
Agression sexuelle dans le périscolaire : huis clos prononcé contre l’avis des victimes et du parquet
Publié le 01/09/2026 Julien Mucchielli ACTUJURIDIQUE
Le tribunal de Paris examinait ce mardi le cinquième dossier d’agression sexuelle dans le périscolaire de la capitale. À la surprise générale, la justice a fait droit à la demande de huis clos du prévenu qui invoquait l’intérêt des victimes.
Aujourd’hui comme hier, la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Paris devait juger un homme prévenu d’agressions sexuelles sur plusieurs enfants. Lundi, un homme de 39 ans était jugé pour des faits commis sur neuf fillettes âgées de 6 à 10 ans (notre article ici) ; ce jour, mardi 1er septembre, un homme de 22 ans comparaissait pour des faits commis sur trois enfants, tous nés en 2021. Ils auraient été commis à l’école maternelle Grands Champs, dans le 20e arrondissement de Paris.
Le prévenu est le compagnon d’une institutrice de l’école. En début d’audience, par l’intermédiaire de son avocate, il a fait une demande de huis clos. L’avocate a dit que c’était pour préserver les « victimes », c’est le terme qu’elle a employé, de toute atteinte à leur dignité, au vu notamment du climat médiatique. Pour la « sérénité des débats », le huis clos total s’impose, a-t-elle plaidé.
La « pression médiatique » évoquée par la défense se résume à quatre journalistes…
« Nous sommes opposées à cette demande de huis clos ; ça semble ironique que ce soit le prévenu aujourd’hui qui se prévale des intérêts de l’enfant », a répondu une avocate des parties civiles, en son nom et en celui de ses consœurs, qui approuvent le propos d’un hochement de tête. Les enfants ne sont pas présents à l’audience, et les parents n’ont rien demandé. Tous s’opposent fermement au huis clos : ils veulent que les débats soient publics.
C’est aussi la volonté du procureur. « On peut comprendre qu’il n’ait pas envie de parler de cette affaire en audience publique, mais ça se heurte au principe de publicité des débats », a-t-il énoncé simplement. Le procureur lève les yeux vers la salle, à moitié vide. La « pression médiatique » évoquée par la défense se résume à quatre journalistes, habitués des salles d’audience. Comme la partie civile, il demande que la requête de la défense soit rejetée.
Le tribunal se retire pour délibérer, et à la surprise générale, la présidente annonce faire droit à la demande de huis clos, « pour préserver la sérénité des débats », énonce-t-elle, sans donner plus d’explications à une décision qui, en dehors du tribunal, ne satisfait que l’homme prévenu d’avoir sexuellement agressé trois enfants. Il est plutôt rare qu’un huis clos soit accordé uniquement à la demande du mis en cause, contre l’avis des parties civiles.
Ce dossier est le cinquième dossier de violences sexuelles dans le périscolaire parisien jugé cette année. Le premier s’était déroulé à huis clos, à la demande des parties civiles, et les trois autres ont eu lieu publiquement, sans qu’aucun journaliste ne divulgue les noms des enfants, et sans qu’on puisse relier un quelconque incident aux articles écrits à cette occasion.