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Séparatisme: nouveau pas de clerc?

PRÉSENTATION

Les commentaires autour des expressions ensauvagement, racailles, ou encore séparatisme qui se développent autour d’une réalité qui ne relève pas de la seule perception, n’ont pas créé le débat tant attendu sur la sécurité et le vivre ensemble.

Au sein de l’exécutif, et singulièrement du gouvernement, c’est chacun pour soi: Le PR, le PM, le Ministre de l’Intérieur, celui de la Justice, de l’Education, de la Culture…, et – en dehors – l’échange démocratique est une fois de plus bloqué, et les positions des uns ou des autres caricaturées.

Et on revient aux clichés qui empêchent tout débat: l’insécurité, c’est de droite…et la presse ne se prive pas de surfer sur cette vague: c’est « l’éternel retour » évoqué dans l’un des articles que nous avons publiés.

Voir nos précédentes publications:

https://metahodos.fr/2020/09/09/republique-republique-republique-literation-ne-lui-redonnera-pas-la-realite-attendue/

https://metahodos.fr/2020/09/09/on-a-casse-la-republique-commemorer-150-ans-dhistoire-de-la-nation/

https://metahodos.fr/2020/09/08/leternel-retour-de-la-question-securitaire-et-la-violence-comme-regulateur-de-la-vie-sociale/

https://metahodos.fr/2020/09/05/face-a-la-racaille-un-pouvoir-desarme-ou-cynique/

https://metahodos.fr/2020/09/04/ensauvagement-suite-ce-mot-qui-empeche-le-debat-et-laction-en-democratie/

https://metahodos.fr/2020/08/31/etat-ecole-sport-islamisme-radical-polymorphe/

https://metahodos.fr/2020/08/31/le-chef-de-letat-designe-une-crise-de-lautorite-et-preconise-une-reeducation-sur-lautorite-legitime-decryptages/

https://metahodos.fr/2020/08/28/une-france-orange-mecanique-culture-de-lexcuse-et-ensauvagement/

Nous vous proposons un article qui éclaire la suite donnée après des annonces et mises en scène. très républicaines.

On peut lire dans l’article de l’Opinion:

« Dans son offensive contre « l’aventure séparatiste », qui désigne en fait le repli islamiste, le gouvernement a dévoilé en début de semaine les mesures phares de son prochain projet de loi. Deux volets ressortent à ce stade : le contrôle des associations et la lutte contre l’inégalité femmes-hommes. De l’avis d’acteurs de terrain, l’un et l’autre, pour l’heure, tapent à côté.« 

ARTICLE

Coup de menton

« Séparatisme » : comment le gouvernement tape à côté


9 sept, 2020, L’Opinion

« Se draper dans sa dignité en disant qu’on ne mange pas de ce pain-là ne résout rien: qu’est-ce qu’on a raté dans la grand-messe de l’intégration? Pourquoi ces traditions perdurent-elles ? » « La République indivisible, c’est l’école qui marche, l’absence de discriminations, le travail des associations laïques. Pas des mesures anecdotiques pour frapper l’opinion »


Le projet de loi contre les « séparatismes » religieux sera présenté en conseil des ministres d’ici au mois de novembre et débattu au Parlement début 2021.


BEAUCOUP DE BRUIT pour de petites mesures.

Dans son offensive contre « l’aventure séparatiste », qui désigne en fait le repli islamiste, le gouvernement a dévoilé en début de semaine les mesures phares de son prochain projet de loi. Deux volets ressortent à ce stade : le contrôle des associations et la lutte contre l’inégalité femmes-hommes. De l’avis d’acteurs de terrain, l’un et l’autre, pour l’heure, tapent à côté.

A destination des associations, l’exécutif veut créer un contrat d’engagement sur la laïcité.

« Donc, on va demander aux associations de signer une charte pour dire qu’elles respectent la loi », moque un agent préfectoral. Une sorte de contractualisation du respect des valeurs de la constitution pour toute structure recevant des fonds publics. « Nous ne verserons plus un euro d’argent public aux associations qui sont les ennemies de la République ! », a déclaré Marlène Schiappa dans Le Parisien. Si le préfet constate « que les valeurs de la République sont bafouées — l’égalité femmes-hommes, la laïcité, le respect de la dignité de chacun ou la liberté de conscience », l’Etat mettra son veto au versement de subventions.


En marge.

Sauf que les associations « séparatistes », c’est-à-dire celles qui « s’organisent en marge de la République de manière hostile et souvent violente », selon la définition que Marlène Schiappa a elle-même donnée sur RTL, ne demandent pas toujours des subventions à la mairie. C’est même l’inverse ; elles minimisent leurs contacts avec les pouvoirs publics, dont elles se méfient, et préfèrent la solidarité communautaire. « Il n’y a pas mieux que d’être indépendant financièrement pour éviter qu’une autorité cherche la petite bête ou influence la gestion », atteste Mossaab Ouertatani, ancien intervenant dans une association scolaire musulmane traditionaliste en SeineSaint-Denis, où l’on enseigne le Coran à des fillettes portant le hijab. Quand l’équipe municipale avait approché la présidente de cette association pour lui offrir une dotation, celle-ci avait d’ailleurs décliné…


Mais pour l’heure, les ministres Darmanin Schiappa n’ont pas dit mot de la responsabilité des élus.

Ni du besoin de critères clairs et objectifs, au risque de voir exploser le contentieux pour rupture d’égalité. « Les activités non mixtes existent aussi dans les associations catholiques ou juives », glisse un responsable associatif religieux. La place Beauvau recycle des pistes déjà présentées par le gouvernement il y a un an, en plein débat sur le communautarisme aux municipales : subventions conditionnées au respect des principes d’universalité et d’égalité, contrôle du préfet sur les horaires des administrations, des salles de sport ou des piscines. Ces propositions étaient restées sans lendemain, malgré un vif débat lancé à l’époque… par Gérald Darmanin.


L’autre mesure portée par Marlène Schiappa consiste à pénaliser la pratique des « certificats de virginité ».

Seront sanctionnés les médecins qui « osent encore certifier » qu’une femme est vierge pour permettre un mariage religieux. Quid des familles qui réclament une telle certification ? « C’est en discussion », hésite l’entourage ministériel. « C’est un faux sujet », balaie Ghada Hatem, gynécologue-obstétricienne, fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis, un lieu de prise en charge des femmes victimes de violences près de l’hôpital Delafontaine. Depuis une vingtaine d’années, cette praticienne voit des jeunes patientes réclamer l’attestation de virginité. « Mais le phénomène est très marginal, de l’ordre d’une ou deux fois par an », précise l’auteure de Vaincre les violences faites aux femmes.


« Un peu comme les jeunes Bretonnes montées à Paris, il y a soixante ans, qui demandaient un certificat de bonnes moeurs pour rassurer leur famille pratiquante. Quand cela arrive, on tente de les dissuader, de leur expliquer qu’elles n’ont aucune obligation de se soumettre à ces traditions. Mais pour elles, c’est un moyen d’avoir la paix. » Et d’éviter les opérations de réfection d’hymen destinées à « reconstituer » une virginité qui, elles, sont plus fréquentes — jusqu’à trois fois par mois à Saint-Denis. Considérées comme de la chirurgie esthétique, elles ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale. « On tente de dissuader ces jeunes filles, mais quand elles sont déterminées ou terrorisées, on le fait. Autrement, elles iront voir un gynécologue du bled ou éviteront l’hôpital public.»


Education.

Pour le docteur Ghada Hatem, nul doute que le gouvernement manque sa cible. « Ils partent d’un bon sentiment, mais ne pensent pas aux conséquences et se trompent de coupables. Se draper dans sa dignité en disant qu’on ne mange pas de ce pain-là ne résout rien : qu’est-ce qu’on a raté dans la grand-messe de l’intégration ? Pourquoi ces traditions perdurent-elles ? Il faut éduquer les familles, ouvrir l’école trois fois par an à l’éducation sexuelle, inculquer aux jeunes filles l’autonomie et la liberté… »


Un ancien visiteur de l’Elysée, fin connaisseur, ne dit pas autre chose : « La République indivisible, c’est l’école qui marche, l’absence de discriminations, le travail des associations laïques. Pas des mesures anecdotiques pour frapper l’opinion. » Le projet distillé par l’exécutif privilégie, pour l’heure, une approche juridique plus que sociologique, d’interdiction plus que de combat culturel, à rebours du macronisme qui prétendait en 2017 traiter les maux à la source. « La difficulté de crier au séparatisme pendant des mois avec des mesures inadaptées derrière, achève cet interlocuteur, c’est de renforcer la séparation.

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