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Jean-Louis Servan-Schreiber est mort à l’âge de 83 ans: « Mais au fond qui suis-je? »

MISE A JOUR LE 2 12 2020

L’hommage de METAHODOS – Les Entretiens de la Méthode

Nombreux témoignages

Le président du Festival de Cannes et journaliste Pierre Lescure a salué un « grand homme de presse », qui a « travaillé sans cesse sur la nature humaine et sa richesse ».

« Ses conseils ont été précieux pour la relance de L’Express », selon le patron de presse Alain Weill, qui a rendu hommage à un « homme de presse exceptionnel ». »C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris la disparition de Jean-Louis Servan-Schreiber. En homme de presse exceptionnel ses conseils nous ont été précieux pour la relance de l’Express. Il y a qq semaines encore en lecteur fidèle il me faisait ses remarques. Merci JLSS.« 

Le directeur exécutif de Human Rights Watch (HRW), Kenneth Roth, s’est, lui, dit attristé par la nouvelle de son décès : « Il a été un pionnier de la présence aujourd’hui vibrante de HRW en France (…) apportant son intelligence, sa passion et ses principes à la cause des droits de l’homme. »

Henri Gibier, directeur de la rédaction des Echos, a, lui aussi, rendu un hommage appuyé à « un homme exquis, patron de presse infiniment respectueux de l’indépendance de ses titres et du travail de ses journalistes : adieu JLSS vous paraissiez si ailleurs même quand vous étiez présent, désormais pour toujours ailleurs mais pour nous si présent.« 

Éric Chol, directeur de la rédaction de L’Express, a ainsi partagé un touchant message : « Jean-Louis Servan-Schreiber, mon premier patron lorsque j’ai débuté à L’Expansion en 1993. Il y a 1 an, il nous donnait ses précieux conseils, quand, avec Alain Weill, nous lui avons présenté notre projet de relance de L’Express. Un grand homme de presse nous a quittés aujourd’hui. » 

Pour l’exécutif, c’est Mme Bachelot qui a été chargée de l’hommage « républicain ».

Grand Patron de presse et essayiste

Grand patron de presse, Jean-Louis Servan-Schreiber, a succombé au Covid-19. Créateur de l’Expansion, de Radio Classique et de Psychologie Magazine , il a également apporté une contribution déterminante au sauvetage de l’Express.

Mais loin d’être seulement un homme presse, Jean-Louis Servan Schreiber a écrit pas moins de 17 livres, dont le dernier, Avec le temps, a été publié en janvier 2020 aux éditions Albin Michel. Une véritable tradition dans sa famille. Interrogé par Paris Match, il expliquait ainsi que sa bibliothèque comptait une petite centaine de livres écrits par la famille Schreiber.

L’engagement pour les droits de l’homme

Il s’est aussi investi dans la défense des droits de l’homme. En 2007, il lançait le comité de soutien de l’organisation Human Rights Watch en France, avant d’intégrer le board international de l’organisation.

L’hommage de la Revue Psychologie

« Journaliste et essayiste à la curiosité insatiable, il avait dirigé Psychologies pendant 10 ans. Pendant ces années à nos côtés, il avait rédigé ce texte que nous republions aujourd’hui – « Mais au fond qui suis-je ? » – dans lequel il évoquait la soif de connaissance de soi et « le travail passionnant de toute (sa) vie »…

C’est au seuil des années 2000, qu’il achetait Psychologies magazine et en faisait un grand succès de la presse française et même internationale.

MISE A JOUR – Hommage de l’Express:

« Lorsqu’Alain Weill a racheté en 2019 L’Express – avec le souhait de donner un essor au magazine – il s’est immédiatement tourné vers Jean-Louis Servan-Schreiber. Nous l’avions alors rencontré à plusieurs reprises, et, loin de s’offusquer des profonds changements que nous envisagions pour moderniser L’Express, l’homme qui avait exercé toute sa vie le métier de « faire des journaux » nous a, au contraire, prodigué encouragements et conseils. Au lendemain de la sortie du nouvel Express, il évoquait « un choc salutaire », saluant « une formule puissante puisqu’elle oblige les journalistes à être compact et les lecteurs à se concentrer uniquement sur le sens ». Ses mots nous ont inspirés pour redéfinir la promesse du titre créé il y a soixante-sept ans : « Savoir quoi penser de ce monde ». La rédaction de L’Express et ses dirigeants s’associent à la peine de sa famille et de ses proches. « 

« Mais au fond qui suis-je ?« 

Il avait publié ce texte pendant ses 10 ans à la tête du titre de Psychologie Magazine.

Nous vous le proposons ce texte en Seconde partie.

En Première partie nous reproduisons l’article du Point ecrit à l’occasion de son décès.

En Troisième partie nous vous proposons un texte de Challenges extrêmement respectueux de la personnalité de Jean-Louis Servan-Schreiber

ARTICLE

Le journaliste Jean-Louis Servan-Schreiber est mort à l’âge de 83 ans

LePoint.fr Publié le 29/11/2020

Grand homme de presse et essayiste? c’est une figure, une icône de la presse française, qui s’est éteinte samedi 28 novembre des suites du Covid-19. Jean-Louis Servan-Schreiber, journaliste, patron de presse et essayiste, fondateur de L’Expansion en 1967, s’est éteint à l’âge de 83 ans, rapporte Paris Match. Celui que l’on surnommait JLSS a aussi été l’auteur de très nombreux ouvrages et un défenseur actif des droits de l’homme en France et dans le monde.

Fils d’Émile Servan-Schreiber et de Denise Bresard, frère de Jean-Jacques, cofondateur de L’Express et homme politique, Jean-Louis Servan-Schreiber débute comme journaliste au quotidien Les Échos en 1960. Quatre ans plus tard, il rejoint L’Express. Seulement âgé de 29 ans, il crée quelques années plus tard L’Expansion avec Jean Boissonnat. Un magazine qu’il va diriger pendant vingt-sept ans. Au seuil des années 2000, il achète Psychologies magazine et en fait un grand succès de la presse française et même internationale. Samedi soir, la revue a publié sur son site Internet un texte qu’il avait publié pendant ses 10 ans à la tête du titre : « Mais au fond qui suis-je ? ». Éric Chol, le directeur de la rédaction de l’Express, lui a aussi rendu hommage sur Twitter.

Jean-Louis Servan-Schreiber, mon premier patron lorsque j’ai débuté à L’Expansion en 1993. Il y a 1 an, il nous donnait ses précieux conseils, qd, avec Alain Weill, nous lui avons présenté notre projet de relance de @LEXPRESS . Un grand homme de presse nous a quittés aujourd’hui.— Eric Chol (@eric_chol) November 28, 2020

Alain Weil, le patron d’Altice, le groupe qui possède aujourd’hui L’Express, a lui aussi salué un « homme de presse exceptionnel ».

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris la disparition de Jean-Louis Servan-Schreiber. En homme de presse exceptionnel ses conseils nous ont été précieux pour la relance de l’Express. Il y a qq semaines encore en lecteur fidèle il me faisait ses remarques. Merci JLSS.— Alain Weill (@alainweill) November 28, 2020

Un activiste des droits de l’homme

Loin d’être un homme qui se limitait simplement au monde de la presse, Jean-Louis Servan Schreiber a écrit pas moins de 17 livres, dont le dernier, Avec le temps, a été publié en janvier 2020 aux éditions Albin Michel. Une véritable tradition dans sa famille. Interrogé par Paris Match, il expliquait ainsi que sa bibliothèque comptait une petite centaine de livres écrits par le clan Schreiber.

À titre personnel, Jean-Louis Servan-Schreiber s’est aussi investi dans la défense des droits de l’homme. En 2007, il lançait ainsi le comité de soutien de l’organisation Human Rights Watch en France, avant d’intégrer le board international de l’organisation.

TEXTE DE Jean-Louis Servan-Schreiber

« Mais au fond qui suis-je ? »

Suis-je un nom, un métier, des valeurs, des sentiments, une éducation, un savoir ? Tous ces visages suffisent-ils à me définir ? Non, mais j’ai besoin de les reconnaître et de les explorer pour me sentir pleinement exister. Le travail passionnant de toute ma vie. »

« Je ne sais plus comment je m’appelle », entend-on souvent. L’expression à la mode accompagne les stress intenses, les fatigues immenses, les doutes profonds, sans parler des états seconds dus à des excès de substances. Car notre référence centrale sur le monde, c’est bien la conscience que nous avons d’exister, de percevoir, de comprendre, de sentir, de nous faire une opinion sur les autres, sur la situation dans laquelle nous sommes, sur ce qu’il convient de faire maintenant. Que le doute se glisse sur l’un de ces éléments, et le trouble n’est pas loin. Ce que nous sommes, ou pensons être, constitue notre référence de base dans la vie. Mais comment nous définissons-nous à nos propres yeux ?

En voyage, passeport en poche, je suis français. Au pied du berceau, je suis père. Entre les draps, je suis un homme. Au travail, je suis comptable ou commercial. Pendant ce congrès, je suis Peugeot, Danone ou ce que porte ma carte de visite. Ce sont mes rôles successifs, souvent au cours d’une même journée. Ils disent comment on me voit, ce que l’on attend de moi, mais ne sont que quelques-unes de mes mille facettes. A quoi me sert-il d’être français au lit, ou Peugeot pour aider mon enfant à s’endormir ? J’aime la grande musique, je ne me sens pas à l’aise dans les réceptions, nager me procure un grand bien-être, la solitude ne me convient guère. Mes goûts, mes émotions, mes préférences guident en permanence mes choix. Mes désirs m’habitent et m’accompagnent, mais ils ne peuvent suffire à me définir.

Je vote à toutes les élections, il m’arrive de resquiller dans la queue au cinéma, je me sens coupable si j’ai oublié l’anniversaire d’un ami proche, je préfère mentir que de faire de la peine. Mes valeurs tracent souvent mon chemin, y compris de manière contradictoire. J’aurais du mal à les résumer à quelques principes simples. D’autant plus que je ne perçois tel ou tel aspect de moi-même qu’au gré des circonstances. Il m’arrive d’être surpris par une réaction ou un choix qui ne « ressemble pas » à ce que je crois être, mais qui me révèle un aspect de moi passé jusqu’ici inaperçu. Je connais une partie de moi-même et, au fur et à mesure que je vis, je constate, voire découvre, le reste. Une exploration qui ne sera jamais achevée.

Ce que je suis, c’est à la fois ce que je fais, ce que je sens, ce que je sais et ce que les autres voient en moi.Ce dernier élément peut m’encombrer ou me perturber bien plus que de raison. Ne suis-je pas davantage au clair sur ce que j’aimerais que l’on pense de moi, sur l’image que j’aimerais donner, que sur ce qui se passe réellement en moi ? Si j’ai fait ces études, abordé cette carrière, était-ce par goût profond, ou pour faire plaisir à ma famille, pour répondre aux projets que d’autres formulaient pour moi ? Si je suis entré dans cette relation, était-ce de mon propre élan, ou pour répondre au désir de ma partenaire ? On peut passer des années en interrogations – en thérapie pour certains – avant de pouvoir y apporter une réponse claire. Elles sont pourtant essentielles pour nous définir vraiment. Chacun ne commence-t-il pas sa vie en subissant la programmation de l’éducation qu’il reçoit ainsi que des valeurs de ceux qui entourent son enfance ? Que ce soit pour les accepter ou les rejeter, nous ne partons pas d’un vide, mais d’un trop-plein. Parvenir ensuite à trier ce qui « est vraiment nous » de ce que nous acceptons d’être pour les autres, c’est le travail inlassable et passionnant de toute une vie.

Nous ne sommes pas toujours capables de distinguer ce qui relève de notre appartenance et qui motive l’essentiel de nos actions (ma patrie, ma langue, ma famille, ma religion, mon groupe social, mon métier, mon club), ou de notre identité, qui signe notre singularité face à tous les autres (mon corps, mes aptitudes psychiques, mes talents, mes dégoûts). Pas étonnant, donc, que les autres nous identifient à notre appartenance. Le philosophe académicien Michel Serres rappelle que cette confusion peut mener aux plus grands crimes. La Shoah est née de l’assimilation sommaire de millions d’individus à leur seule appartenance au peuple juif. Tous les préjugés viennent de cette erreur. Qui trouve juste ou agréable de se voir catégoriser par l’autre du seul fait d’être une femme ou originaire du Midi ?

Heureusement, je ne passe pas toutes mes journées à m’interroger sur qui je suis ou ce que je suis. Quand tout se passe à peu près bien, que je glisse d’une activité à l’autre, d’un contact à l’autre sans anicroche, je peux me contenter de la définition de l’humoriste Pierre Dac : « Je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne. » Mais la moindre contrariété, le plus petit malaise nous rappelle à ce qui nous plaît ou non, à ce que nous pouvons supporter, à ce que nous espérons. Bref à notre référence de base : nous-même.Pourquoi avons-nous tous besoin de savoir qui nous sommes ? D’abord, pour exister vraiment, pour « vivre à propos », selon la belle expression de Montaigne, et non pas seulement comme il faut. Plus nous savons qui nous sommes, et plus nous légitimons nos désirs et affirmons notre autonomie. Ce qui donne sa force au : « Je veux », c’est la solidité du « je ». Ceux à qui nous le disons le sentent bien et réagissent en conséquence.

Se connaître, comme nous l’enjoint Socrate depuis vingt-cinq siècles, c’est prendre la pleine mesure de ce qui rend notre vie unique et lui donne tout son prix. C’est aussi, paradoxalement, notre meilleure voie de connaissance de l’ensemble de l’humanité. Notre vécu intérieur n’est-il pas notre seule expérience irréfutable de la condition humaine ? Mais la pierre de touche de la connaissance de soi, son expérience la plus pleine, est peut-être l’amour. En m’aimant, l’autre me dit de la façon la plus convaincante et de la manière la plus gratifiante que j’existe. Et si je manque d’amour je ne suis plus aussi sûr de mon existence ni de ma valeur. Car il m’est tout à fait impossible de savoir qui je suis vraiment sans référence à ce que je suis pour les autres. Notre nature, notre singularité ne se concrétisent que dans l’acte créatif, qui est destiné aux autres, ou dans l’échange plus ou moins fructueux avec ceux qui nous entourent. Je ne peux pas me contenter de me définir en fonction d’eux, mais je ne peux pas me passer d’eux pour le faire. Ce doit être ce qui rend la fréquentation des humains nécessaire et, malgré, tout vivable.

ARTICLE

Jean-Louis Servan Schreiber, homme de presse et d’intuitions, s’est éteint à 83 ans.

Challenges

Au soir de cette vie consacrée aux journaux, il nous avait fait l’amitié d’être membre du Comité éditorial de Challenges.

Tous les jours, Jean-Louis Servan-Schreiber se mettait à son bureau et écrivait, pour lui ou la postérité: idées, commentaires, projets… se bousculaient, souvent pour faire la trame d’un livre – il en a écrit dix-sept. Depuis le 28 novembre, il ne s’installera plus devant son ordinateur: Jean-Louis Servan-Schreiber est mort, des suites du Covid-19, à 83 ans.

Cette disparition nous touche particulièrement à Challenges, car Jean-Louis, comme tout le monde l’appelait dans le petit monde de la presse, était membre de notre Comité éditorial. 
Cette structure originale, créée en 2013 était la garante de la ligne éditoriale de Challenges, et comprenait deux personnalités extérieures en plus des membres de la direction de la Société des journalistes. Il avait accepté tout de suite, tant l’indépendance et la pérennité de la presse économique lui importaient, lui qui avait fondé L’Expansion avec Jean Boissonnat, une référence absolue pour toute une génération dans l’univers des magazines à haute valeur ajoutée.La création de L’Expansion en 1967, alors qu’il n’avait pas 30 ans, illustrait déjà combien Jean-Louis avait cette intuition qui ne doit pas faire défaut aux patrons de presse. 

L’Expansion s’est révélé un tel succès sous son format mensuel qu’il a fallu le transformer en bi-mensuel en 1979, tant les lecteurs et la publicité étaient au rendez-vous. Car Jean-Louis n’avait pas seulement l’âme d’un journaliste: il était aussi un dirigeant d’entreprise, épris de marketing et d’innovation, et très soucieux de son compte d’exploitation. Il a su développer autour de la marque L’Expansion toute une flopée de diversifications – La Lettre, les Forums, le Club de conjoncture, même les agendas de L’Expansion… ; mais il a eu aussi le courage d’arrêter rapidement des tentatives infructueuses comme le City-magazine Paris-Hebdo, en 1979.

Un livre « résolument positif »

De même qu’il ne pouvait se passer d’écrire chaque jour chez lui, dans son grand appartement de l’avenue Hoche, il mêlait allégrement projets de presse et vie privée, comme on le faisait dans la famille Servan-Schrieber depuis la réussite de son grand-père Emile, avec Les Echos
C’est ainsi que ses deux plus grandes fulgurances sont nées avec les deux femmes de sa vie: Claude, avec qui il a créé F Magazine en 1978, apparu peut-être un peu trop tôt pour accompagner le mouvement d’émancipation professionnelle des femmes ; et Perla, avec laquelle il a relancé Psychologies, en en faisant de 1997 à 2007, un des dernières cash-machines de la presse magazine.

C’est entouré de l’affection vigilante de Perla que Jean-Louis nous avait reçus il y a un mois, pour se tenir au courant des dernières décisions du Comité éditorial de Challenges, auxquelles il tenait à être associé. 
Cet optimiste invétéré était ce jour-là inquiet des lendemains difficiles promis à la presse magazine, moins apte à profiter des développements digitaux que les quotidiens. Il faut dire que le virus rôdait déjà autour de lui…

« J’ai pris plaisir à écrire ce livre résolument positif, dans une époque qui ne l’est guère, écrivait Jean-Louis sur la jaquette se son dernier ouvrage Avec le temps, publié au début de l’année chez Albin Michel. J’ai appris que, contrairement à ce que chantait Léo Ferré, non « avec le temps… tout ne s’en va pas ». J’ai lancé des journaux, une radio, des livres. 

J’en ai tiré d’intenses satisfactions, mais c’est derrière moi. Les souvenirs ne font pas vivre, la famille, le couple, l’amitié, oui. Ils font le miel de mes années tardives, dont je déguste chaque journée. » La dernière était hier

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