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«UN PUISSANT MOUVEMENT DE CONSTERNATION ET D’EXASPÉRATION». ALAIN BAUER

VERS UN « PROFOND SÉISME ÉLECTORAL » EN 2022 ?

C’est la seconde fois que des militaires s’expriment collectivement et publiquement. Agora Vox écrivait en avril :

« Nos gouvernants n’aiment pas être dérangés ni interpellés. Ils détestent les lanceurs d’alerte si facilement qualifiés de « complotistes » et presque « d’ennemis intérieurs ». Des militaires ont décidé d’alerter le pouvoir sur les dangers à venir si rien n’est fait. La réponse à cette alerte est cinglante et prévisible : honte à ceux qui osent alerter. Les lanceurs d’alerte seraient-ils plus dangereux que les délitements en cours ? »

En observant ce qu’il se passe dans la police et l’armée, Alain BAUER met en garde contre un «profond séisme électoral» en 2022.

Alain Bauer est professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers. Voir nos publications faisant référence à Alain BAUER:

ALAIN BAUER : «LE PROCHAIN VIRUS SERA CYBER». ET L’IMPRÉPARATION TOTALE. https://metahodos.fr/2021/04/20/le-prochain-virus-sera-cyber-la-tribune-dalain-bauer/

Derrière le Covid: « Une année criminelle » https://metahodos.fr/2021/01/06/derriere-le-covid-une-annee-criminelle/

« L’éternel retour de la question sécuritaire » et « la violence comme régulateur de la vie sociale https://metahodos.fr/2020/09/08/leternel-retour-de-la-question-securitaire-et-la-violence-comme-regulateur-de-la-vie-sociale/

« Il est temps de se réveiller et de répondre aux questions légitimes des citoyennes et de citoyens. Faute de quoi ils pourraient choisir un nouveau type de droit de retrait, électoral cette fois-ci.  » conclut l’article.

ARTICLE

«UN PUISSANT MOUVEMENT DE CONSTERNATION ET d’D’EXASPÉRATION »

Alain Bauer

11 mai 2021 – L’Opinion

La criminologie est une science définie par Emile Durkheim, il y a plus d’un siècle comme celle de la relation entre le crime, fait social, son ou ses auteurs, sa ou ses victimes et les circonstances de sa commission.

L’analyse des phénomènes criminels n’a pas vocation à déborder ce cadre et il convient d’éviter le processus « toutologique » qui pousserait le porteur d’un savoir ou d’une expérience particulière à s’exprimer sur tout et n’importe quoi, au rythme effréné des chaînes d’information en continu ou des réseaux sociaux.

Mais la médiatisation créée aussi des effets de proximité, des phénomènes de confiance, des échantillons aléatoires et empiriques qui sont parfois révélateurs. Pour une fois, il m’a semblé utile de partager ces quelques années d’évolution dans l’analyse de la parole des victimes, de leurs proches, des citoyens, des agents des institutions du « front » social.

Le lent processus de goutte à goutte de la violence, de la criminalité « ordinaire » ou du terrorisme, du retour de la violence physique, de l’affrontement, du règlement de comptes, des agressions contre les services publics (pompiers, policiers, gendarmes, postiers, électriciens, médecins, …) provoquent, après une fermentation de plusieurs décennies, un puissant mouvement de consternation et d’exaspération, particulièrement chez les fameux « agents de première ligne », qui ont imperturbablement continué à faire fonctionner les services essentiels tout particulièrement durant la crise pandémique.

« L’ordre n’est pas un objectif en soi, mais la garantie du libre exercice des libertés démocratiques »

Phénomènes profonds. Depuis de nombreuses années, ces agents, notamment en charge du secteur public, ont utilisé leur droit « d’alerte et de retrait », quand ils n’utilisaient pas celui de grève. A de très rares occasions près (dépôt de képi, dos tournés à leur ancien directeur général, jet de menottes), les policiers ont marqué leurs désillusions et leur colère. Plus récemment, et à deux reprises coup sur coup, des militaires, pas toujours retraités, ont mobilisé les troupes contre ce qu’ils estiment être la décadence de l’État central en France.

L’Etat, le gouvernement, devraient enfin comprendre que ce processus, entamé depuis longtemps, devrait être pris au sérieux. Pas par des postures ou des rodomontades, mais par des actes et un retour à la cohérence d’une action de retour à la paix publique. L’ordre n’est pas un objectif en soi, mais la garantie du libre exercice des libertés démocratiques.

L’isolement monarchique de l’actuel système républicain, la sous-estimation des phénomènes profonds dans la société française ne peuvent aboutir qu’à un profond séisme électoral. Moins par transfert des voix des déçus que par une abstention massive et surtout une faible mobilisation pour la candidate ou le candidat qualifié au deuxième tour pour affronter presque mécaniquement celle ou celui du Rassemblement National. Les élections régionales vont permettre une répétition générale qu’il faudra analyser avec attention, même si les compétences en matière de sécurité des institutions concernées restent relatives. Mais ce qui comptera restera le discours le plus convaincant sur cette question.

Vingt ans après l’élection présidentielle de 2002, rien ne semble avoir changé, si ce n’est sous forme dégradée. Il est temps de se réveiller et de répondre aux questions légitimes des citoyennes et de citoyens. Faute de quoi ils pourraient choisir un nouveau type de droit de retrait, électoral cette fois-ci.

4 réponses »

  1. Merci, Thierry, pour le relai de ce très juste article d’Alain Bauer.J’irais même jusqu’à imaginer que notre exécutif repousse aussi les présidentielles pour des « temps plus favorables »…L’absurde, lui, n’a pas de limites.Bien à vousJean-Marc

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