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QUEL REVE COLLECTIF ?

« La technologie nous expose à la complexité du monde« 

Pour Florent Menegaux, l’éducation doit être la priorité absolue du prochain quinquennat. « Elle est la base de tout »… Mais doit être revue « de fond en comble ».

« La technologie nous expose à la complexité du monde de manière beaucoup plus intense et beaucoup plus directe que par le passé », estime Florent Menegaux.

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Florent Menegaux, président de Michelin : « Il n’y a plus, en France, de rêve collectif »

Propos recueillis par Béatrice Mathieu et Pascal Pogam Publié le 27/04/2022 L’Express

Il préside depuis trois ans le groupe Michelin et ses 125 000 salariés. Pour Florent Menegaux, le second quinquennat d’Emmanuel Macron doit être l’occasion de repenser le rôle de l’Etat, pour diminuer son train de vie et le recentrer sur ses fonctions régaliennes. Dans un pays rongé par l’inquiétude et la peur de l’avenir, le dirigeant regrette l’absence d’un « grand récit », capable de ressouder les Français et de leur redonner confiance. « Nos responsables politiques, comme les entreprises, doivent s’attacher à recréer des rêves collectifs », prévient-il.   

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L’Express : La France apparaît plus fracturée que jamais à l’issue de cette élection présidentielle. Ces tensions, ce désenchantement, les ressentez-vous au sein de votre entreprise ?  

Florent Menegaux : Le creusement des inégalités, les enjeux de pouvoir d’achat suscitent des tensions partout dans le monde. Mais il y a en France, c’est vrai, une inquiétude plus marquée qu’ailleurs, une peur de l’avenir que je ne perçois pas chez nos salariés espagnols, brésiliens ou thaïlandais par exemple…

C’est un véritable crève-coeur car notre pays dispose d’atouts extraordinaires, mais il est comme déboussolé, en quête de repères. Ce malaise, je l’explique en premier lieu par la dévalorisation du travail, qui n’est souvent plus considéré comme une source d’épanouissement personnel, mais uniquement comme le moyen de subvenir à ses besoins. Encore faut-il que ce travail garantisse un salaire décent.

Un métier aliénant, que vous ne trouvez pas passionnant, qui vous use physiquement, et qui, en plus, ne vous permet pas de vivre correctement, c’est terrible et potentiellement ravageur ! Cette question du sens et de la revalorisation du travail est donc centrale. J’ajouterais un autre impératif : faire à nouveau rêver les Français.

Il n’y a plus de « grand récit », capable de nous projeter dans l’avenir avec optimisme, dans des épopées qui nous dépassent, comme ce fut le cas avec la conquête de l’espace. Les Américains, les Chinois ont encore ce ressort et cette approche du temps long. Ce n’est plus notre cas. Je pense que nos responsables politiques, comme les entreprises, doivent s’attacher à recréer des rêves collectifs, à jalonner le futur, pour en avoir moins peur.

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