qui veulent promouvoir la démocratie directe, participative ou délibérative considèrent qu’elle permet de remplacer, ou tout au moins, compléter la représentation politique. C’est ainsi qu’un accord étonnant semble exister, sur le fond, entre le pouvoir et la contestation des Gilets jaunes. Des deux côtés, en effet, on s’éloigne de la perspective d’un système politique où des partis de gauche et de droite, et pas seulement un centre sans véritable opposition, proposeraient aux électeurs de leur faire confiance.

    Dans cet accord non-dit, le gouvernement va très loin : si Emmanuel Macron a été élu sur les décombres d’un système gauche/droite en ruines, il ne fait rien, ensuite, pour aider à sa reconstruction. Bien au contraire, il joue de sa déstructuration, avec une Assemblée nationale à sa botte et aussi bien une gauche qu’une droite classiques bien incapables de se relancer.

    Dans ces efforts, pour ne rien changer au vide du système politique, le pouvoir peut s’appuyer sur un centre hégémonique, à son service, tandis que l’opposition se réduit à des forces radicales sans prise réelle sur la décision politique – la France Insoumise et le Rassemblement national, que prolongent les partis d’une droite dure qui tend à en devenir les supplétifs.

    Suggérer qu’il est possible de continuer à fonctionner verticalement
    Dans ces conditions, les appels à la démocratie délibérative, participative ou directe véhiculent un message simple : pour bien montrer qu’il s’agit de ne surtout pas contribuer à la formation d’un système de partis où une droite et une gauche retrouveraient un sens et un espace réels, le président et son Premier ministre réfléchissent à des formules directes, participatives ou délibératives, supposées pallier les carences du système politique contemporain. Les mérites de ces formules ne sont pas nuls, bien sûr. Mais leur contribution est ailleurs : suggérer, pour le pouvoir exécutif, qu’il est possible de continuer à fonctionner verticalement, en se passant de médiations et de corps intermédiaires, à commencer par les partis politiques.

    Dans un tel contexte, parler de délibération, de participation et de démocratie directe revient non pas à promettre d’enrichir ou de relancer la vie civique, mais bien à maintenir la tête sous l’eau à d’éventuels partis politiques de droite ou de gauche en dehors de forces populistes plus ou moins radicalisées. Cela devient un leurre. Le paradoxe, ici, est que les Gilets jaunes ont développé cette même logique, sur un mode horizontal, rétif à toute tentative de structuration partisane, faisant la part belle à ce qui constitue à bien des égards un renforcement, ou tout au moins une chance de survie, et non une critique du pouvoir.

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