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Lire Christian SAINT ETIENNE: La nouvelle troisième voie

La nouvelle troisième voie

JEAN-MARC DANIEL · oct. 8, 2020 l’Express

LE LIBÉRALISME STRATÈGE CONTRE LE CHAOS DU MONDE PAR CHRISTIAN SAINT-ÉTIENNE. ODILE JACOB, 186 P.


Titulaire de la chaire d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), Christian Saint Etienne est un universitaire connu et reconnu qui n’hésite pas à élargir sa réflexion au ­delà du strict champ de la science économique. Il nous en donne une preuve brillante, bien que parfois difficile d’accès, avec son dernier livre, intitulé Le Libéralisme stratège contre le chaos du monde. Dans ce texte ambitieux qui se conclut par une annexe où sont détaillées 15 réformes à mettre en oeuvre rapidement, Christian Saint Etienne commence par porter un diagnostic ample et acéré sur les forces et les faiblesses de notre époque. Celle ­ci est marquée par de profondes mutations technologiques dont les bienfaits sont évidents mais dont les dangers ne doivent pas être sous­ estimés. Ce que la crise sanitaire que nous traversons révèle, c’est une forme d’incapacité de nos dirigeants à y faire face, incapacité qui se traduit par un chaos grandissant dans les affaires du monde.


Deux possibilités sont offertes pour l’affronter. La première, fondée sur une vision déterministe de la vie, conduit à confier le destin du monde à une technocratie se prétendant éclairée ; la seconde, fondée sur la conviction plus humaniste de la nécessité de laisser à chacun son libre arbitre, milite pour un renouvellement du libéralisme et de la démocratie représentative. Le but de l’ouvrage est de défendre cette seconde option. Pour ce faire, l’auteur développe d’abord une longue et érudite histoire du libéralisme et de ses fondements philosophiques. Il décrit ensuite comment le libéralisme, en se faisant, selon son propos, « stratège », pourra répondre aux besoins du moment.
Le libéralisme stratège se situe à mi­ chemin de deux écueils : d’un côté, celui du dirigisme plus ou moins planificateur qui est la traduction économique du déterminisme et qui a atteint son paroxysme avec le socialisme des « démocraties populaires » est­ européennes dans les années 1960 ; de l’autre, ce que Christian Saint ­Etienne appelle le « marchéisme », vision où tout doit relever du marché et du secteur privé, mais dont le défaut fondamental est de favoriser le court ­termisme.
Concrètement, dans un monde où émerge et se renforce l’économie de la connaissance, l’Etat doit assumer des budgets de l’éducation élevés et des efforts pour la recherche significatifs. Il doit donc se donner comme objectif non pas de limiter ses dépenses, mais de veiller à ce que leur poids dans la richesse créée soit comparable à celui des pays qui sont au même stade de développement. L’ouvrage de Christian Saint­ Etienne est un texte important et intellectuellement séduisant. Mais le lecteur qui s’engage dans sa lecture doit être prévenu que celle ­ci est complexe et exigeante.




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