
L’ancien locataire de Bercy (2017-2024) veut « changer de système » et pas seulement le « réformer », jugeant la France engluée dans une « crise de régime larvée ».
« Notre modèle est en bout de course. Il ne produit plus les résultats que les Français sont en droit d’attendre, ni pour leur économie, ni pour leur sécurité au quotidien, ni pour l’éducation de leurs enfants. Je le dis avec force : les expédients ne suffiront plus. Il est temps de construire une autre France »
B LE MAIRE
« Trente années d’expérience m’ont amené à cette conclusion simple : les réformes sont insuffisantes, le changement structurel est nécessaire ».
Parmi ses propositions, il suggère que le chef de l’Etat reste en surplomb, à « définir où il veut emmener la France, pas gouverner à la place du gouvernement ».
Bruno Le Maire prône de « changer de système » et fait un pas vers une candidature à la présidentielle
TITRE CHALLENGES QUI POURSUIT :
Au cours d’une interview accordé à l’hebdomadaire La Tribune Dimanche, l’ancien ministre de l’Economie et des finances a esquissé les contours d’un programme présidentiel sans pour autant franchir le pas d’une candidature.
Et si Bruno Le Maire était un candidat de plus au sein du bloc central ? A l’occasion d’un entretien à La Tribune Dimanche, l’ex-ministre de l’Économie a fait part de ses réflexions concernant l’état du pays et ne ferme pas la porte à la présidentielle dans quelques mois.
« Notre modèle est en bout de course. Il ne produit plus les résultats que les Français sont en droit d’attendre, ni pour leur économie, ni pour leur sécurité au quotidien, ni pour l’éducation de leurs enfants. Je le dis avec force : les expédients ne suffiront plus. Il est temps de construire une autre France », exhorte l’ancien pensionnaire de Bercy (2017-2024) auprès de l’hebdomadaire.
Éloigné depuis deux ans des fonctions politiques, Bruno Le Maire esquisse les contours d’un programme pour la présidentielle, prônant « la rupture » et « la construction d’un autre modèle », sans pour autant officialiser une candidature. « Mon rôle sera justement de porter ce choix. Jusqu’où ? L’avenir le dira », élude-t-il.
« Je veux changer de système »
Alors que plusieurs candidats occupent l’espace central et de droite, comme Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, Bruno Le Maire fait valoir sa « différence » : « je veux changer de système, pas réformer le système ! Trente années d’expérience m’ont amené à cette conclusion simple : les réformes sont insuffisantes, le changement structurel est nécessaire ».
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Parmi ses propositions, il suggère que le chef de l’État reste en surplomb, à « définir où il veut emmener la France, pas gouverner à la place du gouvernement ». « Je vois trois priorités : la première est de redonner de la prospérité à un peuple français en appauvrissement accéléré depuis des décennies. Le travail doit payer et les entreprises doivent être libérées », détaille-t-il.
« La deuxième priorité est de rétablir l’autorité de l’État : la même règle doit être appliquée partout, pour tous, tout le temps. La peur doit changer de camp », poursuit-il. Quant à « la troisième, c’est l’Allemagne. Il n’y a qu’avec elle que nous pourrons construire une Europe capable de résister aux puissances chinoise et américaine », appuie l’ancien candidat à la primaire de la droite en 2016.
Il prône la suppression de la fonction publique territoriale
Interrogé sur sa conception du modèle social, il juge qu’il doit se cantonner à « un filet de sécurité, pas un open bar ». « La réponse est donc dans le travail pour tous, pas dans de nouvelles aides. La protection doit être réservée exclusivement aux plus fragiles », insiste-t-il.
Il appelle aussi à une réforme de l’État, notamment avec « la suppression de la fonction publique territoriale ».
Bruno Le Maire était brièvement revenu au gouvernement à l’automne 2025, lors du vaudeville ayant conduit à la chute en 12 heures de l’équipe Lecornu 1. Nommé aux Armées, il avait cristallisé les récriminations, ses contempteurs lui faisant endosser le dérapage des finances publiques, en n’ayant pas su fermer le robinet après le Covid.
« Depuis mon départ de Bercy, trois premiers ministres se sont cassé les dents sur la dette, qui a augmenté de près de 300 milliards d’euros. Vous le voyez bien : la dette est un problème de système, pas un problème de personne. Assez avec les hypocrisies », s’est-il indigné.