
AIDAN, EPSTEIN … : EN FRANCE L’OMERTA EST INSTALLÉE ALORS QU’IL Y A PLUSIEURS AFFAIRES FRANÇAISES QUI METTENT EN CAUSE L’EXÉCUTIF ET LA JUSTICE
Me Mathias Darmon, l’un des avocats de l’association Innocence en danger, qui avait lancé le 24 février dernier un appel à témoins, annonce avoir recueilli 33 témoignages par mail. Parmi ces derniers, 6 émanent de victimes potentielles, dans le volet français de l’affaire Epstein, et 2 de témoins potentiels.
L’association Innocence en danger a reçu « plusieurs dizaines de témoignages » mais dénonce « l’omerta » qui règne encore
Invitée de RTL le 2 avril, la présidente de l’association « Innocence en danger » a appelé les témoins et les victimes à donner des éléments qui permettent d' »identifier les complices » de Jeffrey Epstein.
Un mois après, l’appel à témoignages lancé fin février par l’association « Innocence en danger » est en train de porter ses fruits dans l’enquête sur le volet français de l’affaire Epstein. Invitée de RTL ce jeudi 2 avril, Homayra Sellier, présidente de l’association, a indiqué qu’il y « aurait plusieurs dizaines de témoignages » de femmes reçus à ce jour.
Homayra Sellier a aussi évoqué le fait que des victimes peuvent avoir « trop peur de parler ou de se retrouver traquées par la presse ». Elle a une nouvelle fois lancé un appel aux témoins et aux victimes qui ont « de près ou de loin » des informations concernant l’affaire Epstein que ce soit « des éléments de contexte » ou qui permettent d' »identifier les complices ». « C’est très important », a-t-elle insisté.
La présidente de l’association « Innocence en danger » a rappelé que « beaucoup d’affaires sont prescrites », mais selon elle, elle peut être « réétudiées au cas par cas ». « On ne peut pas d’emblée dire qu’il y aura prescription pour ces faits, notamment parce que tout ce réseau était caché », a ajouté Homayra Sellier.
1. Affaire Epstein : prise en photo avec le prédateur sexuel, la ministre de la culture Catherine Pégard n’a plus « aucun souvenir de ce moment »
Sur la photo de 2013, Catherine Pégard (à droite) figure en compagnie de Jeffrey Epstein, de la productrice Caroline Lang et du réalisateur Woody Allen. Ministère américain de la Justice
30/03/2026 Philippe Salvador La Dépêche du Midi
l’essentielInvitée sur France Inter ce lundi 30 mars 2026, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a réitéré n’avoir aucun souvenir d’une photo prise en 2013 au château de Versailles, où elle apparaît aux côtés du pédocriminel Jeffrey Epstein lors d’une visite privée.
Une image qui dérange. Malgré l’existence d’un cliché l’immortalisant dans la galerie des Glaces avec le prédateur sexuel américain Jeffrey Epstein, la ministre de la Culture Catherine Pégard maintient sa version des faits : elle ne se rappelle ni de la rencontre, ni de la pose.
Un cliché exhumé et embarrassant
Le cliché a refait surface sur BFMTV et dans Le Monde. Sur cette photographie datant de 2013, Catherine Pégard, alors présidente du domaine de Versailles, figure en compagnie de Jeffrey Epstein, de la productrice Caroline Lang et du réalisateur Woody Allen. À cette époque, Epstein effectuait une visite privée sous l’égide de Jean-Luc Brunel, son proche collaborateur français.
Au micro de France Inter, ce lundi 30 mars, la ministre ne nie plus l’évidence matérielle mais plaide l’amnésie sélective. « Je ne conteste pas que cette photo existe, ce serait stupide, mais je n’ai aucun souvenir de ce moment », a-t-elle martelé.
La défense par le nombre
Pour justifier ce flou, la ministre invoque la densité de son agenda de l’époque. Elle souligne qu’elle recevait alors « à peu près 150 délégations par an » sur le site historique. Un flux de visiteurs si important qu’il rendrait, selon elle, impossible l’identification de chaque invité, d’autant qu’elle affirme qu’elle « ne connaissait pas » Epstein à cette période.
La ministre de la Culture persiste et signe dans sa ligne de défense initiale, celle-là même qu’elle tenait avant sa nomination en février dernier : « Si j’avais été présente je m’en souviendrais et le dirais, bien sûr ». Tout juste suggère-t-elle aujourd’hui une apparition furtive pour expliquer sa présence sur l’image : « Il se peut que je sois passé cinq minutes à ce moment-là ».
2. ARTICLE – Affaire Epstein : ce que réclame l’association Innocence en Danger à la justice française
Épaulée par une équipe de cinq avocats, l’association Innocence en danger, à l’origine de l’enquête française sur l’affaire Epstein, souhaite qu’un juge d’instruction soit saisi.
Par Nicolas Jacquard et Lucile Descamps Le 4 avril 2026 LE PARISIEN
En matière de retard judiciaire, tout est toujours relatif. On peut, au choix, considérer que la France a perdu sept années, le volet français de l’enquête Epstein n’ayant pas prospéré depuis 2019, quand l’affaire a véritablement éclaté. On peut, aussi, estimer que la justice française a fait l’autruche durant près d’un demi-siècle.
Comme l’avait révélé la cellule enquête de Radio France, une Néerlandaise de 20 ans avait en effet consigné dès mai 1979 dans une lettre avoir été violée par Jean-Luc Brunel, futur associé de Jeffrey Epstein dans l’agence de mannequin MC2. Un Brunel auquel la jeune fille avait été adressée par Gérald Marie. Figure notoire du mannequinat en France, lui-même avait été accusé de viols dès 1988 par plusieurs top-modèles. Au total, une quinzaine de femmes l’ont mis en cause, sans qu’il n’ait jamais été inquiété, les faits étant depuis prescrits.
ARTICLE 3 – «On nous passait de prédateur en prédateur» : l’ex-top model Carré Otis appelle à mettre fin à l’impunité du monde de la mode
Article réservé aux abonnésDans le sillage de l’affaire Epstein, l’ancienne mannequin américaine dénonce la complaisance de tout un secteur vis-à-vis de la prédation sexuelle. Un système jamais remis en question depuis les années où elle accuse l’agent vedette Gérald Marie de l’avoir violée, à Paris, lorsqu’elle avait 17 ans, ce qu’il conteste.
ParJulien Gester 9 avril 2026 LIBERATION
Elles sont quinze, quinze femmes de nationalités britannique, néerlandaise, américaine et suédoise, à «demander justice» à la France. Dans une lettre adressée mi-mars à la procureure de Paris à la suite des déflagrations multiples de l’affaire Jeffrey Epstein, elles réclament la réouverture d’investigations sur les liens, attestés selon elles par de nouveaux «documents judiciaires et des courriels», entre le défunt pédocriminel (retrouvé mort dans sa cellule new-yorkaise en 2019), son principal associé français (l’agent de mannequins Jean-Luc Brunel, lui aussi mort en prison, en 2022) et surtout Gérald Marie, ex-dirigeant en Europe de la fameuse agence Elite.
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ARTICLE 4 – Affaire Epstein: « plusieurs dizaines de témoignages » de victimes reçus en France par l’association Innocence en Danger
Publié le 02/04 BFM
Un premier appel à témoignages lancé en février dernier par Innocence en Danger a permis de récolter « plusieurs dizaines de témoignages » de victimes de l’affaire Epstein en France, selon l’association.
Fin février, l’association Innocence en Danger avait lancé un appel à témoins concernant l’affaire Epstein en France. « Il y a des gens qui ne peuvent pas, qui ne veulent pas, qui ont peur de s’adresser à la justice, à la police, alors nous avons ouvert une ligne internet, et nous avons recueilli un certain nombre de témoignages, de témoins et de victimes », rapportait l’avocate de l’association Caty Richard le 27 février dernier sur RMC.
Ce jeudi 2 avril au matin, sur RTL, Homayra Sellier, la présidente de l’association, confirme qu’il y « aurait plusieurs dizaines de témoignages » de femmes reçus à ce jour. Elle explique également que certaines victimes peuvent avoir « trop peur de parler ou de se retrouver traquées par la presse ».
Nouvel appel à témoignages
« Il faut que la justice montre de quoi elle est capable. Il faut que la justice prouve qu’elle veut la vérité, pas seulement pour les victimes, mais pour tous les Français qui ont le droit de savoir ce qui s’est passé dans leur pays », a lancé Homayra Sellier.
La présidente de l’association Innocence en Danger a une nouvelle fois appelé les victimes liées « de près ou de loin » à témoigner, en apportant « des éléments de contexte » ou qui permettraient d' »identifier les complices ».
Si « beaucoup d’affaires sont prescrites », certaines peuvent être « réétudiées au cas par cas », notamment « parce que tout ce réseau était caché », affirme-t-elle.
Une déflagration en Europe
En février dernier, l’onde de choc causée par l’affaire Epstein aux États-Unis s’est répercutée jusqu’en France. Les documents dévoilés par la justice américaine mentionnent notamment le nom de Jack Lang à 673 reprises dans des échanges avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein et révèlent des liens d’intérêt avec le financier américain, mort en détention en 2019.
Le Parquet national financier a ouvert le 6 février dernier une enquête, confiée à l’Office national anti-fraude (Onaf), pour soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l’ancien ministre de 86 ans et sa fille Caroline. Depuis, Jack Lang a démissionné de la présidence de l’Institut du monde arabe, désormais dirigé par Anne-Claire Legendre, première femme à occuper ce poste.
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Ailleurs en Europe, l’ex-prince Andrew, frère du roi Charles III, ou encore Mette-Marit, princesse héritière de Norvège, sont également apparus dans les dossiers dévoilés par le ministère américain de la Justice.
ARTICLE 5 – Affaire Epstein en France : Innocence en danger a recueilli 33 témoignages, dont 6 victimes potentielles
Me Mathias Darmon, l’un des avocats de l’association Innocence en danger, qui avait lancé le 24 février dernier un appel à témoins, annonce avoir recueilli 33 témoignages par mail. Parmi ces derniers, 6 émanent de victimes potentielles, dans le volet français de l’affaire Epstein, et 2 de témoins potentiels.
Plana Radenovic publié le 02/04/2026 RTL
L’affaire Epstein, tentaculaire, n’a pas encore livré tous ses secrets. Et notamment le volet français du scandale, un peu plus d’un mois après l’ouverture de deux enquêtes par le parquet de Paris. Auprès de RTL, l’un des avocats de l’association Innocence en danger, Me Mathias Darmon, livre un premier bilan de l’appel à témoignages lancé par l’association de protection des victimes de pédocriminalité le 24 février 2026.
« La première étape, détaille l’avocat, est pour nous de répondre à chaque témoignage envoyé, en recontactant la personne. Sur trente-trois témoignages collectés, 80% n’apparaissent pas sérieux du tout. Beaucoup de complotistes, de satanistes, mais on le voit très rapidement. » L’avocat poursuit : « Les 20% restants sont véritablement intéressants. Après échanges avec elles, nous avons identifié six victimes potentielles, et deux témoins qui auraient assisté à des échanges, des scènes, ou qui ont des connaissances ayant assisté à des scènes. »
Invitée de RTL ce jeudi 2 avril, Homayra Sellier, présidente de l’association, avait indiqué avoir reçu « plusieurs dizaines de témoignages » de femmes à ce jour. Elle avait regretté le fait que des victimes peuvent avoir « trop peur de parler ou de se retrouver traquées par la presse », appelant une nouvelle fois à se signaler les témoins et victimes susceptibles d’avoir « de près ou de loin » des informations ou « des éléments de contexte » sur l’affaire en mesure de permettre l’identification des complices ».
À présent, Innocence en danger cherche à rediriger les victimes potentielles vers les magistrats, au sein de la section mineurs du parquet de Paris, chargé de l’enquête-cadre sur le volet sexuel du dossier Epstein. Et selon Me Darmon, c’est compliqué, car la justice n’a pas encore fourni à Innocence en danger les noms des procureurs dédiés à Epstein, des magistrats qui doivent aussi gérer, par ailleurs le scandale du périscolaire à Paris.