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DÉDIABOLISER LE POPULISME POUR MIEUX LE CANALISER : « UN POPULISME DE MEILLEURE QUALITÉ »

LE POPULISME SE NOURRIT DU FOSSÉ CULTUREL GRANDISSANT ENTRE UNE ÉLITE DE DIPLÔMÉS ET LES CLASSES POPULAIRES

Pour « un populisme de meilleure qualité« . Telle est la thèse de David Van Reybrouck, à propos duquel nous avons déjà publié: Cela présuppose une meilleure représentation des classes populaires au Parlement.

RELIRE DAVID VAN REYBROUCK : UNE DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE NON-ÉLECTIVE. https://metahodos.fr/2021/04/24/manifeste-pour-une-democratie-representative-non-elective/

DAVID VAN REYBROUCK, ICONOCLASTE ? « LES ÉLECTIONS N’ONT JAMAIS ÉTÉ CONÇUES POUR ÊTRE DÉMOCRATIQUES » https://metahodos.fr/2021/05/01/david-van-reybrouck-les-elections-nont-jamais-ete-concues-pour-etre-democratiques/

L’essai de David Van Reybrouck – « Plaidoyer pour un populisme », David Van Reybrouck, éditions Samsa – paru initialement en 2008, plusieurs fois primé depuis et dont la traduction en français* est disponible depuis peu. Voici l’article de Jean Paul Bombaers à ce propos.

ARTICLE

DÉDIABOLISER LE POPULISME POUR MIEUX LE CANALISER

JEAN-PAUL BOMBAERTS 01 janvier 2020  L’ECHO

Pour l’historien flamand David Van Reybrouck, le populisme d’aujourd’hui se nourrit du fossé culturel grandissant entre une élite de diplômés et les classes populaires. Plutôt que d’ignorer le phénomène, il prône un populisme de meilleure qualité.

Pourquoi les personnes hautement éduquées s’interdisent-elles des plaisanteries sur les allochtones mais prennent-elles en revanche un vif plaisir à se moquer des provinciaux obèses en bermuda qui se promènent sur la digue de Blankenberge, tatouage sur l’épaule et cornet de frites à la main? C’est la question que pose l’écrivain et historien flamand David Van Reybrouck dans un essai sur le populisme, paru initialement en 2008, plusieurs fois primé depuis et dont la traduction en français* est à présent disponible. Il était temps, car cet essai prophétique n’a rien perdu de son actualité.Il ne faut pas moins de populisme mais un populisme de meilleure qualité.

Plutôt que d’assimiler le populisme à une maladie, David Van Reybrouck invite à le dédiaboliser, à le prendre au sérieux, avec empathie, afin de mieux le canaliser. Dénigrer ou nier le phénomène ne fera que le renforcer, prévenait-il déjà en 2008. On a vu ce que cela a donné depuis…CONSEIL

Fracture sociale

Il explique comment notre société est traversée par une nouvelle fracture sociale, non plus entre catholiques et libres-penseurs ou entre socialistes et libéraux, mais entre les diplômés et les peu scolarisés. Entre les deux, il y a un « fossé culturel ». Il observe qu’au Parlement siègent 93% d’universitaires alors qu’ils ne sont que 8% parmi la population. Étrange pour une démocratie qui se dit représentative.La gauche se préoccupe d’un nouveau groupe de nécessiteux, plus délaissés encore: les migrants. Ce tournant a scellé pour de bon le divorce entre l’élite et le prolétariat autochtone.

Il dénonce l’élite cosmopolite qui impose ses choix culturels et éthiques à la classe inférieure et qui considère avec dédain le peuple qui se nourrit d’émissions de divertissement à la télé. Bien sûr, il y a toujours eu des gens moins instruits. Mais aujourd’hui, le cadre sociétal a profondément changé. Avec la disparition des fameux « piliers » sociologiques qui structuraient autrefois la société, l’ascenseur social se retrouve désormais en panne, ce qui ne fait que renforcer le sentiment d’exclusion au sein d’une partie de la population.

Au temps de la pilarisation, les très scolarisés et les peu scolarisés dialoguaient entre eux. Aujourd’hui, la société d’en haut et celle d’en bas ne se fréquentent plus. Van Reybrouck prend le critère de l’internuptialité comme baromètre de la mixité sociale. « Il y a un demi-siècle, il était inconcevable qu’un catholique épouse une socialiste (et vice-versa), mais qu’un médecin épouse une infirmière était un phénomène très courant. Aujourd’hui, le niveau de formation est devenu le critère le plus important. »

Les errements de la gauche

Au passage, il règle son compte à la gauche classique qui « a laissé tomber l’ouvrier autochtone ». « La gauche se préoccupe d’un nouveau groupe de nécessiteux, plus délaissés encore: les migrants. Ce tournant a scellé pour de bon le divorce entre l’élite et le prolétariat autochtone. »Dénigrer ou nier le phénomène ne fera que le renforcer.

Pour Van Reybrouck, « il ne faut pas moins de populisme mais un populisme de meilleure qualité ». Ce qui présuppose une meilleure représentation des classes populaires au Parlement. Ce qui implique aussi de savoir « distinguer les griefs légitimes des propositions politiques fumeuses de certains ». Il préconise par ailleurs « un populisme qui trouve un cosmopolitisme déraciné tout aussi problématique que le nationalisme borné, qui considère le phénomène migratoire non seulement du point de vue des nouveaux-venus mais aussi de celui des déjà-établis ».

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