
ARTICLE – Voici le pays le plus sûr au monde en 2026 (et la France est très loin derrière)
L’édition 2026 du Global Peace Index dresse un état des lieux de la sécurité dans 163 pays. Si l’Europe reste la région la plus paisible, la France est à la peine.
La paix mondiale recule pour la 12e année consécutive. C’est ce que révèle la nouvelle édition du Global Peace Index (GPI), publié par l’Institute for Economics & Peace, qui établit chaque année un classement des pays les plus sûrs de la planète. Le rapport s’appuie sur 23 indicateurs, allant du niveau de criminalité aux conflits internes, en passant par la stabilité politique et la militarisation.
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Cette nouvelle édition confirme un contexte international particulièrement tendu. «Le monde poursuit sa trajectoire de longue date de détérioration de la paix, les conflits armés étant le principal moteur de ce recul», souligne le rapport. Les auteurs constatent également qu’«on dénombre aujourd’hui davantage de conflits étatiques actifs qu’à tout autre moment depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tandis que le nombre de pays impliqués dans des conflits extérieurs a presque doublé depuis 2008». Malgré cette dégradation globale, certains pays continuent de faire figure de références en matière de sécurité.
L’Islande reste la référence mondiale
Pour la dix-neuvième année consécutive, l’Islande conserve la première place du classement mondial. Le pays nordique devance la Nouvelle-Zélande, la Suisse et la Slovénie, tandis que l’Irlande complète le top 5. Ces États affichent des niveaux très faibles de criminalité, une grande stabilité politique et sont largement épargnés par les conflits.
Dans la région Asie-Pacifique, la Nouvelle-Zélande reste «le pays le plus paisible de la région et le deuxième au monde», grâce notamment à une baisse de la militarisation et à un excellent niveau de sécurité intérieure. Singapour, le Japon, la Malaisie ou encore l’Australie figurent également parmi les pays les mieux classés de la région.
À l’inverse, le rapport rappelle que plusieurs États restent marqués par des conflits ou une forte instabilité : le Soudan, la République démocratique du Congo, l’Ukraine et Israël sont ainsi classés en bas de tableau, tandis que la Birmanie reste le territoire le plus dangereux d’Asie-Pacifique. Enfin, la Russie ferme une nouvelle fois le classement mondial.
La France loin derrière ses voisins européens
À l’échelle régionale, «L’Europe occidentale et centrale demeure la région la plus pacifique au monde». Une position que le rapport nuance : «l’Europe a enregistré une détérioration moyenne de 0,6 % au cours de l’année écoulée», tandis que «la situation s’est dégradée dans 22 des 33 pays».
Quid de la France ? Classée 99e sur 163 nations – entre la Tanzanie et le Gabon, elle reste loin derrière ses voisins européens, malgré son statut de grande destination touristique internationale. Le GPI souligne surtout une dégradation du climat intérieur, en rappelant que «le domaine de la sûreté et de la sécurité s’est dégradé de 2 %, sous l’effet d’une hausse de la criminalité violente et d’une perception accrue de la criminalité».
Enfin, le rapport conclut que notre pays a connu «d’importants troubles sociaux en septembre 2025, lorsque le mouvement de contestation “Bloquons tout” a mobilisé des centaines de milliers de Français dans la rue pour s’opposer aux mesures d’austérité du gouvernement, entraînant des affrontements avec les forces de l’ordre et plus de 300 arrestations».
2. Synthèse du Global Peace Index 2026
Le Global Peace Index (GPI) 2026, publié par l’Institute for Economics & Peace (IEP), évalue 163 États et territoires représentant plus de 99,7 % de la population mondiale. L’indice repose sur 23 indicateurs répartis en trois grandes catégories :
- sécurité intérieure ;
- conflits internes et internationaux ;
- niveau de militarisation.
Constat général
Le rapport dresse un tableau préoccupant :
- le niveau mondial de paix continue de se dégrader, prolongeant une tendance observée depuis plus d’une décennie ;
- le monde connaît un nombre record de conflits armés, souvent interconnectés et plus difficiles à résoudre ;
- les tensions géopolitiques s’intensifient avec la montée des puissances régionales et l’affaiblissement relatif de certains équilibres internationaux traditionnels ;
- l’IEP évoque une nouvelle phase de l’ordre mondial qualifiée de « Great Fragmentation », marquée par une fragmentation des alliances et une multiplication des foyers de crise.
Les pays les plus pacifiques
Le classement reste dominé par des pays caractérisés par une forte stabilité institutionnelle, un faible niveau de criminalité et une faible implication militaire.
Les premiers rangs sont occupés par :
- l’Islande (19e année consécutive à la première place) ;
- la Nouvelle-Zélande ;
- la Suisse ;
- la Slovénie ;
- l’Irlande.
L’Europe occidentale et centrale demeure la région la plus pacifique du monde, même si plusieurs pays européens enregistrent une légère détérioration de leur score.
Les pays les moins pacifiques
Les dernières places sont occupées par des États confrontés à des guerres, des conflits civils ou une forte instabilité politique, notamment :
- la Russie ;
- l’Ukraine ;
- Israël ;
- le Soudan du Sud ;
- la Syrie ;
- l’Afghanistan.
Tendances mises en avant
Le rapport souligne plusieurs évolutions majeures :
- augmentation du nombre de conflits simultanés ;
- progression des dépenses militaires dans de nombreuses régions ;
- multiplication des conflits hybrides (cyberattaques, désinformation, actions indirectes) ;
- apparition de nouveaux risques liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine militaire ;
- coût économique mondial de la violence toujours très élevé.
Situation de la France
La France demeure dans la première moitié du classement mondial, mais n’appartient plus au groupe des pays les plus pacifiques. Son score est pénalisé par plusieurs facteurs :
- niveau élevé de menace terroriste ;
- tensions sociales et manifestations violentes ;
- criminalité organisée ;
- niveau relativement important de militarisation lié à son statut de puissance militaire et nucléaire.
Principale conclusion
Le Global Peace Index 2026 conclut que le monde traverse une période de fragmentation géopolitique durable. Les conflits sont plus nombreux, plus complexes et plus internationalisés qu’au cours des décennies précédentes. Si certaines régions, notamment l’Europe du Nord et une partie de l’Asie-Pacifique, conservent un niveau élevé de stabilité, la tendance mondiale reste orientée vers une dégradation de la paix, alimentée par les rivalités entre grandes puissances, les guerres régionales et l’évolution rapide des technologies militaires.
4. Situation de la France
L’édition 2026 du Global Peace Index met en évidence une dégradation continue de la position française, qui apparaît désormais comme le pays le moins bien classé d’Europe occidentale. La France est classée 99e sur 163 pays, un rang très inférieur à celui de la plupart de ses voisins européens.
Évolution sur dix ans (2016–2026)
La tendance est clairement défavorable.
- En 2016, la France occupait encore un rang intermédiaire dans le classement mondial.
- Depuis, son score s’est progressivement dégradé, avec quelques années de stabilisation mais sans véritable amélioration durable.
- En 2026, la France se situe à la 99e place, loin derrière la plupart des États d’Europe occidentale.
Le rapport souligne que la dégradation n’est pas due à un seul facteur mais à l’addition de plusieurs évolutions négatives.
Les facteurs de dégradation
1. Terrorisme
La vague d’attentats de 2015-2016 a profondément affecté le score français.
Même si le nombre d’attentats a diminué depuis, le niveau de menace demeure élevé et continue de peser sur les indicateurs de sécurité.
2. Sécurité intérieure
L’indice prend notamment en compte :
- criminalité violente ;
- perception de l’insécurité ;
- violences urbaines ;
- violences lors des manifestations ;
- maintien de l’ordre.
Les épisodes de violences collectives (mouvement des Gilets jaunes, émeutes de 2023 après la mort de Nahel, affrontements lors de certaines manifestations) ont contribué à dégrader ces indicateurs.
3. Militarisation
Le GPI ne mesure pas uniquement la sécurité, mais aussi le degré de militarisation.
La France est pénalisée par :
- son statut de puissance nucléaire ;
- l’importance de ses dépenses militaires ;
- ses opérations extérieures ;
- son industrie d’armement.
Il ne s’agit pas d’un jugement politique : la méthodologie considère simplement qu’un niveau élevé de militarisation réduit le score global de paix.
4. Conflits extérieurs
La participation française à plusieurs opérations militaires internationales (Sahel, Levant, OTAN, soutien militaire à l’Ukraine, etc.) influence également certains indicateurs du classement.
Comparaison avec les voisins européens
La différence est particulièrement marquée.
- L’Islande reste n°1 mondial.
- La Suisse figure dans le Top 5.
- L’Irlande, la Slovénie, le Portugal et les pays nordiques demeurent parmi les pays les plus pacifiques.
- L’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique restent nettement devant la France.
- Selon le rapport 2026, la France est désormais le pays le moins bien classé d’Europe occidentale.
Que signifie cette dégradation ?
Il est important de souligner ce que le classement mesure… et ce qu’il ne mesure pas.
Le Global Peace Index ne signifie pas que la France serait l’un des pays les plus dangereux du monde. Il agrège des indicateurs très divers :
- niveau de violence criminelle ;
- stabilité intérieure ;
- conflits internationaux ;
- terrorisme ;
- dépenses militaires ;
- possession d’armes lourdes ;
- relations internationales.
Ainsi, une démocratie très engagée militairement peut être moins bien classée qu’un État peu militarisé mais moins impliqué sur la scène internationale. Cette méthodologie explique certaines positions qui peuvent sembler contre-intuitives.
Une dégradation plus large de la gouvernance sécuritaire
Au-delà du seul classement, plusieurs indicateurs internationaux convergent depuis une dizaine d’années :
- baisse relative des indicateurs de stabilité politique ;
- persistance d’un niveau élevé de menace terroriste ;
- augmentation des tensions sociales ;
- violences collectives plus fréquentes ;
- renforcement continu des dépenses de défense dans un contexte géopolitique plus tendu.
Conclusion
Sur la période 2016–2026, la trajectoire française est globalement orientée à la baisse dans le Global Peace Index. Cette évolution résulte principalement de la combinaison de facteurs internes (terrorisme, violences collectives, sentiment d’insécurité) et externes (engagements militaires, niveau de militarisation). Il faut toutefois interpréter ce classement avec prudence : il mesure la « paix » au sens large défini par sa méthodologie, et non uniquement la sécurité quotidienne des habitants.