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LE POIDS BUDGÉTAIRE DES FONCTIONNAIRES – BILAN ET PERSPECTIVES À LA VEILLE DES PRÉSIDENTIELLES – DOSSIER

1. LES PROPOSITIONS :

DE 100 000 à 200 000 SUPPRESSIONS, DES SUPPRESSIONS NON CHIFFRÉES, DES AUGMENTATION …

Gabriel Attal : –100 000 postes dans la fonction publique de l’État.  

Bruno Retailleau : –200 000 postes de fonctionnaires (objectif global annoncé).

Édouard Philippe : Stabilisation ou baisse, sans chiffre annoncé

RN : Réduction de certaines administrations, renforcement des fonctions régaliennes

Jean-Luc Mélenchon: Recrutements importants

Raphaël Glucksmann : Recrutements ciblés

Écologistes : Recrutements dans les services publics

2. LES EFFETS DE L’IA SELON BRUNO RETAILLEAU

Voir l’extrait de l’article ci contre

Le projet repose sur l’idée que l’intelligence artificielle permettra d’accroître fortement la productivité de l’administration.

Selon Bruno Retailleau, ces gains se traduiraient par deux effets distincts :

  • 125 000 postes supprimés grâce au non-remplacement d’une partie des départs à la retraite (moins d’un départ sur cinq d’ici 2032), générant selon son équipe environ 7,5 milliards d’euros d’économies de masse salariale.  
  • 125 000 agents redéployés vers des missions de terrain, sans réduction de leur nombre ni de leur rémunération. L’objectif affiché est d’améliorer la qualité du service public à effectifs constants.  

Où iraient les 125 000 agents redéployés ?

Le document de travail cité par l’article détaille la répartition envisagée :

  • 18 000 policiers et gendarmes davantage présents sur la voie publique et dans les enquêtes ;
  • 35 000 équivalents temps plein pour redonner du temps pédagogique aux enseignants ;
  • 20 000 équivalents temps plein affectés aux hôpitaux ;
  • 6 000 équivalents temps plein pour réduire les délais de la justice ;
  • 46 000 équivalents temps plein pour renforcer l’accueil du public dans les guichets, les mairies et les services de l’État.  

3. Le programme du candidat LR prévoit notamment :

  • un assistant administratif grand public baptisé « Marianne », destiné à accompagner les citoyens dans leurs démarches administratives ;
  • un assistant IA généralisé pour les agents publics afin d’automatiser les tâches répétitives et de libérer du temps pour les missions nécessitant une intervention humaine.  

Gouvernance et financement

Bruno Retailleau propose :

  • un ministère de plein exercice chargé de l’intelligence artificielle ;
  • un Chief Technology Officer (CTO) de l’État doté d’une autorité sur les systèmes d’information ;
  • un budget de transformation numérique centralisé afin d’éviter les doublons entre ministères.

Le coût du plan est évalué à 5 milliards d’euros sur le quinquennat.  

L’idée centrale

L’originalité de cette proposition est de distinguer clairement :

  • 125 000 suppressions de postes (par non-remplacement de départs à la retraite) ;
  • 125 000 redéploiements d’agents existants, rendus possibles, selon Bruno Retailleau, par les gains de productivité de l’IA.

Ainsi, l’objectif global annoncé par son équipe est bien de 250 000 postes “libérés”, mais seulement la moitié correspondrait à des suppressions nettes d’emplois, l’autre moitié étant réaffectée à des missions de terrain.  

4. Ce que signifieraient concrètement les 100 000 suppressions de Gabriel Attal

La fonction publique d’État compte environ 2,5 millions d’agents. Une réduction de 100 000 postes représenterait environ 4 % des effectifs de l’État. Les ministères explicitement protégés étant :

  • Éducation nationale ;
  • Intérieur ;
  • Justice ;
  • Armées.  

Les réductions devraient donc porter principalement sur :

  • Finances publiques (DGFiP) ;
  • administrations centrales ;
  • opérateurs de l’État ;
  • certaines agences ;
  • fonctions support.

5. En 2017, Emmanuel Macron avait pris un engagement chiffré très précis :

  • Supprimer 120 000 postes d’agents publics sur le quinquennat.
    • 50 000 dans la fonction publique de l’État.
    • 70 000 dans la fonction publique territoriale.
    • Les effectifs de la fonction publique hospitalière devaient être préservés. 

6. Évolution des effectifs pendant la décennie Macron : les créations représentent près du double des suppressions promises

120 000 SUPP. // 230 000 CRÉA.

2016 ≈ 5,67 millions

2017 ≈ 5,66 millions

2022 ≈ 5,84 millions

2023 ≈ 5,90 millions

2025-2026 = + DE 5,9 millions

SOIT UNE AUGMENTATION DE : + 230 000

Les données de l’Insee montrent une évolution à l’opposé de la promesse initiale :

7. LE COÛT BUDGÉTAIRE DES FONCTIONNAIRES

On peut établir un ordre de grandeur du coût complet annuel.

Traitement brut + primes 45 000 à 55 000 €

Cotisations employeur (y compris retraite) 20 000 à 30 000 €*

Formation 500 à 2 000 €

Informatique, téléphonie1 000 à 3 000 €

Locaux (loyer, énergie, entretien)4 000 à 8 000 €

Mobilier, fournitures 1 000 à 2 000 €

Déplacements et missions 500 à 3 000 € (très variable)

Fonctions support (RH, informatique, logistique…) 5 000 à 10 000 €

TOTAL 103 000 e // PAR AGENT

En pratique, le coût complet d’un poste administratif de fonctionnaire se situe souvent entre :

  • 80 000 et 100 000 € par an pour un agent de catégorie B ou C ;
  • 100 000 à 130 000 € pour un cadre A ;
  • davantage pour les emplois d’encadrement supérieur.

Ces montants incluent la rémunération, les charges employeur et les principaux coûts de fonctionnement. Ils sont cohérents avec les données de rémunération publiées par l’Insee et les composantes du coût du travail.  

8. ESTIMATION GLOBALE :

100 000 postes10,3 milliards d’euros par an.

200 000 postes20,6 milliards d’euros par an.

ARTICLE – Présidentielle : Bruno Retailleau souhaite redéployer 125 000 fonctionnaires sur le terrain grâce à l’IA

Paul Idczak ACTEURS PUBLICS

Candidat LR à l’élection présidentielle, l’ancien ministre de l’Intérieur vient de dévoiler le volet de son programme dédié à l’intelligence artificielle. Un outil au cœur de son ambition de réduire le nombre de fonctionnaires, mais qui permettrait aussi, à ses yeux, de “rendre un service public plus efficace à effectif constant” en transférant des agents administratifs vers le terrain.

À quel point le déploiement de l’IA dans les services publics impactera-t-il les emplois publics ? À neuf mois du prochain scrutin présidentiel, le candidat LR, Bruno Retailleau, a déjà sa petite idée. L’ancien ministre de l’Intérieur a présenté, le 7 juillet à la Station F, ses nombreuses propositions pour une IA “au service des Français”, dont une partie concerne spécifiquement la fonction publique. Dans le document listant les mesures du candidat, la donne est clairement exposée : selon Bruno Retailleau, l’IA est l’une des raisons, si ce n’est la principale, qui justifie son ambition de supprimer l’équivalent de 250 000 postes de fonctionnaires, martelée depuis de nombreux mois au cours de ses différentes interventions médiatiques.

D’une part, son programme note que “le temps libéré” par l’IA permettra de ne pas remplacer 125 000 agents après leur départ à la retraite, soit “moins d’un départ sur cinq” d’ici 2032. Ce qui produirait …

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