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DOSSIER ABSTENTION – PARTIE 2 – TROIS MILLIONS DE FRANÇAIS «MAL INSCRITS» SUR LES LISTES ÉLECTORALES ? NE PAS VOULOIR SAVOIR ?

Dossier abstention de Metahodos Partie 2

Voir notre précédente publication :

Dossier Abstention – Les pistes timides de l’A.N., 18 mois après les municipales – Rappel des propositions de Metahodos – PARTIE 1 https://metahodos.fr/2021/12/11/abstention-3/

51% des 25-29 ans mal-inscrits en 2017. Veut-on savoir ce qu’il en est aujourd’hui ?

On peut lire dans l’article ci contre de LCI que « les chercheurs ont pu estimer la mal-inscription à 17,3% des individus de leur base de données, soit à 7,6 millions d’électeurs. Et les jeunes de moins de 30 ans étaient les plus représentés de cette catégorie en 2017, avec 51% des 25-29 ans concernés. «

…« Mais depuis 2019, les règles du jeu ont changé. Avec la possibilité de s’inscrire sur Internet mais aussi plus tard sur les listes (la date limite est passée du 31 décembre au 6e vendredi précédant le vote), le phénomène va logiquement se réduire…À partir de ces éléments et en l’absence d’étude sur la participation électorale de l’Insee depuis 2017, difficile aussi de dire comment Jean-Luc Mélenchon peut affirmer que 3 millions d’électeurs sont mal-inscrits sur les listes. Sollicitée sur cette question, l’équipe du candidat n’est pas revenue vers nous dans l’immédiat. »

Comment expliquer l’absence d’étude sur la participation électorale de l’Insee depuis 2017 ?

On ne peut que regretter que l’exécutif ou le Parlement n’aient pas déclenché des enquêtes et études précises sur ce phénomène de non ou mal inscription…

même si les racines du mal résident davantage dans les pratiques – ou plutôt les «non pratiques» de la démocratie – et l’absence d’une gouvernance équilibrée.

Article

Présidentielle 2022 : 3 millions de Français sont-ils « mal-inscrits » sur les listes électorales ?

Caroline Quevrain – Publié le 6 décembre 2021 LCI

Jean-Luc Mélenchon a regretté qu’aucune pédagogie ne soit faite sur l’inscription pour voter et que 3 millions d’électeurs soient aujourd’hui mal-inscrits en France. Mais cette notion est complexe et difficile à estimer par les chercheurs.

Interrogé sur la communication autour du virus et des bons gestes à adopter, Jean-Luc Mélenchon en a profité pour parler d’un autre sujet qui mériterait selon lui la même attention. « Vous devriez faire la même chose pour l’inscription sur les listes électorales ; il n’y a aucune campagne. On a 1 Français sur 10 qui n’est pas inscrit, on a 3 millions de personnes qui sont mal-inscrites », a avancé le chef de file des Insoumis vendredi 3 décembre sur BFM, estimant que « la démocratie est le meilleur rempart à la haine ».

Attirer les électeurs vers les urnes, voilà le leitmotiv de La France Insoumise dans la campagne. Et pour cause, Jean-Luc Mélenchon se dit lui-même lésé par l’abstention et veut faire le pari de convaincre le plus grand nombre. « Plus ça vote, plus nous sommes forts. Moins ça vote, plus Macron et Le Pen sont forts », avouait-il d’ailleurs pendant son meeting de rentrée, fin août. Chez les Insoumis, la notion de mal-inscription est donc régulièrement mise en avant, mais pas forcément chiffrée de cette manière. En juin, après le premier tour des régionales, la députée Mathilde Panot faisait déjà le constat que 10 millions de Français étaient non-inscrits ou mal-inscrits sur les listes. Tout comme le député européen Manuel Bompard, plus récemment pendant un déplacement à Rouen. Mais à quoi renvoie cette expression de « mal-inscrit » ? Et combien de Français concerne-t-elle réellement ? 

94% des Français en âge de voter sont inscrits

En mai 2021, on dénombrait 47,9 millions d’électeurs inscrits sur les listes, selon l’Insee, soit 94% des Français en âge de voter. Ce qui, par ailleurs, ne représente pas « 1 Français sur 10 » non-inscrit. Les mal-inscrits ne sont pas les non-inscrits qui, eux, ne figurent pas du tout sur les listes électorales, mais les personnes qui votent « dans une commune où elles ne résident pas, ou pas en permanence ». Il peut s’agir de celles qui ont déménagé et qui ne se sont pas inscrites dans leur nouvelle commune ou qui ont plusieurs résidences et ont fait le choix de s’inscrire dans une commune qui n’est pas celle où elles vivent le plus. Le ministère de l’Intérieur, lui, prend également en compte « les personnes qui ont été radiées des listes mais qui l’ignorent ». 

Par ailleurs, les mal-inscrits ne sont pas tous abstentionnistes mais participent à l’abstention puisque leur droit de vote est moins facile à exercer que les inscrits réguliers. En effet, ils n’ont d’autre choix pour voter que d’établir une procuration ou de se déplacer pour voter en personne. Il suffit donc qu’ils ne soient pas beaucoup politisés pour ne pas entreprendre de démarches pour voter en bonne et due forme le jour du scrutin, comme l’expliquait la chercheuse Céline Braconnier dans les pages du Monde.

51% des 25-29 ans mal-inscrits en 2017

Alors, combien de Français sont-ils mal-inscrits sur les listes à la veille de l’élection de 2022 ? Toute la difficulté est de le savoir à cette date, reconnait l’Insee lui-même. L’institut des statistiques publie tous les cinq ans les chiffres de la participation électorale lors du scrutin présidentiel, élection en général la plus mobilisatrice. La prochaine ne sera menée qu’en 2022, après l’élection. Or, cette enquête sur la participation électorale est « indispensable pour comparer la commune de vote et la commune de résidence »

Les derniers chiffres disponibles datent donc de 2017, d’après une étude réalisée par Céline Braconnier, qui a fait de la mal-inscription un véritable sujet d’étude, et des chercheurs Jean-Yves Dormagen et Baptiste Coulmont. Partant des chiffres de l’Insee, les chercheurs ont pu estimer la mal-inscription à 17,3% des individus de leur base de données, soit à 7,6 millions d’électeurs. Et les jeunes de moins de 30 ans étaient les plus représentés de cette catégorie en 2017, avec 51% des 25-29 ans concernés.

Mais depuis 2019, les règles du jeu ont changé. Avec la possibilité de s’inscrire sur Internet mais aussi plus tard sur les listes (la date limite est passée du 31 décembre au 6e vendredi précédant le vote), le phénomène va logiquement se réduire, sans que l’on sache encore de combien. À partir de ces éléments et en l’absence d’étude sur la participation électorale de l’Insee depuis 2017, difficile aussi de dire comment Jean-Luc Mélenchon peut affirmer que 3 millions d’électeurs sont mal-inscrits sur les listes. Sollicitée sur cette question, l’équipe du candidat n’est pas revenue vers nous dans l’immédiat.

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