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La clé du revenu universel: la citoyenneté

PRESENTATION

Dans le prolongement de notre publication d’hier,

Revenu garanti: Un débat qui s’impose sur une solution qui ne s’impose pas?https://metahodos.fr/2020/12/20/revenu-garanti-a-chacun-un-debat-qui-simpose-sur-une-solution-qui-ne-simpose-pas/

nous vous proposons un SECOND article consacré au revenu garanti, unique ou universel, paru dans La Tribune signé par l’Odissée (*).

Le propos est le suivant:

Le revenu universel relève d’un principe de solidarité universelle et inconditionnelle. D’aucuns estiment qu’il pose un problème de financement insoluble (750€ par mois, soit 405 milliards d’Euros par an pour 45 millions de bénéficiaires). Mais, au-delà de l’aspect financier, il présente un enjeu d’efficacité sociale.

ARTICLE

La clé du revenu universel  : la citoyenneté

l’Odissée  24/09/2020 La Tribune

Le Revenu universel sans contrepartie : un système provisoire

Rendre un service continu gratuit et sans contrepartie à quelqu’un revient à assister la personne sans lui demander de se prendre en charge d’aucune nouvelle façon. Même maigre, si elle est durable, cette aide place le bénéficiaire dans un cocon d’irresponsabilité vis-à-vis de ceux qui l’aident, mais aussi vis-à-vis d’elle-même. Son objectif premier devient l’obtention du bénéfice du prochain acte charitable à son égard afin de maintenir sa condition.

Cette position de dépendance ne suscite pas l’engagement autonome dans le développement et l’épanouissement personnels, l’envie de mieux faire et de plus découvrir. Ce type de soutien relève de la tutelle et atténue le besoin d’exercice de l’esprit critique. Le risque est donc de plonger les acteurs dans l’irresponsabilité intellectuelle. Cela n’est pas acceptable au regard des valeurs républicaines Liberté, égalité, fraternité.

Reproduite à grande échelle, une telle situation de dépendance durable génère une culture de passivité et de résignation dépourvue d’imagination, d’innovation, de volonté, de résilience et de dynamisme. Si toute la population est concernée, c’est le potentiel de transformation et d’épanouissement collectif qui est percuté et, avec lui, le développement culturel, social, économique de la société dans son ensemble. En effet, si certains perçoivent que vivre ensemble revient à échouer ensemble, pourquoi voudraient-ils rester ensemble ? La perception par l’ensemble des parties prenantes d’un meilleur niveau de réussir ensemble s’avère une condition sine qua non du vivre ensemble durable. Sinon, qui serait d’accord pour continuer à aider celui qui se trouve dans la peine alors même que l’aide apportée resterait sans effet durable… ?

Ainsi, le coût du revenu universel est global, pas seulement budgétaire.

 De plus, survient alors un autre type de problème : si la création de richesses nationales est atténuée, les ressources fiscales de l’Etat le sont aussi. Advient alors la nécessité d’augmenter la pression fiscale selon le principe que les plus riches peuvent payer. Or, si ceux qui aident le plus le collectif sentent que leurs personnes ou leurs apports sont mal traités, le risque existe qu’ils s’en détachent

Arrive alors le jour où, sauf à être empêchés, ils partent s’installer sur d’autres territoires qui leur sont plus favorables. L’état se trouve ainsi dans l’impasse : à terme, son manque de réserves le rend incapable de verser l’argent qu’il n’a pas… il ne peut alors plus assurer le Revenu universel. Accorder de telles allocations à tous et sans condition aucune ne peut donc être que provisoire au mieux, destructeur du corps social au pire.

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La condition de la durabilité du revenu universel : l’engagement citoyen

Si les bénéficiaires d’un revenu universel veulent continuer à en bénéficier sur la durée, il leur faut s’assurer de la pérennité du mécanisme de soutien dont ils profitent. Il leur appartient donc de s’assurer, eux aussi, du bon fonctionnement permanent du mécanisme d’aide, donc du bon fonctionnement de l’Etat et de la sauvegarde des équilibres sociaux, économiques et sociétaux. Sans leur vigilance et surtout leur contribution personnelle au système, celui s’affaisse, puis s’arrête ! L’aidé doit donc aider l’aidant à l’aider. Chacun devient alors responsable d’une relation solidaire, et solidaire d’acteurs responsables.

Par ailleurs et surtout, l’utilité durable du revenu universel suppose qu’elle constitue pour la personne aidée une chance non pas seulement de se maintenir, mais aussi et surtout de s’épanouir. Pour cela, il faut qu’elle se saisisse de son propre projet de développement personnel, ce qui suppose d’appliquer des principes immémoriaux simples, de type :

  • Aide-toi, le ciel t’aidera : avancer par soi-même pour se créer des opportunités ;
  • Mieux vaut enseigner comment pêcher que donner un poisson : plutôt construire l’autonomie que faire la charité ;
  • Un pour tous, tous pour un : chacun est responsable du collectif, le collectif est solidaire chacun.

Un projet de développement personnel passe donc par l’engagement au service de soi, mais aussi au service d’autrui.

Quant à lui, le niveau de développement collectif découle de la quantité, de la qualité et de la conjugaison des services rendus les uns aux autres. Pour optimiser l’activation et la convergence des énergies qui produit les synergies, il convient de s’assurer de la reconnaissance de la valeur des apports de chacun pour tous et surtout par tous. Il faut donc chercher à tendre vers la réciprocité des engagements les uns envers les autres afin que chacun puisse trouver son intérêt durable dans le vivre ensemble.

La clé de tout pacte social durable réside donc dans l’articulation pratique de ses deux valeurs indissociables : la solidarité et la responsabilité.closevolume_off

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Valoriser l’engagement citoyen et organiser le débat public

Le revenu universel n’est donc envisageable que s’il est efficace dans la production d’un grand saut qualitatif vers plus d’autonomie des personnes, plus de cohésion sociale et plus de performance globale de toute la société. Il faudrait donc le conditionner au versement par les bénéficiaires d’un contre don porteur de cette transformation sociale et qui soit perçu comme équitable et productif par tous.

La piste consiste à demander à chacun de présenter son profil citoyen. Cette dimension identitaire nouvelle retracerait le parcours citoyen en deux dimensions : les engagements au service des autres, la participation à des débats publics. Ce Cv citoyen, à mi-chemin entre la carte d’identité et le Cv professionnel, constituerait un document officiel.

Resterait alors à recenser les travaux d’intérêt général pour lesquels l’équation économique demeure impossible et pour lesquels il serait donc alors possible de demander aux bénéficiaires-citoyens d’y consacrer quelques heures à temps partiel. Les projets territoriaux et associatifs ne manquent pas : tous ont besoin de têtes et de jambes complémentaires ; ils devraient quasiment tous parfois faire l’objet de dialogues ouverts à toutes les organisations publiques et privées qu’ils concernent.

 Dans ces conditions, devenu inséparable d’une dynamique de débat public et de mobilisation du citoyen pour la cité, le revenu universel relèverait alors de la fondation d’une société nouvelle, dans laquelle chacun connaitrait et consentirait à assumer son rôle nouveau dans un contrat social de solidarité et de responsabilité renouvelé : chaque français responsable de tous les français.

Si la clé du revenu universel est son lien à la citoyenneté active, ce revenu universel citoyen pourrait donc être la clé de la construction d’un nouvel étage de citoyenneté, de démocratie et de République et d’une nouvelle ère de performances durables !

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(*) comment l’Odissée se présente

« Afin d’éviter les écueils des faux dialogues générateurs de suspicion, de rupture et de conflits, La Tribune ouvre ses colonnes à l’Odissée. Pilotée par son directeur et expert de la dialectique, Jean-François Chantaraud, une chronique hebdomadaire « Ne nous fâchons pas ! » est publiée dans le journal.

L’Odissée, l’Organisation du Dialogue et de l’Intelligence Sociale dans la Société Et l’Entreprise, est un organisme bicéphale composé d’un centre de conseil et recherche (l’Odis) et d’une ONG reconnue d’Intérêt général (les Amis de l’Odissée) dont l’objet consiste à « Faire progresser la démocratie dans tous les domaines et partout dans le monde ».

Depuis 1990, l’Odissée conduit l’étude interactive permanente Comprendre et développer la Personne, l’Entreprise, la Société. Dès 1992, elle a diffusé un million de Cahiers de doléances, ce qui l’a conduit à organiser des groupes de travail regroupant des acteurs des sphères associative, sociale, politique, économique qui ont animé des centaines d’auditions, tables rondes, forums, tours de France citoyens, démarches de dialogue territorial et à l’intérieur des entreprises. »

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