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McKINSEY : UNE AFFAIRE AVANCE (FISCALE), L’AUTRE PAS ( MACRON ) – 4 ANS APRÈS : DES JUGES INDOLENTS ?

Fraude fiscale : la justice saisit 65 millions d’euros sur les comptes du géant du conseil McKinsey

TITRE MEDIAPART QUI POURSUIT : Après quatre ans d’enquête sur la fraude fiscale présumée de McKinsey en France, le Parquet national financier a obtenu la saisie en Belgique de 65,2 millions d’euros appartenant au géant états-unien du conseil. Une seconde enquête judiciaire est en cours sur les liens entre McKinsey et Emmanuel Macron.

La justice frappe McKinsey au portefeuille. Le Parquet national financier (PNF) a annoncé vendredi 4 septembre avoir fait saisir au mois d’août par le parquet de Bruxelles la somme de 65,2 millions d’euros sur des comptes bancaires belges du géant états-unien du conseil en stratégie, dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte en mars 2022 pour blanchiment de fraude fiscale aggravé. …

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McKinsey : l’heure des comptes a sonné, le PNF devance le fisc

Mis devant leurs responsabilités

Par  Emmanuel Lévy. 04/09/2026 Marianne

En saisissant 65 millions d’euros en Belgique, le Parquet national financier (PNF) vient de montrer sa force de frappe face au géant du conseil. Et d’acter un basculement : pour traquer les grandes fraudes, le juge pénal n’attend plus le fisc.

Pendant des années, pour McKinsey, tout allait bien. Le cabinet pouvait facturer plus de 3 000 euros la journée de consultant à l’État, encaisser plus de 320 millions d’euros de chiffre d’affaires en France, et n’y verser, au titre de l’impôt sur les sociétés, même pas de quoi se payer un Carambar. Zéro, pendant au moins dix ans, de 2011 à 2020. Dans une commission d’enquête, le Sénat y voyait pudiquement un « exemple caricatural d’optimisation fiscale », et matière à saisir la justice pour faux témoignage. Le géant américain s’était fait nain fiscal. La prouesse vient de se fracasser sur le mur de la justice pénale. Le cabinet, très proche de la macronie triomphante de 2017, lui, assurait avoir versé plus de 420 millions d’euros d’impôts et de charges sociales sur la période.

Ce 4 septembre 2026, un communiqué commun du PNF et du procureur du Roi de Bruxelles a rendu la saisie publique. Motif : « blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée ». La somme couvre 96 % du préjudice, soit, en remontant le calcul, près de 68 millions d’euros, la note fiscale estimée par les services de Pascal Prache, le procureur national financier. Et c’est là que ça devient intéressant : ce chiffre, ce sont les magistrats qui l’ont posé. Pas les inspecteurs des impôts.

LE MIRAGE DES PRIX DE TRANSFERT

La recette est connue. On surévalue ce que les filiales françaises paient à la maison mère, le bénéfice imposable en France fond, la marge remonte ailleurs. D’autant plus simple que la valeur du conseil relève d’une prestation intellectuelle, totalement immatérielle comme des marques, des méthodes, voir des bases de données. Autant d’actifs logés sans peine dans une structure au Delaware, ou dans un autre paradis fiscal, ce que la Belgique peut aussi être pour certains montages. L’économiste Gabriel Zucman estime ainsi que 40 % des bénéfices des multinationales sont ainsi expatriés, soit 20 milliards d’euros perdus chaque année pour la France.

Pour attaquer le montage, le PNF s’est appuyé sur les officiers fiscaux judiciaires de l’Office national anti-fraude, qui ont reconstitué la base taxable à partir des données saisies lors de la perquisition de mai 2022. Surtout, il disposait d’une clé : depuis un arrêt de la Cour de cassation de 2008, le blanchiment de fraude fiscale est une infraction autonome. Traduction : le parquet poursuit sans attendre de plainte de Bercy. La brèche avait servi pour Cahuzac et les Panama Papers. Jamais à cette échelle.

Le précédent Google devrait faire réfléchir McKinsey. Face au moteur de recherche, le fisc avait perdu : plus d’un milliard d’euros de redressement annulé par la justice administrative en 2017, confirmé en appel deux ans plus tard. C’est la voie pénale qui a débloqué l’affaire, avec à la clé une convention judiciaire d’intérêt public de près d’un milliard d’euros.

Une transaction du même ordre attend-elle McKinsey ? Rien ne l’interdit. Mais en gelant 96 % d’un préjudice qu’il a lui-même chiffré, le PNF ne s’est pas fermé la porte : il s’est assis à la table en position de force. D’autant que, «l’enquête préliminaire se poursuit»…

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