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Les « violences de la démocratie »…: Macron « a osé comparer » les gilets jaunes avec l’invasion du Capitole et les mettre en accusation – pêle mêle – avec réseaux sociaux et partis.

BILLET

Défendre la démocratie… contre les violences:

Macron « a osé comparer » les gilets jaunes avec l’invasion du Capitole et les mettre en accusation – pêle mêle – avec réseaux sociaux et partis.

UNE COMPARAISON « TRES OSEE » – « PLUS QUE DOUTEUSE » – « TRES MALDROITE » – « UNE DERAISONNABLE EXPOLITATION POLITIQUE« …peut on lire ici ou là

« Lors d’un entretien avec un think tank américain, le président de la République a osé une analogie entre les deux événements, déplorant un “nouveau mode de vie” basé sur la violence« , écrit Valeurs Actuelles dans un article intitulé :

“La nouvelle violence dans nos démocraties” : Macron compare l’invasion du Capitole américain au mouvement des “gilets jaunes”

Nous vous proposons cet article après notre présent BILLET.

« 2018 en France, 2021 aux Etats-Unis : voilà en effet la nouvelle violence dans nos démocraties, largement liée à ces réseaux sociaux « , a-t-il regretté au terme d’un long raisonnement. «C’est un nouveau mode de vie», a indiqué M Macron.

Eviter les amalgames et les anathèmes qui stimulent le populisme

Après l’invasion historique du Capitole par des militants pro-Trump alors que le Congrès entamait la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, peut on comparer avec les Gilets Jaunes ?

Les images ont choqué le monde entier le mercredi 6 janvier, lorsque le Capitole, siège du congrès américain, a été envahi par des partisans de Donald Trump qui ont interrompu la cérémonie de certification de la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine. Des militaires de la Garde nationale ont été envoyés sur place, des bâtiments ont dû être évacués, des coups de feux ont été tirés, une femme est décédée dans le Capitole…

Ces scènes chaotiques sont “une agression sans précédent contre la démocratie”, selon les termes utilisés par le président-élu des États-Unis Joe Biden.

Largement commenté en France, cet événement a parfois été comparé à ceux que nous avons connu lors des manifestations des Gilets Jaunes. Saccage de lieux symboliques, intrusion dans un ministère en enfonçant la porte avec un chariot élévateur, tentative de pénétration de force à l’Assemblée nationale, incendie d’une préfecture, affrontements très violents avec les forces de l’ordre… autant d’attaques à l’encontre du gouvernement et de la démocratie qui ont poussé certains observateurs à faire le lien entre les deux événements, à l’instar de Prisca Thévenot, porte-parole d’En Marche, sur les antennes de BFM TV ce jeudi matin.

Le député Jean Lassalle n’a pas non plus hésité à faire le parallèle entre ces militants pro-Trump et les Gilets Jaunes qui “étaient aux portes de l’Élysée”, dans une série de tweets critiquant l’attitude d’Emmanuel Macron face à la situation.

Comment ne pas voir que c’est l’insuffisance de démocratie – et ses dysfonctionnements – qui qui crée l’incompréhension ou la contestation, , la résignation ou la colère, la peur ou la violence, de certains de nos concitoyens ?

Comment ne pas voir que notre démocratie est déclassée dans les trois classements mondiaux relatifs aux démocraties (et dans l’autre comparaison internationale sur la gestion de crise) ( voir nos articles sur ces quatre classements)

Si les images venues des États-Unis peuvent paraître similaires à celles que nous avions pu observer lors de certaines manifestations des Gilets Jaunes, il est important de resituer les événements.

Deux mouvements que tout oppose

À Washington, les militants qui se sont retrouvés devant le Capitole répondaient à l’appel de Donald Trump de contester la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle. Le mouvement des Gilets Jaunes est tout le contraire : la mobilisation historique naît d’une pétition lancée par des citoyens pour dénoncer une hausse des taxes sur l’essence. Rien de politique donc à l’origine, contrairement aux États-Unis.

Les premières mobilisations, à Paris notamment, montre que les gilets jaunes étaient avant tout un mouvement apolitique, où s’y côtoyaient notamment des symboles d’extrême droite comme d’extrême gauche.

Contrairement aux Gilets Jaunes, ces militants américains défendent une idéologie, à savoir une idéologie d’extrême-droite avec notamment plusieurs suprémacistes blancs, comme le prouvent les symboles néofascistes observés lors de cette attaque.

Des mouvements radicaux

Parmi les militants pro-Trump qui ont fait irruption au congrès américain, il y avait comme lors des manifestations des Gilets Jaunes de nombreux groupuscules différents. Mais ceux qui ont agi à Washington (QAnon, Proud Boys, Wotanistes, Keystone United, National Socialist Movement, Blue Lives Matter…) sont des mouvements d’extrême droite ou qui en sont proches. Aucun symbole de l’extrême-gauche ne semble avoir été observé à Washington.

Des contextes différents


Aux États-Unis, cette attaque historique est arrivée à un moment bien précis : lors de la certification de la victoire de Joe Biden et du parti démocrate à l’élection présidentielle. Il s’agit donc d’un mouvement de contestation contre une prise de pouvoir avec des militants qui n’acceptent pas la défaite républicaine.

En France, l’une des revendications principales des gilets jaunes montre à quel point le mouvement était différent des États-Unis. En réclamant majoritairement le RIC (Référendum d’initiative citoyenne), les gilets jaunes réclamaient davantage de démocratie, au contraire des manifestants à Washington qui s’opposent à un processus démocratique.

Le mouvement des gilets jaunes, très hétéroclite dans sa composition, a rassemblé plus d’un million de personnes venu de tous horizons à travers toute la France contre plusieurs milliers de pro-Trump du côté des États-Unis.

Quelques points communs sont cependant notables

en termes d’organisation. Les appels à la violence se sont notamment multipliés en ligne plusieurs jours à l’avance. Mais il est important de souligner que cette manière de faire n’est plus rare à l’heure où de très nombreuses manifestations s’organisent sur les réseaux sociaux.

Si on peut trouver des similitudes entre ces militants pro-Trump et certains gilets jaunes en termes de motivations, à savoir contester le gouvernement en s’en prenant à symboles forts de la nation, le contexte et l’identité des manifestants en font deux mouvements difficilement comparables.

« Énorme différence entre l’invasion du Capitole et les Gilets jaunes alors que Emmanuel Macron les relie »,

déclare Philippe BILGER sur Twitter. « Pour la première refus violent de de la démocratie Pour les seconds désir d’une meilleure vie et de plus de démocratie avec parfois des débordements violents. »

Un chef d’Etat peut il ainsi, une nouvelle fois, stigmatiser des citoyens en colère ?

Là est la question, en démocratie, l’écoute, la considération, le dialogue doivent toujours primer. Sauf à vouloir envenimer la situation de conflit et se faire représentant de l’ordre et de l’autorité…et concurrencer sur son terrain l’adversaire désigné : le FN.

Comment ne pas voir qu’il est de moins en moins crédible de faire des réseaux/médias sociaux les responsables de tous les maux ?

Pour Emmanuel Macron, les réseaux sociaux ont un effet dévastateur qui se répercute par la hausse de la violence dans nos démocraties.

« 2018 en France, 2021 aux Etats-Unis : voilà en effet la nouvelle violence dans nos démocraties, largement liée à ces réseaux sociaux » dit le locataire de l’Elysée.

Il estime que les réseaux sociaux, en faisant la « promotion de vocables durs » et « du conflit », ont changé la « nature de ce que devrait être le débat démocratique » d’après lui.

Pour les « gens normaux »…curieuse perception, nouveau concept, nouvelle confusion ?

« Pour les gens normaux, c’est inacceptable et ils attendent de nous que nous fassions cesser de telles violences. Mais cela devient très difficile quand cette violence est perçue par beaucoup de gens comme étant légitime. Et c’est exactement ce que nous vivons », juge-t-il.

Lire l’article de Valeurs Actuelles qui décrit les déclarations présidentielles

ARTICLE

“La nouvelle violence dans nos démocraties” : Macron compare l’invasion du Capitole américain au mouvement des “gilets jaunes”

5 février 2021 Valeurs Actuelles

Lors d’un entretien avec un think tank américain, le président de la République a osé une analogie entre les deux événements, déplorant un “nouveau mode de vie” basé sur la violence. 

Réputé, depuis le début de son quinquennat, pour ses petites phrases qui ont le don d’enflammer le débat, Emmanuel Macron a récidivé. Lors d’un entretien avec le think tank américain Atlantic Council, auquel il s’est longuement confié en anglais, le président de la République a en effet dressé une analogie qui risque de faire parler, rapporte notamment BFMTV, le 4 février.

Alors qu’il évoquait la violence dans notre société, accentuée par les réseaux sociaux, le chef de l’Etat a tout simplement comparé le mouvement des « gilets jaunes »… à l’invasion du Capitole le 6 janvier dernier, à Washington D.C. 

« Un grand changement anthropologique »


« 2018 en France, 2021 aux Etats-Unis : voilà en effet la nouvelle violence dans nos démocraties, largement liée à ces réseaux sociaux », a-t-il regretté au terme d’un long raisonnement. « C’est un nouveau mode de vie », a-t-il ajouté. Emmanuel Macron semble ici avoir oublié que les « gilets jaunes » étaient avant tout un mouvement social, protestant contre la précarité et les conditions de vie d’une partie des Français, là où l’invasion du Capitole n’était qu’un mouvement de révolte plus ou moins spontané d’une partie du peuple américain. 

« Je pense d’abord que la violence, la haine, la xénophobie sont de retour dans nos sociétés », avait expliqué le président en amont de cette déclaration. « Et je pense que c’est tout nouveau. C’est poussé et légitimé par certains groupes politiques et pour moi, il s’agit d’un grand changement anthropologique », a-t-il poursuivi.

Ce climat de violence, Emmanuel Macron le voit d’ailleurs comme un défi. « Pour les gens normaux, c’est inacceptable et ils attendent de nous que nous fassions cesser de telles violences », a-t-il martelé, faisant un usage au mieux maladroit du terme « normal » dans ce raisonnement. « Mais cela devient difficile quand cette violence est perçue par beaucoup de gens comme étant légitime. Et c’est exactement ce que nous vivons », a conclu le chef d’Etat sur le sujet. 
 

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