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ILS ONT DIT – « La France rabougrie du passé, recuisant ses haines et ses malédictions »

ARTICLE – Jean-Luc Mélenchon et les ruraux, pourquoi tant de haine ?

Quand Jean-Luc Mélenchon pense à la France rurale, à ces villages attachés à leurs clochers et leurs traditions, il pense à ça : « La France rabougrie du passé, recuisant ses haines et ses malédictions »

Publié le 12 juin 2026 L’OPINION Antoine Oberdorff

Le candidat insoumis a beau dire que sa « nouvelle France » n’oppose pas à l’ancienne. Ses mots racontent une autre histoire. « La ruralité qu’on nous jette à la figure n’existe pas. Que voulez-vous que je dise à une jeune fille de 14 ans, prend ta mobylette et va dans la ruralité convaincre les fascistes de voter à gauche ? » En écoutant Jean-Luc Mélenchon, les habitants du Gers, de la Creuse ou du Cantal ont le sentiment d’appartenir à une France perdue pour la gauche, enfermée dans ses préjugés racistes, condamnée à voter du mauvais côté. Des ploucs, des irrécupérables.

Mais d’où lui vient au juste cette allergie à l’air de la campagne ? Sans doute de l’enfance. Plus précisément de la Normandie où Jean-Luc Mélenchon arrive à l’âge de 11 ans après avoir passé toute son enfance au Maroc. De cet exil forcé, il garde un souvenir atroce : « Il sévissait un alcoolisme épouvantable. Je n’ai jamais vu un homme ivre vomir par terre dans la rue. Chez les musulmans, ça n’existe pas une chose pareille. »

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Rien ne sert de perdre son temps avec des énergumènes pareils, si l’on suit Jean-Luc Mélenchon. Les fâchés sont définitivement fachos. Inutile de vouloir les détourner du vote Le Pen. Il a essayé aux législatives de 2012 à Hénin-Beaumont et il en est revenu vacciné. Voilà, pourquoi, Jean-Luc Mélenchon ne sort plus du Xe arrondissement de Paris. Il ne veut plus voir cette « anti-nouvelle France », jugée archaïque : « Je ne peux pas survivre quand il n’y a que des blonds aux yeux bleus. C’est au-delà de mes forces. »

Il respire nettement mieux à Saint-Denis, Roubaix ou à Marseille. Là, au moins, les héritiers de l’immigration le reconnaissent comme un bouclier contre les discriminations. Ce parti pris électoral, Jean-Luc Mélenchon n’a aucun mal à l’assumer : « Nous, on s’occupe d’abord des cités populaires. Oui, vous êtes l’homme des clientèles des quartiers populaires. Eh bien oui, voyez-vous, ça fait partie de nos plans. »

Un plan qui s’arrête aux portes du premier tour. Car une fois que les gisements électoraux des banlieues auront été épuisés, il ne restera plus à Jean-Luc Mélenchon qu’à s’en retourner vers cette France profonde qu’il a si souvent méprisée.

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