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Défendre la démocratie…en Amérique, c’est nécessaire. Mais comment la sauvegarder en France?

L’intrusion de partisans du président sortant a entraîné mercredi l’interruption de la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle pendant plusieurs heures. Les débats au Congrès n’ont pu reprendre que vers 20 heures.

1. Le président de la République s’est exprimé en « champion » de la démocratie….des Etats Unis

Après l’intrusion au Capitole, Emmanuel Macron appelle à « ne rien céder » face à « la violence de quelques-uns » contre les démocraties.

Le président de la République s’est exprimé depuis l’Elysée, quelques heures après l’intrusion violente de manifestants pro-Trump dans l’enceinte du Congrès américain.

« Ce qui est arrivé aujourd’hui à Washington n’est pas américain, assurément. » Emmanuel Macron a vivement réagi, dans une vidéo publiée jeudi, à l’intrusion de manifestants pro-Trump dans le Capitole mercredi 6 janvier à Washington, des heurts pendant lesquels une femme a été mortellement blessée.

« Nous ne céderons rien à la violence de quelques-uns qui veulent remettre en cause » la démocratie, assure le président français Emmanuel Macron, dans une allocution prononcée solennellement derrière un pupitre à l’Elysée, diffusée sur les réseaux sociaux vers 3 heures du matin. « Quand, dans une des plus vieilles démocraties du monde, des partisans d’un président sortant remettent en cause, par les armes, les résultats légitimes d’une élection, c’est une idée universelle – celle d’un homme, une voix – qui est battue en brèche », ajoute le président français.

« C’est notre choix, depuis plusieurs siècles, de mettre la dignité humaine, la paix, le respect de l’autre, la reconnaissance de la liberté au-dessus de tout, qui est aujourd’hui menacé dans nos démocraties », poursuit-il. « Je veux dire notre confiance dans la force de la démocratie américaine. Je veux dire notre amitié à l’égard du peuple et de la démocratie américaine. Je veux dire notre lutte commune pour que nos démocraties sortent plus fortes de ce moment que nous vivons tous aujourd’hui ».

2. La démocratie ce n’est pas un « tout ou rien »:

accepter de regarder son apathie en France et de scruter les PERILs

Certes, la violence peut la faire basculer en dictature. Mais le risque majeur d’une démocratie c’est de se vider petit à petit de sa substance et de sa vivacité et ne conserver que le nom. La démocratie est un écosystème fragile. C’est un équilibre entre les pouvoirs et les institutions, des règles et des pratiques, des valeurs et des principes éthiques. Son moteur c’est l’éthique de la responsabilité, son carburant l’éthique de la considération.

En France – et c’est la mission que se donne METAHODOS – les signaux dits « faibles » doivent être attentivement observés, les signes forts doivent être combattus.

Peut on faire une liste des menaces avérées ou dormantes ?

Ou plutôt – pour donner un perspective dynamique et constructive au propos – dresser la liste des points de vigilance et de progrès ? Nous rappelons ci contre les actions qu’il convient selon nous de conduire.

Nous soulignons en gras les points majeurs qui permettent de comparer la situation de la France à ce qui est décrit pour les Etats Unis, et de relire sous cet angle le discours du président de la république:

  • reformer les modalités de vote pour permettre en particulier de rétablir un niveau conveneable de participation,
  • respecter les échéances électorales intermédiaires entre deux élections présidentielles,
  • respecter et prendre en compte les résultats de ces votes reprendre la réforme de l’administration,
  • ouvrir la fonction publique au monde économique, en organisant l’accès aux fonctions publiques de non titulaires issus des entreprises,
  • reformer le Conseil d’Etat et la Cour des Comptes,
  • revoir le statut des élus, incompatibilités, non cumuls…, plafonnement des indemnités, retraites… publiques ( politiques, administratives),
  • revoir le financement des partis politiques,
  • redéfinir les conditions du pluralisme médiatique,
  • mettre en place une nouvelle régulation des sondages,
  • veiller à la définition des droits fondamentaux et à leur respect,
  • respecter les expressions des citoyens, y compris les manifestations qui expriment de la colère ( rappelons que le les populistes ont plusieurs visages, deux d’entre eux: ceux qui encouragent la colère, ceux qui la méprisent )
  • donner leur part dans l’action publique et la démocratie aux parties prenantes et corps intermédiaires,
  • reformer les modalités de vote pour favoriser la participation, par un véritable accès à la citoyenneté, et garantir la légitimité et la représentativité des élus,
  • reformer les procédures budgétaires et donner un rôle de pilotage au parlement dans la mise en œuvre des recherches d’efficience,
  • accélérer la simplification des normes et procédures en établissant pour chacune de ces actions un programme pluriannuel défini par le gouvernement et le parlement avec l’appui du Conseil d’Etat et de la Cour des Compte,
  • inventer une proximité avec les citoyens et les collectivités pour les politiques et actions européennes, par exemple avec des comités de citoyens et d’élus,
  • réhabiliter pour l’Etat une fonction majeure: celle d’élaborer des politiques nationales stratégiques dans les grands domaines,
  • définir, au niveau du gouvernement, une charte de gouvernance établissant les modalités de collaboration entre l’exécutif et l’administration,
  • instaurer l’élaboration par le gouvernement et le Parlement, en début de législature ou en cas de nouveau gouvernement, d’un programme – feuille de route – de gouvernement et d’une METHODE de mise en œuvre ( gouvernance, parties prenantes, consultations… ),
  • poursuivre la décentralisation,  principalement en supprimant les chevauchements de compétences,
  • clarifier les compétences respectives entre Communes et Interco, Départements et Régions en articulant fonctionnellement leurs actions deux à deux,
  • limiter certains pouvoirs spécifiques de l’exécutif  ( président de la République et premier ministre ) par exemple pour les nominations individuelles,
  • instaurer une transparence sur les actions et décisions de la présidence de la République, par exemple avec la publication préalable des ordres du jour du conseil des ministres – établis par le président sur proposition du 1° ministre – et la publication d’un compte rendu public comportant les décisions et les modalités de mise en œuvre par le gouvernement, (l’exemple du Conseil de Défense qui se réunit en secret hors de son champs et qui dépouille le 1 ministre de ses prérogatives en matière de gestion de la pandémie)
  • rétablir les prérogatives du chef du Gouvernement – le premier ministre – , par rapport au président de la République qui le désigne et dans sa relation avec le Parlement qui le contrôle, et dans son autorité sur les ministres qu’il dirige et coordonne,
  • établir un Contrat Social,
  • établir un plan pluriannuel contrôlé par le Parlement pour réduire les inégalités et traiter les territoires en rupture ( les clivages sociaux, économiques et culturels entrainent un autre déclassement, démocratique),
  • faire de l’éducation une priorité véritable, avec une loi de programmation fixant des moyens et résultats à atteindre,
  • développer des actions participatives sincères et transparentes qui ne soient pas à la main exclusive du chef de l’Etat et qui soient en lien direct avec les élus en charge de la loi et du contrôle de l’exécutif,

Dans le domaine institutionnel, il y a consensus pour reformer les institutions et, principalement:

  • rétablir un rôle de fabrication de la loi, et de contrôle et d’évaluation au Parlement,
  • la proportionnelle ( dosée ) est une des premières mesures, qui en attendant d’autres, permettrait un premier changement,
  • la déconnexion des élections présidentielle et législatives.


3.Violences à Washington 

BIDEN, Obama et Clinton mettent en avant la responsabilité de Trump

« quatre années de politique empoisonnée « 


« Dans ce combat pour l’âme de l’Amérique, la démocratie l’a emporté », a déclaré Joe Biden hier soir. « Nous, le peuple, nous avons voté. La foi dans nos institutions a tenu. L’intégrité de nos élections reste intacte. Et le temps est venu maintenant de tourner la page, comme nous l’avons déjà fait dans notre histoire. Pour unir. Pour refermer les blessures. »

Pour l’ancien président Bill Clinton « la mèche a été allumée par Donald Trump » Pour Barack Obama, les événements à Washington ne sont tout simplement pas une « surprise » étant donné l’attitude de Donald Trump et des républicains. L’ex-président américain a surtout lancé une violente charge pour les qualifier. Il a ainsi estimé mercredi que les violences qui ont eu lieu au Capitole étaient « une honte ».

« L’histoire se souviendra des violences aujourd’hui au Capitole, encouragées par un président qui a menti sans relâche sur l’issue d’une élection, comme d’un moment de déshonneur et de honte pour notre pays », a-t-il indiqué dans un communiqué. « Mais on ne regarderait pas la vérité en face si on considérait cet événement comme une surprise totale », a-t-il ajouté, dénonçant le « crescendo violent » des derniers mois, alimenté par refus des républicains de « dire la vérité ».

L’ancien président Bill Clinton a lui aussi dénoncé une « attaque sans précédent » contre les institutions américaines, « nourrie par plus de quatre années de politique empoisonnée ». « La mèche a été allumée par Donald Trump », a accusé l’ancien chef d’Etat démocrate.

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