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INDUSTRIALISER LE DÉPLACEMENT FORCÉ DES MIGRANTS DANS LES TERRITOIRES : LA C. DES COMPTES MET LA PRESSION

« Immigration : la Cour des comptes demande à «optimiser» l’envoi de migrants en régions »

TITRE LE JDD ( Quentin Gérard ) QUI POURSUIT :

Les centres d’hébergement en régions peinent à désengorger l’Île-de-France, dénonce la Cour des comptes, qui pointe un dispositif sous-exploité et doté de profondes inégalités entre territoires.

Envoyer les personnes migrantes vers des centres d’hébergement en régions pour soulager l’Île-de-France constitue un « levier efficace », mais « insuffisamment » utilisé, avec de fortes disparités d’accueil selon les territoires. C’est le constat dressé par la Cour des comptes dans un rapport publié ce jeudi, rapporte l’AFP.

Depuis la crise migratoire de 2015, un déséquilibre profond s’est creusé entre la concentration des migrants en Île-de-France et les capacités d’hébergement de la région. En 2020, celle-ci concentrait 46 % des demandes d’asile, alors que ses Centres d’accueil et d’examen des situations (CAES) ne représentaient que 19 % du dispositif national d’accueil. Résultat : « Moins de la moitié des demandeurs d’asile pouvaient être hébergés », souligne l’institution, une situation qui a alimenté la hausse du nombre de personnes dormant dans la rue ou dans des campements.

Dispositif prévu dans la loi de 2018

Pour remédier à cette concentration, la loi immigration de 2018 permet désormais de proposer aux demandeurs d’asile une orientation vers des CAES en régions, sans que la destination leur soit communiquée à l’avance. Mais quelque 40 % d’entre eux refusent et ce malgré la suppression des aides prévues en cas de refus.

En 2024, le dispositif a permis de réaliser près de 18 000 orientations, proche de l’objectif fixé à 22 000, pour un coût « limité » de 50 millions d’euros, au regard des 962 millions d’euros que représente l’ensemble des dépenses d’hébergement des demandeurs d’asile, assure les sages.

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Reste que certaines régions demeurent « très en deçà des objectifs d’accueil, tandis que d’autres les ont dépassés », selon la Cour des comptes. En 2024, les Pays de la Loire ont accueilli 504 demandeurs d’asile alors qu’ils en attendaient 2 445. L’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine accusent elles aussi un retard, avec respectivement 1 988 accueils contre 3 681 prévus, et 2 684 contre 5 045 attendus. À l’inverse, la région Centre-Val-de-Loire a dépassé ses objectifs, en recevant 1 754 personnes pour une cible de 1 229.

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Au-delà de la proposition de la Cour des comptes, les sondages montrent davantage que les Français veulent réduire drastiquement, voire arrêter complètement, les arrivées de migrants en France. Un récent sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD révèle que 63 % des Français sont favorables à une suspension de l’immigration légale pendant trois ans.

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