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Derrière le Covid: « Une année criminelle »

INTRODUCTION

« Le vieil adage qui voudrait que ce qui se passe aux Etats-Unis préfigure ce qui pourrait se produire en France ne doit pas être balayé d’un revers de main » Alain Bauer est professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers, New York et Shanghai.

Citations:

En France, l’année 2019 avait été marquée par un record d’homicidité (homicides, tentatives, coups et blessures ayant entraîné la mort, règlements de comptes entre malfaiteurs).

Dans un lourd contexte de violences sociales, de défiance vis-à-vis de l’Etat, de contestations diverses des différentes autorités publiques, il semble hélas probable que les problématiques plurielles de violences et d’insécurités se maintiennent à un niveau très élevé, sur des territoires beaucoup plus diversifiés provoquant une victimation impliquant une surreprésentation des populations paupérisées.

Le vieil adage qui voudrait que ce qui se passe aux Etats-Unis préfigure ce qui pourrait se produire en France ne doit pas être balayé d’un revers de main. La violence homicide revient. Très fort. Très vite. Et ce problème ne concerne ni les seuls « possédants », ni les seuls « colonisateurs », ni les seuls « hommes blancs ». Mais bien la société tout entière.

TRIBUNE

«2020, année criminelle»

Alain Bauer 05 janvier 2021 L’Opinion

En 2020, cachée derrière la Covid, une autre épidémie a touché de nombreux pays qui pensaient pourtant avoir guéri depuis une ou deux décennies les causes d’un autre mal, plus criminel : une pandémie d’homicides et de violences.

Selon les dernières statistiques, 2020 aura été une année particulièrement mortelle aux Etats-Unis, probablement la pire en inflation homicide depuis que le pays dispose d’un outil fédéral de recensement criminel (UCR).

Selon un décompte du Washington Post, sur 57 des plus grandes agences de police américaines, la hausse serait de 36,7 % pour les neuf premiers mois. Le FBI en trouve 20 % de plus. Une inflation d’homicides et d’autres violences sur les personnes jamais vues depuis le pic des années 1990 et qui pourraient égaler ou dépasser le pire résultat jamais enregistré en nombre de faits. Même la vertueuse New York a connu une augmentation de 40 % des homicides enregistrés : plus de 400, fort heureusement loin du « record » des années 1990 qui avaient vu plus de deux mille entrées à la morgue.

Or, ce choc homicide se répercute dans tout le pays, grandes et petites villes, Etats fortement urbanisés ou encore très ruraux. Et sur une période temporelle très concentrée, entre mai et décembre 2020. Curieusement, plus les protestations légitimes contre les violences de certains policiers, voire les violences policières dans certains services de police, prenaient de la vigueur, plus les violences contre les citoyens par des gangs, des milices ou d’autres citoyens se multipliaient.
« La violence homicide revient. Très fort. Très vite. Et ce problème ne concerne ni les seuls “possédants”, ni les seuls “colonisateurs”, ni les seuls “hommes blancs” »


Populations paupérisées. 

Pendant que les criminologues tentent de comprendre précisément le phénomène et espèrent qu’il restera temporaire, il est notable de souligner que des phénomènes de même nature touchent un grand nombre de pays, notamment occidentaux. Ainsi Londres aura connu en 2019 son niveau le plus élevé avec 148 homicides et au 30 juin 2020, le nombre d’homicides en Angleterre et au pays de Galles progressait de 9 %.

En France, l’année 2019 avait été marquée par un record d’homicidité (homicides, tentatives, coups et blessures ayant entraîné la mort, règlements de comptes entre malfaiteurs).

Malgré les confinements et couvre-feux, qui ont un effet marque sur la criminalité acquisitive (vols, cambriolages, etc.), le niveau de violence, notamment en matière sexuelle, se maintient a un niveau élevé. Celui des homicides ne connaît pas de baisse sensible sur les onze premiers mois connus de l’année…

Dans un lourd contexte de violences sociales, de défiance vis-à-vis de l’Etat, de contestations diverses des différentes autorités publiques, il semble hélas probable que les problématiques plurielles de violences et d’insécurités se maintiennent à un niveau très élevé, sur des territoires beaucoup plus diversifiés provoquant une victimation impliquant une surreprésentation des populations paupérisées.

Le vieil adage qui voudrait que ce qui se passe aux Etats-Unis préfigure ce qui pourrait se produire en France ne doit pas être balayé d’un revers de main. La violence homicide revient. Très fort. Très vite. Et ce problème ne concerne ni les seuls « possédants », ni les seuls « colonisateurs », ni les seuls « hommes blancs ». Mais bien la société tout entière.
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