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Islamisme – Jean-Michel BLANQUER : «Un modèle de société qui n’est pas le nôtre»

PRÉSENTATION

Nous avons publié hier l’article du Point intitulé «On ne dialogue pas avec les islamistes comme on pouvait le faire avec les évêques.»

Lien : https://metahodos.fr/2020/08/28/comment-on-a-laisse-lislamisme-penetrer-lecole/

Nous proposons l’entretien accordé par le Ministre Jean-Michel Planquer qui déclare : la nécessité «Lutter contre les influences étrangères.», «L’école est un sanctuaire. Nos enfants ne doivent pas être soumis à un quelconque prosélytisme.»

Pour le ministre de l’Éducation nationale, des forces à l’oeuvre cherchent à nous imposer « un modèle de société qui n’est pas le nôtre ».

ENTRETIEN


27 août, 2020 Le Point


Le Point: A-t-on réellement laissé «l’islamisme pénétrer l’école» comme l’affirme JeanPierre Obin dans le titre de son livre?


Jean-Michel Blanquer: Cela a pu être en partie vrai pendant toute une période, de manière hétérogène, puisque cela dépendait de circonstances locales. Il n’y a pas eu de complicité à l’échelle de l’État, mais une forme de passivité à laquelle je prétends mettre fin depuis 2017 en prenant différentes mesures comme la mise en place du Conseil des sages de la laïcité, la diffusion d’un vade-mecum de la laïcité ainsi que le déploiement d’équipes « valeurs de la république » qui interviennent sur le terrain chaque fois qu’un problème est signalé. Le premier bilan que l’on peut tirer de ces actions, c’est que nous avons augmenté notre capacité de signalement: autrement dit, on ne met pas les problèmes sous le tapis, on les identifie et on les traite. J’insiste sur l’importance d’avoir créé des normes de référence que chacun peut consulter et qui servent de base à des actions concrètes pour faire respecter le principe de laïcité.


Comment jugez-vous la situation aujourd’hui?


Nous sommes dans une situation intermédiaire, mais il y a encore du travail. L’idée qu’il n’y a pas de réaction possible aux atteintes à la laïcité constatées est encore présente dans trop d’esprits. Or l’efficacité de ce que nous faisons dépend pour partie des signalements effectués par les acteurs de terrain et de leur confiance dans le fait que l’institution est derrière eux. On doit aussi être très attentifs aux acteurs associatifs, politiques ou religieux qui, tous les jours, poussent les feux du séparatisme, persuadés que le communautarisme est un bon modèle de société.

Alors que le sport, l’Éducation nationale et la jeunesse relèvent désormais d’un même ministère, je vais également m’employer, avec Roxana Maracineanu, à ce que l’on fasse davantage respecter les principes républicains dans ce secteur très important de notre vie collective. Il faut être lucide et dire sans aucune ambiguïté qu’il y a des forces à l’oeuvre à l’échelle nationale et internationale pour nous imposer un modèle de société qui n’est pas le nôtre. Ces forces sont très minoritaires, y compris dans le monde musulman.

J’insiste d’ailleurs sur le fait que les premières victimes de la pensée séparatiste promue par les islamistes sont les musulmans qui, dans leur très grande majorité, partagent les valeurs de la république. Nous devons être vigilants si nous voulons protéger la société française d’évolutions que nous ne voulons pas voir advenir, notamment sur les questions d’égalité, en particulier d’égalité femme-homme. L’esprit républicain doit être notre boussole pour combattre ces acteurs sur le plan politique ; voilà pourquoi il est nécessaire de faire vivre l’esprit de la laïcité dans nos institutions, particulièrement à l’école.


La laïcité est-elle vraiment indispensable à l’école publique?


Oui, elle est consubstantielle à l’école de la République et fait partie des éléments fondateurs de notre société. L’école est un sanctuaire pour nos enfants, qui ne doivent pas être soumis à un quelconque prosélytisme, qu’il soit religieux, politique ou même commercial. Ce principe de neutralité est indispensable non seulement pour que soit assuré un lien de confiance entre la famille et la République, mais aussi pour que soit garantie la promesse d’émancipation des futurs citoyens de notre pays.


L’absence de mixité sociale dans certains établissements est souvent un facteur de rupture avec les valeurs de la République. Que peut l’école face à la fuite des classes moyennes dans les quartiers populaires?


Nous avons bâti une stratégie pour qu’il y ait davantage de mixité sociale, notamment dans les zones d’éducation prioritaire. Lorsqu’on crée les classes de CP et de CE1 à 12 élèves pour 300 000 enfants, on recrée de l’attractivité sur ces territoires difficiles pour les classes
moyennes. On voit déjà renaître une mixité sociale dans certains endroits grâce à cette mesure. Par ailleurs, on est en pleine réflexion sur la manière de recomposer l’éducation prioritaire, un des buts étant d’accentuer la mixité sociale dans certains territoires.


Participez-vous à l’élaboration de la loi contre le séparatisme, annoncée d’ici la fin de l’année?


Bien sûr. Le président de la République est lui-même très impliqué dans cette lutte. Il est encore trop tôt pour en détailler le contenu, mais cette lutte passe par différents domaines de la société, dont l’école. Le projet de loi permettra de mieux contrôler les activités accessoires au culte, telles que les actions éducatives dans certaines associations extrémistes. Il y aura aussi des mesures qui s’attaquent à la racine du problème, notamment aux modalités de financement d’associations qui font le lien entre les secteurs extrémistes et le monde de l’éducation. Lutter contre les influences étrangères est en effet une priorité.


On voit poindre des idéologies, comme le décolonialisme, qui font la courte échelle à l’islamisme…Sommes-nous intellectuellement outillés pour contrer cette pensée?


Le sujet intellectuel est primordial, car c’est la matrice pour lutter contre tout le reste. Ces idéologies ont pu se développer depuis au moins vingt ans à partir d’universités américaines et à la faveur de la mobilisation de personnes qui y trouvaient un intérêt à la fois politique et de carrière, pendant que ceux qui avaient simplement l’esprit républicain subissaient cette montée en puissance.

Aujourd’hui, il est largement temps d’organiser la riposte avec une force tranquille républicaine pour revenir à des choses évidentes, c’est-à-dire la référence aux droits de l’homme, aux droits du citoyen, à l’égalité, et le rejet de toute approche racialiste, y compris lorsqu’on prétend combattre le racisme. Nous devons faire entendre que la lutte contre le racisme est un combat universaliste et non différentialiste. De même, on doit travailler à ce que tous ceux qui essaient de créer de la «fragmentation identitaire » voient leurs idéologies contrées, notamment lorsqu’ils cherchent à influencer la jeunesse.

La république est le projet le plus adapté à un XXIe siècle de concorde et de progrès.

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