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LE PRINCE DE MACHIAVEL, CONSEILS D’UN « POLITICIEN RATE »… A DES POLITICIENS EN MAL DE VALEURS ET PRINCIPES ?

Emission

“Le Prince” de Machiavel, conseils d’un politicien raté

LE 20/12/2021 France culture

Réécouter “Le Prince” de Machiavel, conseils d’un politicien raté par Géraldine Mosna-Savoye et Adèle Van Reeth

L’expérience personnelle de l’échec est-elle ce qui a permis à Machiavel non seulement d’écrire « Le Prince », mais surtout de penser au mieux la manière dont une république doit éviter l’échec ?

Portrait posthume de Nicolas Machiavel, par Santi di Tito, Palazzo Vecchio, Florence• Crédits : WikicommonsSi l’injonction à réussir est insupportable, l’injonction à rebondir après des échecs l’est peut-être encore plus. Y voir des bienfaits, en profiter, en tirer des leçons rend l’échec encore plus douloureux. Et si je ne parvenais pas à m’en remettre, et si je n’en faisais rien, et si je ratais même mes échecs ?

*Heureusement, nous pouvons compter sur les philosophes pour ne pas réussir, en tout cas sur quatre philosophes qui, loin de s’en remettre, ont traqué, scruté, exploré l’échec sous toutes ses formes, faisant de lui non pas la condition nécessaire pour rebondir, mais une dimension constitutive de nos existences.

Coups durs, errances de l’âme, limites de notre raison… Nietzsche, Saint Augustin, Kant et Machiavel se sont égarés, trompés, plantés, foirés. Et l’ont raconté… Grâce leur soit rendue !

L’invité du jour : Sandro Landi, historien, professeur à l’université Bordeaux Montaigne, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme de Bordeaux

Un traité politique fondé sur un échec »On ne connaît que des éléments très fragmentaires de la vie de Machiavel, mais ce qui est certain, c’est qu’il n’était pas programmé pour être philosophe, universitaire ou, disons, un humaniste. Dans son cas, l’échec est fondateur : en 512, il s’éloigne de la chose publique, c’est un tournant dans sa vie, et c’est ce qui met en mouvement une écriture. « Le Prince » est un opuscule, comme il le définit, très lié à cette contingence de l’échec politique et du changement de politique qui intervient dans la République de Florence en 512. » Sandro Landi

Echecs à tous les niveaux, mais échecs inspirants… »Machiavel a également donné des conseils militaires dans l’art de la guerre, quand il était aussi connu pour être un piètre commandant des troupes. Il connaissait donc bien la thématique de l’échec pour l’avoir donc expérimentée… Mais il ne s’est pas exilé, c’est lui-même qui s’est éloigné de la ville, parce que licencié en tant que chancelier de la seigneurie de Florence, il est relégué dans un autre territoire, mais décide autour de mars 513 de se retirer dans ses propriétés de famille, et c’est là qu’il commence à rédiger « Le Prince »…«  Sandro Landi

Textes lus par Bernard Gabay :

Nicolas Machiavel, lettre à Francesco Vettori, le 10 décembre 1513, à Florence dans les Oeuvres, éditions Robert Laffont, traduction de l’italien par Christian Bec, page 1239 (avec une musique de Francesco da Milano, Fantasia)

Nicolas Machiavel, Le Prince, chapitre 25 “Combien la fortune a de pouvoir sur les choses humaines et comment on peut lui résister”, édition Robert Laffont, traduction de l’italien par Christian Bec, page 1532 (avec une musique de Vilvaldi interprétée par le Trio Leupold, Sonate en la min RV 44 Largo pour violoncelle)

Nicolas Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live, livre I, chapitre 53 Trompé par une fausse apparence de bien, un peuple désire souvent sa ruine ; de grandes et glorieuses promesses le convainquent aisément, éditions Robert Laffont, traduction par Christian Bec, page 1531

Sons diffusés :Mix de début d’émission par Louise André avec : des extraits de Brice de Nice deJames Huth (2005) ; Raging Bull de Martin Scorsese (1980) ; Burning Man de Jonathan Teplitzky (2011), Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman (1975) ; archive témoignage d’un enfant dans Cartier Libre, France Inter, 23 novembre 2006 ; musique de Pietro Paulo Borrono, Pavana ditta la malcontenta e Saltarello de la preditta

Chanson de Beck, LoserArchive du philosophe Claude Lefort, 27 novembre 2009, dans Les Nouveaux chemins de la connaissance, France Culture (avec une musique de Houeida Heidfi, Souffles du Nil)Ensemble d’archives politiques : discours de Léon Blum en 1947 ; Charles de Gaulle du 25 avril 1969 ; Lionel Jospin de 2002 ; Nicolas Sarkozy de 2016 Chanson de fin : Sacha Distel, Toute la pluie tombe sur moi

INTERVENANTS

Sandro Landihistorien, professeur à l’université Bordeaux Montaigne, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme de Bordeaux

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