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Patrick Pouyanné à Aix : « Les inquisiteurs fiscaux »

« Je n’ai pas peur des Chinois, il faut leur dire de venir mais à nos conditions » 

le PDG de Total énergies Patrick Pouyanné parle de souveraineté aux Rencontres éco d’Aix

Le PDG de Total énergies a confirmé ce samedi poursuivre le plafonnement des prix à la pompe dans ses stations, y compris sur autoroute, et pointé la tentation de l’État de taxer les profits des grands groupes français comme le sien.

ARTICLE – « Si on arrête toutes les énergies fossiles ici, il fera toujours aussi chaud, cela ne réglera rien » : la petite leçon d’énergie de Patrick Pouyanné à Aix

Aux Rencontres d’Aix, Patrick Pouyanné et les patrons de l’énergie ont recentré le débat sur les prix : pour eux, la vraie question est la souveraineté des approvisionnements, pas la fiscalité, à laquelle le PDG de TotalEnergies réserve ses piques les plus applaudies.

ANNA ROUSSEAU 4 JUILLET 2026 CHALLENGES

Payer toujours plus cher son électricité, son gaz et son essence, une fatalité à laquelle les Français doivent s’habituer ? Patrick Pouyanné, star incontestée des Rencontres économiques d’Aix et incidemment PDG de TotalEnergies était censé discuter ce samedi matin 4 juillet du prix de l’énergie avec Anne Isabelle Etiendre, l’administratrice générale du CEA, Bernard Fontana (PDG d’EDF) et Aymeric Renaud (président France de Schneider Electric).

En réalité, le débat a très vite tourné autour de la question de la souveraineté énergétique, le prix n’étant après tout, comme l’a rappelé Aymeric Renaud, « que la conséquence des investissements qui sont faits ». Tous les intervenants se sont très vite accordés sur une certitude commune, résumée par Patrick Pouyanné : « croire qu’on va tout régler tous seuls en France est une erreur. Si on arrête toutes les énergies fossiles ici, il fera toujours aussi chaud, cela ne réglera rien ».

« La dépendance aux panneaux voltaïques chinois est une erreur »

Pour Patrick Pouyanné, le prix de l’énergiedépend donc de la capacité des fournisseurs à mixer les énergies, leurs sources d’approvisionnement, et à anticiper les crises locales partout sur la planète : « L’hyper dépendance au gaz russe était une erreur, la dépendance aux panneaux voltaïques chinois est une erreur, estime-t-il. Il y a des choix à faire, et comme TotalEnergies les fait, cela nous permet de ne pas dépendre du détroit d’Ormuz, par exemple ». Le chef d’entreprise a ainsi rappelé qu’il renforçait le volume du gaz naturel venu du Mozambique, ou que le Brésil était l’une de ses principales sources d’approvisionnement en pétrole aujourd’hui – ce qui lui permet de ne pas être coincé par la situation du Moyen-Orient.

La France dépend du reste du monde pour son gaz, son pétrole, et même ce qui lui permet de produire son électricité, mais ce qu’elle produit elle-même peut, et doit, continuer à représenter une part importante de ses besoins. L’innovation en la matière, l’a assurée Anne Isabelle Entievre, étant essentielle pour maintenir les prix à un niveau acceptable pour la population. « L’énergie peut ne pas être plus chère, à partir du moment où l’on choisit les bons investissements et où l’on tient les coûts de ces investissements », a assuré Bernard Fontana, qui a assuré travailler à la profondeur industrielle française « pour assurer la maîtrise de nos systèmes ».

Prolonger la durée de vie des anciens réacteurs nucléaires

Si le nucléaire nouvelle génération coûtera entre 90 et 100 euros le KW/h au départ, il devrait baisser ensuite autour de 70 euros a promis le patron d’EDF, qui a toutefois également assuré qu’il était possible de prolonger la durée de vie des anciens réacteurs nucléaires et d’augmenter leur puissance. Le patron d’EDF n’a cependant rien dit sur le plan de décarbonation de Fos-sur-Mer, énorme projet qui dépend aujourd’hui presque entièrement de la capacité des industriels – en particulier RTE – et des pouvoirs publics à trouver comment approvisionner le bassin industrialo-portuaire en électricité pour espérer créer le premier pôle industriel européen décarboné.

Sans prendre trop de risques face à un parterre acquis à sa cause, Patrick Pouyanné a plusieurs fois lancé des piques à l’administration fiscale française, qu’il nomme « les inquisiteurs fiscaux ». Il a même eu droit à une ovation au moment où il a réclamé un débat sur « comment on peut aider les entreprises plutôt que de les taxer ».

« Canaliser l’appétit fiscal » de l’Etat

Sébastien Lecornu, pourtant, a tout fait pour rassurer le public venu à Aix lors de son discours jeudi 2 juillet au soir, où il a assuré vouloir « canaliser l’appétit fiscal » de l’Etat. Le Premier ministre, qualifié par son voisin de table ronde Philippe Aghion, prix Nobel d’économie, de « futur président » s’est montré très aligné avec le discours patronal tenu ce samedi matin en assurant que « La construction du progrès par le développement de l’économie, par la reconquête de l’outil de production, par la capacité à nous interconnecter à une économie mondialisée (…) va nécessairement passer par un travail de persuasion ». Patrick Pouyanné a bien entendu Sébastien Lecornu mais s’est contenté, ce samedi, d’un seul commentaire : « moi, j’attends la loi de finances ».

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