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JUSTICE ET PEDOCRIMINALITÉ : UN CORPORATISME ARROGANT ? MÀJ

Frédéric Chevallier, procureur de Chartres (Eure-et-Loir) et président de la Conférence des procureurs de la République (CNPR), défend sa corporation visée dans l’affaire Lyhanna.

Il est monté au créneau pour défendre sa corporation sous le feu des projecteurs dans l’affaire Lyhanna. Frédéric Chevallier, procureur de Chartres (Eure-et-Loir) et président de la Conférence des procureurs de la République (CNPR), multiplie les interventions dans les médias : « Aujourd’hui, la France entière sait comment fonctionne un parquet ! La difficulté, propre à notre métier, c’est qu’il a beaucoup de dossiers urgents et graves. Il y a un décalage entre l’image et l’engagement des magistrats au quotidien. »

« En réalité, la politique pénale se fait dans les congrès du syndicat de la magistrature, qui décide de mettre sur le mur des comptes telle ou telle politique » révèle GeorgesFENECH, ancien magistrat

« On n’est pas le problème, mais plutôt la solution », affirme le président de la Conférence nationale des procureurs

Les magistrats font face à une vague de critiques après la mort de la jeune Lyhanna. Le principal suspect dans cette affaire était visé par plusieurs plaintes, notamment pour viol sur mineure, mais n’avait jamais été entendu.

Face aux accusations de dysfonctionnements de la justice dans l’affaire Lyhanna, le président de la Conférence nationale des procureurs Frédéric Chevallier se défend dans les médias. Il était samedi sur LCI, où il a réitéré son appel à la « sérénité », rappelant que des inspections allaient être menées pour identifier de potentiels manquements. « Il faut absolument que ces investigations soient menées rapidement mais aussi sereinement », a-t-il martelé.

Une inspection dans ce genre de situation est « tout à fait normale », souligne Frédéric Chevallier, « on le comprend totalement (…) on veut savoir s’il y a eu des délais inadmissibles, des dysfonctionnements, de quelle nature, pourquoi, comment y remédier… » Ce qui lui pose problème est la condamnation a priori avant l’enquête, qui doit rendre ses premières conclusions sous 15 jours. La procureure d’Auch, en charge de l’affaire, a été visée par des menaces de mort, rappelle-t-il.

« On n’est pas le problème, mais nous sommes plutôt la solution », assure-t-il rappelant que les magistrats « luttent contre toutes ces formes de délinquance (…) On ne va pas ne pas enquêter quand la parole d’un enfant révèle qu’il a été victime d’actes inadmissibles, ce n’est pas vrai. »

« Les magistrats ne se défilent pas »

Frédéric Chevallier souligne que les procureurs « mettent en œuvre la politique pénale du garde des Sceaux » et que depuis l’arrivée de Gérald Darmanin au ministère de la Justice, « on a eu 119 circulaires, toutes sont prises en considération et mises en œuvre ».

Interrogé sur un potentiel manque de financement, Frédéric Chevallier déclare que la Justice a vu ses moyens augmenter ces dernières années, mais rappelle que « pour 100 000 habitants en France, il y a trois procureurs là où en moyenne en Europe, il y en a 12, on fait avec ce qu’on a, on s’adapte ».

Face aux conclusions de l’enquête, « chacun prendra ses responsabilités. Les magistrats ne se défilent pas, s’il y a des responsabilités pointées, chacun y fera face, affirme-t-il, laissons les inspections travailler. Et ensuite, nous répondrons des actes auxquels nous devrons répondre, bien évidemment. »

« D’éventuelles responsabilités ne peuvent être mentionnées et encore moins de prochaines sanctions »

Dans ce climat de tension judiciaire et politique, Frédéric Chevallier précise : « Les deux conférences soulignent qu’à ce stade, dans l’attente des conclusions des inspections, d’éventuelles responsabilités ne peuvent être mentionnées et encore moins de prochaines sanctions. »

Christophe Barret président de la Conférence nationale des procureurs généraux ( une autre conférence ) précise que les 70 000 dossiers ne sont pas vraiment à« réexaminer »

Christophe Barret président de la Conférence nationale des procureurs généraux ( une autre conférence ) précise que les 70 000 dossiers ne sont pas vraiment à« réexaminer », mais « c’est s’assurer que, dans ses 70 000 affaires, il n’y a pas de retards injustifiés », souligne-t-il. « On le fera. Bien sûr, il faut le faire », affirme le procureur. Mais, selon lui, « ce qui est important, c’est de ne pas en rester au point d’étape et de ne pas en rester d’ailleurs aux seules affaires dans lesquelles on a des mineurs qui sont victimes. Il y a d’autres affaires prioritaires ». 

Les magistrats du tribunal de Bobigny déplorent « la délation sans attendre les conclusions de l’enquête administrative » dans l’affaire Lyhanna

TITRE FRANCE INFO qui poursuit : « «  Tous les procureurs généraux étaient convoqués pour une réunion au ministère de la Justice, pour revenir sur l’affaire Lyhanna. Le corps de la fillette a été retrouvé dix jours après sa disparition. 

À l’issue de la réunion entre le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et les 34 procureurs généraux, lundi 8 juin, dans l’affaire Lyhanna, les magistrats du tribunal judiciaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) signent une motion. Dans ce texte que le service police-justice de franceinfo a pu consulter, ils « déplorent que, la délation de magistrat.es, sans attendre les conclusions de l’enquête administrative et au mépris du contexte de leur activité, se soit substituée à une analyse structurée et holistique sur d’éventuels dysfonctionnements ».

Les signataires de cette motion, écrite à l’issue d’une assemblée générale lundi matin, « dénoncent l’aveuglement volontaire du ministère de la Justice et des responsables politiques sur la situation des juridictions et sur l’abandon de l’ensemble des acteur.ices de la protection de l’enfance ».

Ils rappellent également « que certain.es des magistrat.es du parquet d’Auch ont subi de graves menaces de mort » mais aussi des « menaces » et la « remise en cause de la légitimité de la justice et de l’action des magistrat.es ». « « 

« Le président de la Conférence nationale des procureurs déplore que le gouvernement « jette en pâture » les magistrats

TITRE LE MONDE qui poursuit : « Gérald Darmanin reçoit lundi matin à la chancellerie les procureurs généraux pour une revue des plaintes concernant des enfants victimes, tandis que des collectifs féministes et de la protection de l’enfance ont appelé à des rassemblements devant les tribunaux.

« La colère est souvent mauvaise conseillère. » Frédéric Chevallier, procureur de la République de Chartres et président de la conférence nationale des procureurs de la République, a regretté lundi 8 juin sur RMC que les magistrats du parquet soient « jetés en pâture » à la suite de l’affaire Lyhanna.

Alors que le ministre de la justice, Gérald Darmanin, reçoit lundi matin à la chancellerie les procureurs généraux – représentants du ministère public au sein des 36 cours d’appel de France – pour une « réunion de travail », le procureur de Chartres a appelé à laisser du temps à l’enquête : « Je veux comprendre ce qu’il s’est passé, je n’en sais rien », a-t-il lancé. « On n’a pas quinze jours devant nous, pour que l’enquête administrative se fasse ? Peut-on prendre le temps de la compréhension de tout ça ? », a-t-il plaidé.

« Il y a beaucoup d’émotion dans cette affaire, et, cette émotion, l’ensemble des procureurs, des magistrats des parquets, des magistrats en général, la partagent (…). Quand on est en responsabilité il faut pouvoir garder la tête froide », a-t-il ajouté.

Au cours de cette réunion, M. Darmanin doit demander aux procureurs généraux une revue des plaintes concernant des enfants victimes, dans le sillage de l’affaire Lyhanna, tandis que des collectifs féministes et de la protection de l’enfance ont appelé à des rassemblements devant les tribunaux lundi à 19 heures. Le ministre va leur dire qu’ils ont jusqu’au 14 juillet « pour reprendre l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000, comme il l’a annoncé dès dimanche sur LCI.

Des défaillances structurelles

« C’est de la communication ministérielle, et pas du travail de fond », a répondu à Gérald Darmanin sur Franceinfo Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats (USM). Réaliser cette opération en seulement cinq semaines, « ça veut dire qu’on va survoler, qu’on n’aura pas le temps de faire ça de manière sérieuse », assure M. Martini.

Pour l’USM, il faut avant tout « des réponses structurelles pour faire en sorte que plus jamais, ou en tout cas qu’on abaisse le risque, qu’une telle affaire se reproduise ». « S’il y a des dysfonctionnements individuels, il faut les sanctionner, mais il y a des défaillances structurelles qu’il faut réparer », ajoute-t-il. Le procureur adjoint de la République de Meaux explique qu’il faut notamment réfléchir au nombre de magistrats, puisqu’en France « il y a quatre fois moins de procureurs par rapport à la moyenne européenne ».

Pour l’USM, il y a également des pistes d’amélioration en ce qui concerne les « conditions de recueil de la parole de l’enfant ». « Il faut augmenter la capacité des enquêteurs à avoir recours à des psychologues, faire cela dans un environnement dédié », propose Aurélien Martini. Il ajoute qu’il faut « écouter les associations » de protection de l’enfance, « car elles sont en première ligne ». « Si on ne le fait pas, on va dans le mur, et ces affaires se reproduiront », prévient-il.

Plusieurs plaintes pour des viols sur mineures

Depuis la découverte du corps de la fillette de 11 ans et les révélations concernant des plaintes pour viols sur mineures – certaines procédures ayant ensuite été classées – dont le suspect a fait l’objet, le garde des sceaux occupe le terrain médiatique. Il s’est d’abord dit « terrifié » lors d’un déplacement jeudi à Béziers, puis a pointé, le lendemain sur X, « les dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l’Etat ».

Vendredi soir sur TF1, il a présenté ses « excuses » à la famille de Lyhanna au nom de l’institution judiciaire, qui a « failli dans le suivi des plaintes » déposées contre le suspect, et a menacé de « sanctions » des magistrats si des « défaillances, des fautes professionnelles » étaient « avérées ». Une inspection (justice, gendarmerie et Education nationale) doit rendre ses conclusions sous quinze jours.

La plainte qui concentre les critiques avait été déposée le 22 août 2025 à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) par la mère d’une fillette de 11 ans, pour des viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect.

Après avoir réalisé plusieurs actes d’enquête, dont des examens médico-légaux corroborant les déclarations de la petite fille, le parquet de Toulouse s’était dessaisi au profit de celui d’Auch, territorialement compétent. Transmis par La Poste à la fin de 2025, le dossier n’avait été adressé par le parquet d’Auch à la gendarmerie de Lectoure que le 9 janvier 2026. Malgré des « éléments d’enquête assez accablants », le suspect n’avait toujours pas été entendu au moment de la disparition de Lyhanna, a déploré dimanche soir, sur France 2, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez.

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