
LA CRISE DE CONFIANCE ENVERS LES POLITIQUES PÈSERA LOURD DANS L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE
La principale crise française est désormais une crise de confiance envers la capacité des responsables politiques à agir, et cette perte de crédibilité pourrait peser lourdement sur l’élection présidentielle de 2027.
1. ARTICLE – « La désespérance des Français face aux politiciens de l’impuissance »
L’éditorial d’Yves Thréard dans Le Figaro
Pour vaincre le pessimisme ambiant, la classe politique actuelle paraît bien mal placée. De droite comme de gauche ou du centre, les partis dits de gouvernement inspirent une immense méfiance.
L’éditorial d’Yves Thréard, « La désespérance des Français face aux politiciens de l’impuissance », publié dans Le Figaro le 3 juillet 2026, s’appuie largement sur une étude de la Fondation pour l’innovation politique consacrée à l’état d’esprit des Français à dix mois de l’élection présidentielle de 2027. …
…/…
2. Les principales idées de l’éditorial
Yves Thréard décrit une France gagnée par un profond pessimisme.
Selon lui, les Français ont le sentiment que plusieurs crises se cumulent :
- crise migratoire ;
- crise identitaire ;
- crise industrielle ;
- crise sécuritaire ;
- crise sociale ;
- crise environnementale ;
- crise politique ;
- fracture générationnelle.
Il estime que, derrière ces inquiétudes, domine une angoisse plus fondamentale : la peur que la France perde son identité historique et culturelle, ses traditions et son mode de vie.
Une mise en accusation de la classe politique
Le cœur de l’éditorial est une critique très sévère des responsables politiques.
Yves Thréard considère que les Français tiennent les gouvernements successifs pour responsables de cette situation.
Il reprend une formule du Charles de Gaulle en évoquant :
- les « politiciens de l’impuissance » ;
- les « trotte-menu de la décadence » ;
- les « farfadets de l’abandon ».
Selon lui, ces expressions illustrent le reproche adressé aujourd’hui aux responsables politiques : beaucoup de promesses mais peu de résultats concrets.
La défiance envers les partis traditionnels
L’éditorial insiste sur un phénomène majeur :
- la défiance ne viserait plus seulement un gouvernement mais l’ensemble des partis de gouvernement, de droite, du centre et de gauche.
Thréard rappelle qu’en 2017, Emmanuel Macron avait bénéficié d’une dynamique de rejet des partis traditionnels (« dégagisme »). Il s’interroge sur la possibilité qu’un nouveau candidat puisse profiter, en 2027, d’un mouvement comparable.
Les extrêmes progressent
L’auteur observe une radicalisation des clivages politiques.
Il affirme que :
- les formations dites de gouvernement s’affaiblissent ;
- les partis situés aux extrêmes progressent.
Il distingue toutefois les deux principaux pôles contestataires :
- il juge La France insoumise plus inquiétante en raison de ce qu’il qualifie de « tentation insurrectionnelle » ;
- il indique que, selon les résultats de l’étude citée, le Rassemblement national est perçu comme moins dangereux que LFI par une partie des personnes interrogées. Cette appréciation renvoie aux conclusions de l’enquête et reflète également le point de vue éditorial de l’auteur.
Les priorités des Français
L’étude sur laquelle s’appuie l’éditorial fait ressortir trois priorités :
- réduire les impôts et les normes ;
- relancer l’industrie et soutenir l’agriculture ;
- mieux maîtriser l’immigration.
Yves Thréard estime que ces objectifs restent réalisables, à condition qu’un futur président fasse preuve de pragmatisme et puisse disposer d’une majorité parlementaire stable.
Analyse
Cet éditorial s’inscrit dans une ligne éditoriale classique du Figaro :
- forte insistance sur les questions d’autorité de l’État ;
- importance accordée à l’identité nationale ;
- critique de la bureaucratie et de la dépense publique ;
- valorisation de l’efficacité politique.
Il combine deux registres :
- un diagnostic sociologique, fondé sur une enquête d’opinion de la Fondapol ;
- une interprétation politique, qui attribue principalement la responsabilité du malaise à l’incapacité des gouvernements successifs à agir.
L’argumentation repose sur l’idée qu’un écart croissant s’est créé entre les attentes des citoyens et les résultats des politiques publiques, alimentant la défiance envers les institutions représentatives.
Éléments de mise en perspective
L’analyse de Thréard rejoint plusieurs constats établis depuis plusieurs années par des instituts comme la Fondapol, Ipsos ou IFOP : niveau élevé de défiance politique, pessimisme sur l’avenir du pays et demande d’une plus grande efficacité de l’action publique. En revanche, le lien qu’il établit entre ces constats et certaines forces politiques relève d’un jugement éditorial plutôt que d’un fait démontré.
En résumé, cet éditorial développe une thèse simple : la principale crise française est désormais une crise de confiance envers la capacité des responsables politiques à agir, et cette perte de crédibilité pourrait peser lourdement sur l’élection présidentielle de 2027.