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Le Chef de l’Etat désigne une «crise de l’autorité» et préconise une «rééducation» sur «l’autorité légitime»: DÉCRYPTAGES

BILLET

L’expression « banalisation de la violence » est préférée à celle d’ « ensauvagement »

Le débat sur l’ensauvagement se poursuit.

Voir notre publication: Une France « Orange Mécanique »? Culture de l’excuse et Ensauvagement

LIEN: https://metahodos.fr/2020/08/28/une-france-orange-mecanique-culture-de-lexcuse-et-ensauvagement/

Le Président de la république, refusant de reprendre le terme, a précisé il y a trois jours : «Je ne vais pas faire de commentaire lexical. Moi, je parlerais d’une banalisation de la violence» . Il n’a pas démenti – apparemment – le diagnostic alarmant de son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. 

Le Président s’attache principalement à bien calibrer son commentaire sur le débat qui se développe en grande partie hors du champs gouvernemental: celui de l’accroissement de l’insécurité et des violences.

L’article relatant son intervention devant la presse – repris ci contre – indique que « le chef de l’Etat est revenu avec insistance tout au long de cet entretien de près de deux heures, sur la nécessaire restauration de «l’ordre républicain».

Les réseaux sociaux, la droite et l’extrême droite, le « commentaire permanent » sont autant de responsables désignés

Extrait de l’article ci contre: « il se défend d’avoir découvert le sujet ces dernières semaines sous la pression des oppositions de droite et d’extrême droite qui dénoncent un bilan jucatastrophique« . « Quelque chose se passe dans notre société qui sans doute s’est accélérée à la sortie du confinement», indique le PR.

Outre un «cocktail de problèmes»  d’éducation et d’intégration, il pointe un «changement anthropologique» qui trouverait son origine dans la :banalisation de la violence sur les réseaux sociaux ».

Il reprend là une analyse déjà maintes fois formulée au plus fort de la révolte des gilets jaunes : il dénonce l’avènement d’une «société du commentaire permanent», selon sa propre expression.

Une « rééducation nécessaire » (et suffisante ?)

Il évoque «une délégitimation des autorités légitimes», et estime que l’on est face à une «crise de l’autorité»  à laquelle il conviendrait de répondre par une «rééducation»  sur ce qu’est «l’autorité légitime, celle qui, en démocratie, procède de l’élection».

Quid de l’action ?

Peut on parler de commentaire du « commentaire » par ailleurs fustigé ?

Le Dire ou le Faire: On aurait aimé entendre parler de l’action.

Par ailleurs, évoquant la démocratie il ne parle que de la légitimité de l’autorité exécutive et non pas de celle des autres institutions, pouvoirs et parties prenantes – pleinement légitimes eux aussi en démocratie.

« Le chef de l’Etat, indique le journaliste de l’article repris ci contre, prétend associer un plan de restauration du pacte républicain au plan de relance. Il a annoncé qu’il s’exprimerait publiquement sur le sujet vendredi prochain, à l’occasion du 150e anniversaire de la proclamation de la République (la IIIe) par Gambetta, le 4 septembre 1870.

Quid du « mea culpa » et du « changement de méthode » annoncé du 14 juillet ?

Il dénonçait les « discours de haine et de radicalité, qui « affaiblissent la démocratie« , sans aller jusqu’à indiquer que l’insuffisance de la pratique démocratique crée les phénomènes qu’il dénoncait. Il promettait davantage de dialogue.

Notre publication qui suivait la conférence de presse du 14 juillet:

https://metahodos.fr/2020/07/16/mea-culpa-de-lexecutif-et-annonce-dun-changement-de-methode/

Verticalité et Horizontalité

L’écoute, le dialogue, la concertation sont ils au rendez vous sur cette question essentielle de la sécurité et de sa réalité quotidienne, au delà des commentaires qualifiés d’ « horizontaux » ? L’exécutif favorise t il, autorise t il le débat légitime sur la sécurité ? ou fustige t il ceux qui en parlent et cherchent des remèdes ?

L’autorité, en démocratie, ne se décrète pas, elle se prouve dans l’action et se fonde dans la gouvernance – qui la soutient.

L’horizontal n’est il pas une vertu en démocratie, comme elle doit l’être dans une gouvernance équilibrée, libérée – dans sa phase d’écoute, de délibération – de verticalités excessives ?

Rappelons en conclusion ce que nous pensons être des fondamentaux ou des évidences :

  • La sécurité est une des fonctions majeures d’un Etat Républicain.
  • Elle est un sujet qui doit être débattu en démocratie.
  • Elle garantit – comme en retour – la démocratie et les libertés.
  • Elle autorise une Action Publique Efficiente au service des citoyens.

Pourquoi avoir peur d’en débattre ? les 550 jours qui restent pour l’action de l’exécutif ( sur les 600 fixés par le PR ) seront ils suffisants pour approfondir ces sujets et installer des remèdes ?

Et peut être remonter dans le classement international des démocraties : https://metahodos.fr/2020/08/30/la-france-classee-24eme-29eme-ou-37eme-pour-sa-democratie-et-sa-gouvernance/

.L. et P.A.

ARTICLE

Face à la «crise de l’autorité» Macron préconise une «rééducation» sur ce qu’est «l’autorité légitime»

Par Alain Auffray — 29 août 2020 – Libération

S’il s’abstient de reprendre à son compte le mot «ensauvagement», Emmanuel Macron partage apparemment sans réserve le diagnostic alarmant de son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. «Je ne vais pas faire de commentaire lexical. Moi, je parlerais d’une banalisation de la violence» a-t-il expliqué vendredi soir, devant plusieurs dizaines de journalistes de l’Association de la presse présidentielle réunis pour la circonstance dans un restaurant parisien. Le chef de l’Etat est revenu avec insistance tout au long de cet entretien de près de deux heures, sur la nécessaire restauration de «l’ordre républicain». Il se défend d’avoir découvert le sujet ces dernières semaines sous la pression des oppositions de droite et d’extrême droite qui dénoncent un bilan jugé catastrophique. Ce vendredi encore, le président LR du Sénat Gérard Larcher parlait sur LCI d’un «sentiment d’impuissance» et d’un «recul de l’Etat de droit».

Macron revendique d’avoir identifié le sujet dès le début de son quinquennat, ce qui l’a conduit à «réinvestir dans des moyens humains» pour la police et la gendarmerie (environ 10 000 embauches policières et gendarmes depuis le début de son quinquennat). Il y ajoute, en cette rentrée, des moyens pour la Justice avec des embauches de juges et de greffiers «partout où c’est nécessaire»«Quand un délinquant est appelé devant le juge six ou huit mois (après les faits qui lui sont reprochés), et qu’il purge sa peine douze ou dix-huit mois après, ça n’a aucune vertu et, pour la victime, c’est insupportable», a-t-il constaté. Le chef de l’Etat s’étonne que ceux qui dénoncent ses insuffisances «sont ceux qui ont réduit les moyens de la police et de la gendarmerie», visant implicitement les baisses d’effectifs pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

«Cocktail de problèmes»

Emmanuel Macron dit toutefois constater, lui aussi, que la situation s’est «durcie», que «quelque chose se passe dans notre société qui sans doute s’est accélérée à la sortie du confinement». Outre un «cocktail de problèmes» d’éducation et d’intégration, il pointe un «changement anthropologique» qui trouverait son origine dans la banalisation de la violence sur les réseaux sociaux. Reprenant une analyse qu’il a souvent formulée au plus fort de la révolte des gilets jaunes, il dénonce l’avènement d’une «société du commentaire permanent». Il décrit un phénomène «d’horizontalisation» fait de paroles qui «s’entrechoquent» et qui sont toutes placées au même niveau, conduisant à «une délégitimation des autorités légitimes».

Convoquant, comme souvent, son «cher» Paul Ricœur, Macron estime que l’on est face à une «crise de l’autorité» à laquelle il conviendrait de répondre par une «rééducation» sur ce qu’est «l’autorité légitime, celle qui, en démocratie, procède de l’élection». Le défi de cette rentrée ne serait donc pas seulement de surmonter les crises sanitaires et économiques. Au plan de relance qui sera présenté jeudi prochain, le chef de l’Etat prétend associer un plan de restauration du pacte républicain. Il a annoncé qu’il s’exprimerait publiquement sur le sujet vendredi prochain, à l’occasion du 150e anniversaire de la proclamation de la République (la IIIe) par Gambetta, le 4 septembre 1870.

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