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«LE PIRE DE LA POLITIQUE SPECTACLE» – SUITE 1 – « FACE A BABA, DEBAT BAS DU FRONT »

Zemmour chez Hanouna : face à Baba, débat bas du front
Zemmour invité chez Hanouna.
Capture d’écran C8

NOUVEL EPISODE DE SPECTACLE MEDIATIQUE : Zemmour chez Hanouna

Suite à l’émission de LCI du 9 DECEMBRE : « LE PIRE DE LA POLITIQUE SPECTACLE »; JOURNALISTES ET POLITIQUES, VIOLENCE ET HAINE https://metahodos.fr/2021/12/14/lemaire-semoir/

NOUS ECRIVIONS

En ne cessant de s’invectiver lors du débat, Bruno le Maire et Éric Zemmour, ont montré une piètre image de la politique, déplore Maxime Tandonnet dans l’article du Figaro. Selon lui, LREM cherche à réactiver la candidature Zemmour en perte de vitesse afin d’enrayer la percée de Valérie Pécresse dans let agressivités sondages.

« La déontologie des animateurs d’un débat politique ne suppose-t-elle pas un minimum de neutralité ? »

« Le débat télévisé …. du 9 décembre fut l’exemple même de ce que les Français ne veulent plus voir en politique, écrit l »auteur de l’article proposé, qui poursuit « Comment des hauts responsables peuvent-ils prétendre lutter contre la violence urbaine ou la délinquance, quand eux-mêmes donnent, devant des millions de personnes, l’exemple d’un tel niveau de haine et d’agressivité ? Or, le 9 décembre au soir, les téléspectateurs français ont bien assisté au pire de la politique spectacle« 

« Les deux animateurs venaient en renfort zélé de Bruno Lemaire pour couper la parole à Éric Zemmour et tenter de le déstabiliser. La déontologie des animateurs d’un débat politique ne suppose-t-elle pas un minimum de neutralité ? »

CYRIL HANOUNA S’ESSAYE EN POLITIQUE

VOIR NOTRE PRÉCÉDENTE PUBLICATION :

Cyril Hanouna signe un « manifeste politique » HuffPost. Devra-t-il choisir entre ses 4 « casquettes »? – maj – https://metahodos.fr/2021/10/07/cyril-hanouna-signe-un-manifeste-politique-huffpost-devra-t-il-choisir-entre-ses-4-casquettes-maj/

Nous écrivions dans la seconde publication :

LA « POLITIQUE SPECTACLE » DE HANOUNA PEUT-ELLE PESER DANS LA CAMPAGNE ? C’est la question que pose Telerama :

« »L’animateur star de C8 se rêve désormais en héraut des “oubliés” de la République. Sa politique spectacle peut-elle peser dans la campagne ?

« »«Oh non pas elle ! » Quand Anne Hidalgo apparaît à l’image, le 8 septembre dernier dans Touche pas à mon poste, sur C8, Cyril Hanouna lève les yeux au ciel. « On peut être de gauche… Mais tout sauf Anne Hidalgo ! » cingle-t-il. Voilà des mois qu’il étrille en direct la maire de Paris pour ses travaux dans la capitale. Même si, devant 1,4 million de fidèles en moyenne, il répète à l’envi : « Ici, on ne fait pas de politique. » Sa rentrée, pourtant, n’en a jamais eu autant la couleur.

« »En coulisse, l’animateur de 47 ans planche depuis des mois sur une nouvelle émission, classée top secret, dans laquelle il rêve de recevoir tous les prétendants à l’Élysée. Au sein de ses équipes, plusieurs noms circulent : Face aux Français, À vous de voter… Le dispositif n’est pas encore au point — on parle d’un public équipé de boîtiers électroniques, appelé à se prononcer en direct sur les propositions — mais le plateau est choisi : ce sera celui de Canal football club, 1 000 mètres carrés, le plus vaste du groupe Canal+. Hanouna voit grand. »«

HANOUNA, ANIMATEUR DE DIVERTISSEMENT, CONSEILLER, AUTEUR D’UN LIVRE PARTISAN, CANDIDAT ANIMATEUR DE LA CAMPAGNE : DEVRA T IL CHOISIR ?

On le savait proche de Mme Macron et du président, le voici en confiance et confidence avec Christophe Barbier dont on connait les préférences politiques. Comment cela peut il, dans la campagne présidentielle qui est bien ouverte, être compatible avec les autres casquettes de l’animateur ?

LE 16 DECEMBRE SUR C 8 : séquences à tour de rôle complaisantes puis outrancières

« Organisé autour d’un dispositif bancal, l’émission de Cyril Hanouna, censée représenter l’aboutissement de sa notabilisation médiatique, n’a été qu’une alternance de séquences à tour de rôle complaisantes puis outrancières, lors desquelles un Eric Zemmour plus polémiste que politique n’aura hélas jamais été vraiment inquiété. » écrit Louis Nadau dans Marianne que nous reproduisons.

… »Le néophyte de la politique n’aura eu qu’à ressortir sa panoplie de polémiste pour traverser sans encombre une émission mal conçue et mal conduite, mais très regardée« 

… »Entre deux célébrations de la « liberté totale » dont jouiraient les équipes du groupe Canal – coucou iTélé –, on apprend ainsi que Cyril Hanouna est « l’un des plus grands démocrates du pays », tandis que Gilles Verdez sort pour l’occasion sa brosse à reluire modèle deluxe, en demandant à Hanouna s’il « sent[ait] l’importance qu’il pren[ait] en tant que journaliste politique et qu’animateur »…« 

VOIR AUSSI NOS DEUX AUTRES PUBLICATIONS DU 13 DECEMBRE:

«DÉMOCRATIE A REVIVIFIER». HORS DU SHOW DES SONDAGES ET DES MÉDIAS ? Marc Humbert https://metahodos.fr/2021/12/13/democratie-a-revivifier/

LIRE «LA SOCIÉTÉ HYSTÉRISEE» Jonathan Curiel https://metahodos.fr/2021/12/13/lire-la-societe-hysterisee/

ARTICLE

Zemmour chez Hanouna : face à Baba, débat bas du front

Par Louis Nadau, Publié le 17/12/2021, Marianne

Organisé autour d’un dispositif bancal, l’émission de Cyril Hanouna, censée représenter l’aboutissement de sa notabilisation médiatique, n’a été qu’une alternance de séquences à tour de rôle complaisantes puis outrancières, lors desquelles un Eric Zemmour plus polémiste que politique n’aura hélas jamais été vraiment inquiété.

Entre clashs et caresses, le candidat Eric Zemmour aura finalement passé une soirée tranquille. Ce jeudi 16 décembre, pour la première de « Face à Baba », le rendez-vous présidentiel de C8 animé par Cyril Hanouna – si si –, le néophyte de la politique n’aura eu qu’à ressortir sa panoplie de polémiste pour traverser sans encombre une émission mal conçue et mal conduite, mais très regardée. Avec plus de deux millions de téléspectateurs, la diffusion des idées du candidat y gagne ce que sa stature présidentielle y perd. L’émission de Cyril Hanouna, censée être l’aboutissement de l’opération de notabilisation de « Baba », manque quant à elle sa cible : plus « trash » que « cash », elle n’aura pas accouché de ces « moments de télé incroyables » tant espérés par l’animateur en guise de débat d’idées.

A LIRE AUSSI : Hanouna te touche, Dieu te guérit : on a lu « Ce que m’ont dit les Français »

Le dispositif de l’émission de C8 – propriété du très conservateur Vincent Bolloré, également patron de la chaîne CNews où officiait naguère Eric Zemmour – semble avoir été taillé sur mesure pour l’info-spectacle : dix « matchs », dix interlocuteurs en face du candidat, et autant de possibilité de dérapages plus ou moins contrôlés. Ça tombe bien, depuis l’époque d’« On n’est pas couché », Eric Zemmour maîtrise parfaitement cet exercice médiatique, contrairement à ceux, plus calibrés, de l’interview au journal de 20 Heures ou de la matinale radio. Promis juré, on en aurait pour notre argent.https://645622f2cba814c2e2242dee2ad227c2.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

QUART D’HEURE FLAGORNEUR

Le numéro de « Touche Pas à Mon Poste » précédant « Face à Baba », en grande partie consacré à l’émission, est d’ailleurs là pour faire monter la mayonnaise, et faire mousser la star de C8. Entre deux célébrations de la « liberté totale » dont jouiraient les équipes du groupe Canal – coucou iTélé –, on apprend ainsi que Cyril Hanouna est « l’un des plus grands démocrates du pays », tandis que Gilles Verdez sort pour l’occasion sa brosse à reluire modèle deluxe, en demandant à Hanouna s’il « sent[ait] l’importance qu’il pren[ait] en tant que journaliste politique et qu’animateur »…

Passé le quart d’heure flagorneur, voici enfin l’émission proprement dite : suivant une conception toute personnelle du pluralisme, Cyril Hanouna a choisi de diviser le casting en deux camps, pro et anti Zemmour. Un dispositif totalement bancal, débouchant sur une alternance de séquences complaisantes, puis outrancières. Tapis rouge, colère noire, et ainsi de suite. Côtés pros, on se souviendra (pas en bien), de l’intervention d’Eric Naulleau. L’animateur, Cyril Hanouna, fait de la déco pendant cet échange d’amabilités entre les deux amis. Il n’est plus question de politique, mais de la nature des relations personnelles entre Zemmour et la Boétie, venu défendre « le monstre » et assurer qu’il n’est « pas raciste ».

A LIRE AUSSI : Eric Zemmour sur CNews : avant l’épisode Bugeaud, dix jours d’escaladehttps://645622f2cba814c2e2242dee2ad227c2.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Hélas, l’émission tombera encore plus bas lors du passage de l’animatrice de l’émission de CNews « Face à l’Info », Christine Kelly. L’arène politique se transforme en salon de thé lorsque Cyril Hanouna demande à Eric Zemmour « Quand on vous a dit que vous alliez faire équipe avec Christine Kelly tous les jours, vous la connaissiez ? Vous avez tout de suite dit oui ? Comment ça s’est passé la première rencontre ? » Ça promet pour le débat d’entre-deux-tours… Christine Kelly décroche pour sa part la palme de la courbette en louant les mérite d’un Zemmour « puits de connaissance, toujours souriant, sérieux sans se prendre au sérieux », « droit », d’une « intelligence supérieure », qui « cache sa sensibilité et son affectivité ». L’animatrice de CNews avait heureusement pris soin de préciser, au début de son intervention, qu’elle n’était « ni pour, ni contre » Eric Zemmour, mais « journaliste ». Le casting des fanzouzes zemmouristes était complété par Stanislas Rigault, président de Génération Z, et par Charlotte d’Ornellas, journaliste de Valeurs Actuelles venue servir sur un plateau d’argent les questions politiques permettant à Eric Zemmour de se démarquer de Marine Le Pen.

ASSAUT FRONTAL

Passons aux antis, dont le choix n’était hélas guère plus inspiré : Mathieu Kassovitz (dont l’intervention se limitera à une question vidéo, l’acteur ayant été testé positif au Covid-19), l’essayiste Aymeric Caron, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, le chroniqueur de TPMP Karim Zéribi et le député LFI Alexis Corbière. Ceux-là sont venus débusquer la bête immonde et afficher leur révulsion pour l’extrême droite. Confrontant Eric Zemmour à la photo d’Aylan, enfant émigré noyé dans la Méditerranée, Aymeric Caron conclut son intervention en se demandant si l’ancien éditorialiste du Figaro « fait encore partie de l’humanité ». Face à lui, Eric Zemmour multiplie les tours de passe-passe, enchaînant « punchlines » (« Caron a de la tendresse pour les moustiques, moi j’en ai pour les Français ») et gimmicks (« Ben voyons ! ») destinés à ses adorateurs.

Alexis Corbière hausse quant à lui le ton sur la « stigmatisation de la Seine-Saint-Denis », l’innocence du capitaine Dreyfus et le rôle de Pétain dans la déportation et l’extermination des juifs, pendant que Zemmour parle de Lénine, de Robespierre et des « centaines millions de morts » du communisme. Le pugilat verbal, mêlant les invectives personnelles aux poncifs éculés des débats entre gauche radicale et extrême droite, tourne franchement en rond. Tandis que Karim Zéribi sonne la charge sur l’identité, valeurs républicaines en bandoulière, Elisabeth Moreno confronte Eric Zemmour à ses écrits à propos des femmes « butins » et de leur absence supposée de génie…https://645622f2cba814c2e2242dee2ad227c2.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

A LIRE AUSSI : Débattre ou non avec Zemmour ? Chez LFI, des principes à géométrie variable

Tout cela est bel et bon, mais ces assauts frontaux, s’ils espéraient éloigner les électeurs indécis du vote d’extrême droite, étaient voués à l’échec. Sur chacun de ces thèmes, le leader de Reconquête a des réponses prêtes à l’emploi, un discours rodé et cohérent. Identité, grand remplacement, immigration, conservatisme et rejet violent de « l’idéologie LBTQ » et du « wokisme » sont son fonds de commerce, sur lequel il est systématiquement interrogé. Sans adhérer le moins du monde aux thèses d’Eric Zemmour, force est des constater que ses opposants dans « Face à Baba » ne sont pas parvenus à le prendre en défaut sur sa logique interne. Là encore, le « journaliste politique » Hanouna est transparent, et se contente de passer les plats. « Le grand remplacement, vous en pensez quoi ? », demande-t-il par exemple à Elisabeth Moreno. Et le racisme, pour ou contre ?

En sortant de l’émission, le téléspectateur aura eu des décibels et des visages hargneux à se mettre sous la dent, mais le citoyen n’est pas plus avancé sur les idées du candidat à l’élection présidentielle. Alors que 23 heures sonnaient, pas un mot n’avait encore été prononcé sur l’économie, le pouvoir d’achat, l’emploi, les retraites, la dette, l’énergie, les relations internationales, la défense, l’écologie, la fiscalité, l’éducation, la santé, l’agriculture, la culture, les transports, etc. Il aura fallu attendre la fin d’émission pour expédier en deux fois dix minutes l’économie avec Éric Revel et la santé avec le médecin Mathias Wargon. Cyril Hanouna aura toutefois pris le temps de préciser que ce dernier « était allé faire pipi » pendant la coupure pub. Du temps d’antenne bien utilisé.

Par Louis Nadau

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