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LA GABEGIE DU CRÉDIT IMPÔTS – RECHERCHE : LE REFUS DE CLARIFIER, D’ÉVALUER, DE CIBLER

1. ARTICLE – Cabinets grassement payés, « formalisme abscons »… Le grand n’importe quoi du crédit d’impôt recherche

Par Marine Landau 13/07/2026 MARIANNE

Destiné à soutenir la recherche privée, le crédit d’impôt recherche (CIR) finance finalement… des recherches qui n’en sont pas. Et sert d’outil d’optimisation fiscale en profitant du flou administratif autour de son existence.

Pas touche à mon crédit d’impôt recherche ! À chaque loi de finances, les lobbies patronaux entonnent le même mot d’ordre. Et pour cause, start-ups, deeptechs, constructeurs automobiles, laboratoires pharmaceutiques recourent toutes à ce dispositif fiscal, appelé CIR chez les familiers de la chose. Conçu pour encourager la recherche et l’innovation en entreprise, il autorise à déduire de l’impôt sur les bénéfices jusqu’à 30 % des dépenses R & D. De quoi permettre aux grosses entreprises et même aux petites d’investir pour rester ou devenir compétitif. Sur le papier, rien à dire. Dans les faits, il en va autrement….

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2. Analyse

L’article de Marianne, intitulé « Cabinets grassement payés, “formalisme abscons”… Le grand n’importe quoi du crédit d’impôt recherche », s’inscrit dans un courant de critiques qui ne remettent pas forcément en cause le principe du crédit d’impôt recherche (CIR), mais dénoncent son fonctionnement, son coût et ses effets.

1. La thèse générale

L’article soutient que le CIR est devenu un dispositif :

  • coûteux pour les finances publiques ;
  • d’une grande complexité administrative ;
  • difficile à contrôler ;
  • générateur d’un marché très lucratif pour des cabinets de conseil spécialisés.

Cette analyse rejoint des critiques exprimées depuis plusieurs années par la Cour des comptes, des commissions parlementaires et certains économistes. 

2. Les cabinets de conseil

Le point le plus marquant est la place prise par les cabinets spécialisés.

Selon l’article, beaucoup d’entreprises ne constituent plus leurs dossiers elles-mêmes mais les confettent à des sociétés qui :

  • identifient les dépenses potentiellement éligibles ;
  • rédigent les dossiers techniques ;
  • défendent les entreprises lors des contrôles.

Leur rémunération est fréquemment indexée sur le montant du CIR obtenu, ce qui peut créer une incitation à maximiser les demandes. Ce secteur représente aujourd’hui une activité économique importante. 

3. Le « formalisme abscons »

L’article critique également la technicité des critères d’éligibilité.

Pour bénéficier du CIR, il faut démontrer que les travaux relèvent bien de la recherche ou du développement expérimental selon des critères scientifiques et fiscaux. Cette démonstration est très documentée et conduit souvent les entreprises à recourir à des experts. L’administration a d’ailleurs mis en place des procédures de rescrit pour sécuriser en amont l’éligibilité des projets. 

4. Une évaluation jugée insuffisante

L’un des reproches majeurs est le manque d’évaluation de l’efficacité réelle du dispositif.

Les critiques portent notamment sur plusieurs questions :

  • le CIR augmente-t-il effectivement les dépenses privées de R&D ?
  • favorise-t-il réellement l’innovation ?
  • crée-t-il davantage d’emplois scientifiques ?
  • ou finance-t-il parfois des dépenses qui auraient été engagées de toute façon (effet d’aubaine) ?

Ces interrogations reviennent régulièrement dans les travaux d’évaluation. 

5. Les arguments des défenseurs du CIR

À l’inverse, les défenseurs du dispositif rappellent que :

  • le CIR est un outil majeur de la politique française de soutien à la recherche privée ;
  • il couvre une part importante des dépenses de R&D des entreprises ;
  • sa suppression pourrait réduire l’attractivité de la France pour certains investissements de recherche. 

L’article de Marianne adopte un ton très critique et met l’accent sur les dysfonctionnements : poids des cabinets, complexité administrative, difficulté des contrôles et manque d’évaluation. Ces critiques trouvent des échos dans d’autres analyses publiques.

Les travaux disponibles engagent un débat sur le rapport coût/efficacité du dispositif, l’ampleur des effets d’aubaine et la nécessité de renforcer les contrôles et l’évaluation.

L’exécutif et le Parlement feraient bien de s’atteler au sujet RN vue d’économiser de l’argent public gaspillé.

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