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Budget 2026 : CE QUE L’EXÉCUTIF NE VEUT PAS DIRE, CE SONT 4 « EXPERTS » QUI DEVRONT L’ANNONCER

COUP DE THÉÂTRE :

ALORS QUE LES FONCTIONNAIRES DE BERCY ETAIENT MANDATÉS PAR L’EXÉCUTIF POUR DÉFINIR LES PERSPECTIVES BUDGETAIRES DE 2026

QUATRE « ECONOMISTES » BIEN CHOISIS DEVRONT DONNER LEURS ORIENTATIONS

Le politique ( majorité parlementaire, exécutif ) démissionnent devant l’épreuve qui les oblige à avouer un constat de décombres :

Avec l’appui de l’Inspection générale des Finances, quatre économistes se sont vus confier la mission de dresser un état des lieux des comptes publics. Il s’agit de Xavier Jaravel, président délégué du Conseil d’analyse économique, Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Jean-Luc Tavernier, inspecteur général des finances et ancien directeur général de l’Insee et de Natacha Valla, doyenne de l’École de Management et d’Innovation à Sciences Po.

Comment Bercy veut préparer les Français à l’immense effort de redressement des comptes

TITRE L’OPINION QUI POURSUIT :

Roland Lescure et David Amiel missionnent quatre économistes pour faire la lumière sur l’évolution à venir des finances publiques et les multiples contraintes qui pèsent sur les dépenses

1. ARTICLE – L’étonnante initiative de Bercy pour préparer le budget 2027

Les ministres de l’Economie et du Budget ont demandé à quatre experts indépendants de faire des préconisations d’ici à juillet pour redresser les comptes publics l’an prochain. L’initiative inédite souligne la fébrilité du gouvernement à l’approche d’un budget 2027 impossible.Offrir l’articleAjouter à mes articlesCommenterPartager

Par Sébastien Dumoulin le 26 mai 2026

C’est une initiative « inédite », vante Bercy. Les ministres de l’Economie et du Budget viennent de confier à quatre économistes une mission « indépendante » sur les enjeux de finances publiques à horizon 2030 et sur l’ampleur de l’effort à réaliser dès 2027. Leur rapport, attendu en juillet, sera rendu public, afin de « poser les bases du débat parlementaire avec des données objectives en amont des discussions budgétaires », explique Bercy.

Le calendrier n’est pas innocent. Pour le gouvernement, le budget 2027 s’annonce encore plus difficile que les précédents. D’une part la crise énergétique menace déjà de plomber les comptes publics. D’autre part, la fragmentation du Parlement est exacerbée par l’approche de la présidentielle, ce qui rend tout compromis politique improbable. Comment convaincre députés et sénateurs de voter une loi de finances ambitieuse et ainsi réduire le déficit ? L’exécutif espère que le rapport d’économistes indépendants – sorte de caution académique – pourra justifier l’ampleur des efforts à fournir.

2. ARTICLE -En prévision des débats sur le budget 2027, Bercy missionne 4 économistes pour analyser l’évolution du déficit public à horizon 2030 et proposer en juillet des scénarios de redressement

BFM Paul Louis

Ces quatre experts devront rendre leurs conclusions en juillet afin d’éclairer le débat sur le budget 2027. Ils auront notamment pour mission de proposer une répartition des efforts budgétaires nécessaires entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités.

Entamés il y a déjà plusieurs semaines, les travaux préparatoires du budget 2027 se poursuivent, avec le lancement prochain d’un exercice inédit à l’initiative de Bercy. Alors que le conflit au Moyen-Orient ne fait qu’accroître les inquiétudes sur un nouveau dérapage du déficit public (déjà estimé à 5% du PIB pour fin 2026), le gouvernement a décidé de faire appel à des experts extérieurs pour y voir plus clair.

Avec l’appui de l’Inspection générale des Finances, quatre économistes se sont vus confier la mission de dresser un état des lieux des comptes publics. Il s’agit de Xavier Jaravel, président délégué du Conseil d’analyse économique, Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Jean-Luc Tavernier, inspecteur général des finances et ancien directeur général de l’Insee et de Natacha Valla, doyenne de l’École de Management et d’Innovation à Sciences Po.

Établir des scénarios de redressement des comptes publics

Ces quatre experts devront dans un premier temps établir une projection d’évolution des recettes et des dépenses publiques sur la période 2027-2030. Ils tiendront notamment compte du fait que certaines dépenses sont déjà amenées à augmenter mécaniquement. C’est par exemple le cas des dépenses de protection sociale, et en particulier des retraite, compte tenu de l’évolution démographique du pays, mais aussi de dépenses liées à des engagements pris par l’exécutif (hausse du budget des Armées, investissements dans l’énergie nucléaire…).

Cette première étape aura pour objectif d’identifier les principaux facteurs contribuant à la dégradation des comptes publics, souligne le cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel. Après quoi, les économistes seront chargés de proposer des scénarios permettant de réduire progressivement le déficit, de façon à se rapprocher de l’objectif des 3% actuellement prévu à horizon 2029.

Bercy précise que ces travaux indépendants n’ont pas vocation à faire travailler les experts sur un programme complet de mesures. Ils devront uniquement proposer une répartition des efforts nécessaires entre les trois sphères que sont l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales. Ces efforts devront être présentés en pourcentage du PIB mais surtout en milliards d’euros pour avoir une quantification plus précise et concrète, prévient le ministère.

Nourrir les débats parlementaires

La création de ce club d’experts était une recommandation de la Cour des comptes. Leurs conclusions devront être détaillées dans un rapport qui sera rendu public en juillet, l’idée étant que ce document puisse apporter un éclairage objectif sur l’état des finances publiques aux parlementaires avant l’ouverture des débats sur le budget prévu à l’automne. Une « opération transparence », selon David Amiel, invité de France 5 ce mardi. De son côté, le gouvernement pourra bien entendu se saisir s’il le souhaite de ces travaux pour bâtir son projet de loi de finances 2027.

Rappelons que pour l’heure, en l’absence d’efforts supplémentaires, le FMI juge inatteignable l’objectif de déficit public à 3% du PIB en 2030. L’institution de Washington, qui a appelé la France à « réorienter ses dépenses courantes et sociales vers les dépenses prioritaires, table même sur un trou budgétaire équivalent à 6,1% de la richesse nationale à cet horizon. D’où la nécessité pour le gouvernement de proposer des mesures correctives. Les ministères, à l’exception de la Défense, ont d’ores et déjà été appelés à « diminuer » leurs dépenses pour le budget 2027 et à « maîtriser leurs effectifs » afin de contribuer au respect de la trajectoire budgétaire.

Mais à un an de l’élection présidentielle et alors que l’Assemblée nationale est fragmentée, l’exécutif sait bien qu’il sera très difficile de trouver un consensus. Au point que l’hypothèse d’une reconduction du budget 2026 l’an prochain n’est pas exclue. Mi-avril, le gouvernement a d’ailleurs chargé l’inspection générale des finances (IGF) de plancher sur les conséquences d’un tel scénario, qui s’est déjà produit à deux reprises, en 2025 et 2026, faute d’adoption du budget de l’État dans les temps.

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