Aller au contenu principal

Pour vous préparer aux élections régionales et départementales de Juin 2021…si elles ont bien lieu.

Les élections régionales et départementales, prévues en mars, ont été reportées à juin en raison de l’épidémie de Covid-19.

On sait la volonté du président de les reporter après la présidentielle de 2022le suspens reste entier.

Ces scrutins sont organisés tous les six ans pour renouveler les assemblées locales. Tout ce qu’il faut savoir sur ces deux élections en sept questions avec Les Echos.

ARTICLE

Les élections régionales et départementales en sept questions

Paul Turban 02 02 2021 Les Echos

Les élections régionales et départementales ont été reportées de mars à juin 2021. Le projet de loi de report prévoit que le Conseil scientifique rende un rapport sur l’état de l’épidémie de Covid-19 et sur les risques sanitaires attachés à la tenue du scrutin et de la campagne électorale avant le 1er avril. Sauf regain épidémique majeur, les électeurs devraient être appelés aux urnes pour renouveler les assemblées régionales et départementales.

Les enjeux sont nombreux, notamment au niveau régional. Pour des « poids lourds » de la droite, comme Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France ou Valérie Pécresse en Île-de-France, une victoire pourrait être une pierre supplémentaire dans la construction d’une éventuelle candidature à la présidentielle en 2022. Après le fiasco des élections municipales de 2020, la majorité présidentielle espère aussi limiter la casse . Le Rassemblement national, qui n’était pas parvenu à gagner un territoire en 2015, devrait aussi tenter de prendre sa revanche.

1) Qui élit-on ?

Les élections régionales et les élections départementales sont deux scrutins différents. Il y aura donc deux urnes avec un bulletin à glisser dans chacune d’elles. Les conseillers régionaux comme les conseillers départementaux sont élus habituellement pour six ans. Cette fois-ci, leur mandat durera quelques mois de plus – jusqu’en mars 2028 selon le projet de loi adopté au Sénat .

Les candidats aux régionales se présentent sur des listes paritaires. Ceux aux départementales se présentent au niveau des cantons en binôme composé obligatoirement d’un homme et d’une femme. Pour être candidat, il faut être inscrit sur une liste électorale, jouir de ses droits civils et avoir plus de 18 ans. Il faut aussi être domicilié dans la région ou le département où l’on se présente ou y payer l’une des quatre taxes directes locales (taxe d’habitation, taxe foncière sur les propriétés bâties, taxe foncière sur les propriétés non bâties ou contribution économique territoriale).

2) Qui peut voter ?

Les deux élections sont organisées dans toutes les régions de France métropolitaine, sauf en Corse et à Paris, ainsi qu’en Guadeloupe et à la Réunion. Le conseil municipal de Paris dispose des compétences du département, et il n’y a pas d’élections départementales. En Corse, Martinique et Guyane, les électeurs sont appelés à voter pour les élections territoriales puisque ces régions ont le statut de collectivité unique, c’est-à-dire qu’il n’y a qu’une seule instance cumulant les compétences de la région et celle du ou des départements qui la composent.

Lors de ces élections, peuvent voter tous les électeurs français inscrits dans la région ou le département où se tient l’élection. Il est à noter que, contrairement aux élections municipales, les ressortissants de l’Union européenne ne disposent pas du droit de vote à ces élections.

3) Quels sont les modes de scrutin ?

Les élections régionales se déroulent selon un scrutin de liste proportionnel à deux tours, avec prime majoritaire. La répartition se fait dès le premier tour si une liste obtient plus de la moitié des suffrages exprimés. Sinon, un second tour est organisé, où seules les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent concourir. Les listes ayant obtenu plus de 5 % des suffrages exprimées peuvent fusionner avec des listes qui accèdent au second tour.

La liste ayant obtenu la majorité absolue au premier tour ou le plus de voix au second tour obtient une prime de 25 % du nombre des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la proportionnelle entre toutes les listes (y compris celle arrivée première). Cela assure à la liste arrivée en tête, de manière quasi certaine, de disposer d’une majorité confortable dans l’assemblée régionale.

Pour leur part, les élections départementales sont organisées selon un scrutin binominal à deux tours. Les binômes composés obligatoirement d’un homme et d’une femme se présentent au niveau des cantons, division électorale du département. Pour être élu au premier tour, il faut recueillir la majorité absolue des voix exprimées et le quart des électeurs inscrits. Si aucun binôme ne répond à cette condition, un second tour est organisé avec les binômes ayant obtenu au moins 12,5 % des électeurs inscrits, ou, si un seul ou aucun binôme ne remplit pas cette condition, avec les deux binômes arrivés en tête au premier tour.

4) Comment se déroulent les élections territoriales en Corse, Martinique et Guyane ?

La Corse, la Martinique et la Guyane n’organisent pas d’élections régionales et départementales, mais des élections territoriales. De fait, ces territoires disposent d’institutions locales qui cumulent les compétences régionales et départementales. Le scrutin y est de type proportionnel à deux tours, comme pour les élections régionales. Deux différences : les listes totalisant plus de 7 % (et non 10 %) au premier tour peuvent se maintenir au second. Par ailleurs, la prime majoritaire est de 11 sièges.

En Corse et en Martinique, l’Assemblée territoriale élit en son sein des conseillers exécutifs (11 en Corse, 9 en Martinique) au scrutin majoritaire de liste, c’est-à-dire que la liste arrivée en tête obtient tous les postes. Les conseillers territoriaux élus doivent alors démissionner de l’assemblée territoriale. Sorte de gouvernement local, le conseil exécutif est chargé de préparer et d’exécuter le débat de l’assemblée ou encore de la direction de l’administration.

5) Quelles sont les compétences des régions et des départements ?

Les régions sont en charge en France de la formation professionnelle, des lycées et des transports interurbains. Elles définissent un « schéma régional de développement économique » dans lequel elles définissent notamment les orientations en matière d’aides aux entreprises. Elles sont aussi en charge de l’aménagement numérique de leur territoire. Elles partagent des compétences avec les autres niveaux de pouvoir, y compris les départements, en matière de sport, tourisme, culture et patrimoine.

Pour ce qui est des départements, une grande partie de leur budget est consacrée à l’action sociale, à destination notamment de l’enfance, des personnes en situation de handicap et des personnes âgées. Ils gèrent aussi le revenu de solidarité active (RSA), même si son montant est fixé par l’Etat. Les départements s’occupent des collèges. Ils sont responsables de l’équipement rural, du remembrement, de l’aménagement foncier, de la gestion de l’eau et de la voirie rurale, et sont en charge des routes départementales.

6) Quels ont été les résultats des dernières régionales ?

Les élections régionales de décembre 2015 ont été les premières à se tenir avec le nouveau redécoupage de la France continentale en 13 régions. Au premier tour, le Front national – devenu depuis Rassemblement national – était arrivé en tête au niveau national avec 27,73 % des suffrages exprimés, devant Les Républicains, l’Union des démocrates indépendants et le Modem (27,25 %) et le Parti socialiste (23,25 %), alors au pouvoir. L’abstention avait atteint 50,09 %.

Le PS s’était retiré dans l’entre-deux-tours dans les Hauts-de-France, face à Marine Le Pen, et en PACA, face à sa nièce Marion Maréchal, afin de faire barrage au Front national qui avait obtenu au premier tour plus de 40 % des voix dans ces régions. Au second tour, la gauche, qui avait gagné 21 régions sur 22 en 2010 (seule l’Alsace avait été sauvée par la droite au pouvoir), a conservé cinq nouvelles régions (l’équivalent de neuf anciennes régions). La droite était en tête dans les autres régions métropolitaines, en dehors de la Corse où les régionalistes s’étaient imposés.https://flo.uri.sh/visualisation/5096933/embed

Après six ans, les conseils régionaux sortants présentent des équilibres politiques différents. Depuis 2015, le Rassemblement national a perdu plus d’un quart de ses conseillers régionaux . Florian Philippot a formé un groupe « Les Patriotes » dans le Grand-Est après qu’il a quitté le parti d’extrême droite. Un groupe « Les Indépendants » a aussi pu se constituer dans les Hauts-de-France, rassemblant notamment des partisans « Les Patriotes ».

La République en Marche (LREM) a aussi fait irruption dans certains conseils régionaux, alors que le Modem, qui fait actuellement partie de majorités de droite, s’est allié au parti d’Emmanuel Macron en vue de 2021. La création de ces groupes LREM s’est souvent faite aux détriments des groupes socialistes, comme dans le Grand-Est où la tête de liste socialiste aux élections de 2015 a rejoint le parti présidentiel.https://flo.uri.sh/visualisation/5089740/embed

En Guadeloupe, la liste divers gauche d’Ary Chalus est arrivée devant la liste du Parti socialiste. En Martinique, la liste régionaliste d’Alfred Marie-Jeanne à laquelle étaient associés quelques Républicains et candidats divers gauche a remporté l’élection face à une liste divers gauche. En Guyane, deux listes divers gauche s’affrontaient, et c’est « Guyane Rassemblement » de Rodolphe Alexandre qui s’est imposée. Seule La Réunion a été remportée par la droite grâce à une liste d’union.

7) Quels ont été les résultats des dernières départementales ?

Contrairement aux régionales, la droite était arrivée en tête au premier tour au niveau national avec 29,39 % des suffrages exprimés, devant le Front national (25,24 %). Le PS était arrivé troisième avec un score meilleur qu’annoncé (21,78 %). La participation s’était établie à 50,17 %.

Comme pour les régionales, ces élections s’étaient soldées par une vague bleue. La droite avait emporté 66 départements, dont 25 pris à la gauche. La gauche avait, elle, pris un seul département à la droite (la Lozère) et en avait conservé 33 autres. Le Front national n’était pas parvenu à s’imposer dans un département, mais avait toutefois réussi à faire élire 60 candidats dans toute la France. Comme aux régionales, la Martinique a été dominée par la gauche, La Réunion par la droite. La droite a aussi été victorieuse à Mayotte.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :