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VIVRE EN POÍĒSIS : CHARLES BAUDELAIRE, 200 ANS. « L’UNIVERS MOINS HIDEUX ET LES INSTANTS MOINS LOURDS »

 

DÉCADENT, RÉVOLUTIONNAIRE, RÉACTIONNAIRE, CLASSIQUE, CHRÉTIEN, MODERNE …

En ce mois d’avril, à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, France Culture s’est intéressé à l’oeuvre du poète Charles Baudelaire, né à Paris le 9 avril 1821.

Charles Baudelaire 200 ans de poésie 

Le recueil, nous rappelle France Culture, auquel il travailla toute sa vie, Les Fleurs du Mal, le place au Panthéon des poètes français. Charles Baudelaire aurait dit à son éditeur au moment de sa publication :  

» Dans ce recueil, je veux mettre toute ma haine et mon dégoût de toutes choses, comme une explosion de gaz chez un vitrier ».  

Admiré par Rimbaud et Verlaine, il cultiva toute sa vie le paradoxe, fustigeant le culte du progrès, tout en faisant entrer la modernité en poésie, dans ses thèmes et dans ses formes. Décadent, révolutionnaire, réactionnaire, classique, chrétien, moderne… les images successives et contradictoires du poète se superposent ;  

» Je suis la plaie et le couteau ! / Je suis le soufflet et la joue ! / Je suis les membres et la roue, / Et la victime et le bourreau. »

 « L’univers moins hideux et les instants moins lourds »

 » La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable » écrit-il dans  Le Peintre de la vie moderne. Comment être poète dans un monde sans idéal ? Et comment imaginer une beauté moderne qui ne serait plus dépositaire de l’idée de l’absolu ?

« Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère ! »

En vers et avec tout

Proposé par Oriane Delacroix

Du temps que la Nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,
Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.

J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son coeur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d’une montagne.

Charles Baudelaire, « La Géante » dans Les Fleurs du Mal.

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