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PROCES EN «ISLAMOPHOBIE». OU EN EST LA LIBERTE ACADEMIQUE ET D’EXPRESSION ? – DOSSIER GRENOBLE – 5° et 6° partie

Sciences Po Grenoble: «Un pouvoir politique responsable n’aurait pas permis un tel déni de justice»

Titre Le Figaro avec l’article de Céline Pina

Ancienne élue locale, Céline Pina est essayiste et militante. Elle est la fondatrice de «Viv(r)e la République», elle a également publié Silence coupable (Kero, 2016) et Ces biens essentiels (Bouquins, 2021).

Extrait :

« Interpellée dans Le Figaro par 40 universitaires après le renvoi de Klaus Kinzler de Sciences Po Grenoble, la ministre de l’Enseignement supérieur a réagi. La réponse de Frédérique Vidal témoigne d’un pouvoir tétanisé par la peur d’agir qui renvoie dos à dos agresseurs et victimes »

« L’affaire de Sciences Po Grenoble prend une dimension nationale après que les étudiants qui ont faussement accusé de racisme et de fascisme deux professeurs et les ont mis en danger ont été relaxés par une commission de discipline, tandis que l’une des victimes de cette cabale a été suspendue par Mme Saurugger, la directrice de l’Institut d’Études politiques de Grenoble. Absoudre les fautifs pour jeter l’opprobre sur la victime a, à juste titre choqué. Une quarantaine d’universitaires ont interpellé la ministre de l’enseignement supérieur sur l’emprise islamogauchiste au sein de l’université et sur la réponse qu’il convenait d’apporter à une suspension qui a tout d’une tentative de censure. »

« Le syndicat s’en prendrait ainsi à tous ceux, étudiants comme enseignants, qui ne partagent pas ses positions. » Céline Pina

Partie 5

Tutelle, sanctions, financements… : quel avenir pour l’IEP de Grenoble en pleine crise ?

Querelle intestine

Par Hadrien Brachet Publié le 21/12/2021 Marianne

Entre réels dysfonctionnements et tentatives de récupération politique, pas facile d’y voir clair parmi les propositions avancées pour sortir Sciences Po Grenoble de la crise.

C’est une querelle qui n’en finit pas. En mars, les noms de deux enseignants, accusés d’« islamophobie », avaient été placardés sur les murs de Sciences Po Grenoble, suscitant une vive polémique. Suivie par l’ouverture d’une enquête par le parquet de Grenoble et la publication d’un rapport de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR).

Dernier rebondissement : dans un courrier daté du 14 décembre, consulté par Marianne, la directrice de l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble Sabine Saurugger a annoncé suspendre pour quatre mois le professeur Klaus Kinzler, l’un des enseignants visé à l’époque par les collages, l’accusant d’avoir manqué à ses obligations professionnelles. Elle lui reproche des « propos diffamatoires dans plusieurs médias contre l’établissement d’enseignement supérieur dans lequel il est en poste ainsi que contre la personne de sa directrice, notamment au cours d’un entretien sur le site Marianne.net et sur le quotidien L’Opinion ».

Une décision qui a immédiatement fait l’objet de contestations dans la classe politique. Pendant que le député LREM François Jolivet réclamait la « mise sous tutelle de l’établissement », Laurent Wauquiez a annoncé sur Twitter la suspension de « tout financement et de toute coopération » de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qu’il préside, avec l’IEP.

« Il y a beaucoup d’instrumentalisations », se défend-on à l’IEP. N’en demeure pas moins que le climat de tension qui transparaît inquiète. Alors, quelles solutions pour l’avenir de l’IEP, en pleine crise ?

MISE SOUS TUTELLE

C’est la solution avancée par le député LREM François Jolivet : mettre l’IEP sous tutelle. « Si les instances de l’établissement sont paralysées, l’État, via le recteur académique, peut nommer un administrateur provisoire qui va diriger l’établissement à la place de la direction en place, le temps de rétablir un fonctionnement normal de l’établissement », explique à Marianne Thomas Clay, ancien administrateur provisoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

En mars 2018, Frédérique Vidal avait par exemple dissous le conseil d’administration de l’université Jean-Jaurès à Toulouse, alors bloquée par des étudiants et des membres du personnel.

En théorie, une reprise en main par le rectorat n’est donc pas impossible. Mais serait-elle vraiment opportune dans le cas de Sciences Po Grenoble ? « L’ONU peut aussi reprendre la main tant qu’on y est », se moque une source proche de la direction. Un haut responsable universitaire qui défend la patronne de l’IEP assure à Marianne que la mesure serait disproportionnée. D’après lui, en révoquant la directrice, « la ministre commettrait une erreur gravissime. »

« Je veux que l’IEP aille mieux, réplique Klaus Kinzler auprès de Marianne, pour cela il faut un changement de direction, un nouveau départ, avec de préférence un directeur nommé par le ministère. » Du côté de l’IEP, on assure avoir pris en compte les recommandations du rapport de l’Inspection générale de l’Éducation, du sport et de la recherche, en adoptant un nouveau règlement intérieur le 7 décembre dernier ou en constituant une équipe de direction resserrée.

« La mise sous tutelle n’est pas une option sur la table à ce stade » tranche auprès de Marianne Gabriele Fioni, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes.

FINANCEMENTS

À peine la suspension de Klaus Kinzler rendue publique, Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a annoncé couper les financements de la région à l’IEP pointant « la longue dérive idéologique et communautariste de la direction » de l’établissement. « Notre décision est ferme. Les subventions en cours ne seront pas versées, maintient Laurent Wauquiez. La Région Auvergne-Rhône-Alpes ne nouera plus aucun partenariat avec Sciences Po Grenoble tant que la direction n’aura pas fait évoluer sa position ». En somme, taper au portefeuille pour pousser l’IEP à évoluer.

Au-delà des inquiétudes en termes d’indépendance pour l’établissement, cette mesure est-elle vraiment utile ? « Le soutien financier de la Région en lien avec l’IEP de Grenoble-UGA ne consiste pas en des subventions mais essentiellement en l’attribution de bourses aux étudiants, de soutien aux projets de formation continue et à l’action sociale, notamment pour faciliter l’accès d’un jeune public éloigné ou empêché à l’enseignement supérieur et à l’emploi, assure l’IEP dans un communiqué, estimant que « cette décision regrettable risque ainsi d’affecter des étudiants et publics ayant des difficultés d’accès aux études supérieures ou à une formation. »

En d’autres termes, selon Sciences Po Grenoble, les premières victimes seraient les étudiants, et pas l’établissement en lui-même. D’après les chiffres transmis à Marianne par l’IEP, la région aurait versé en 2021 140 300 €, 120 300 € au titre de la formation professionnelle et 20 000 € pour des bourses. Un montant à mettre en regard des 15 millions d’euros du budget total de Sciences Po Grenoble. Cette décision « aura un impact mais ne met pas en danger la stabilité financière de l’établissement », abonde auprès de Marianne le recteur Gabriele Fioni. De quoi relativiser le poids de l’annonce de Laurent Wauquiez.

Pour autant, la question financière reste très sensible à Sciences Po Grenoble. Le rapport de l’IGESR pointait du côté de l’IEP « un modèle économique encore fragile ». Sans compter qu’au-delà des financements réguliers, la région est parfois venue prêter main-forte pour des projets importants de la vie de l’établissement : un rapport du Haut conseil de l’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche (Hcéres) publié en 2020 indique que la région a versé 2,5 millions d’euros pour la réhabilitation du bâtiment.

DE NOUVELLES SANCTIONS ?

Pour apaiser la situation et clarifier les responsabilités de chacun dans la détérioration du climat interne, faut-il prendre de nouvelles sanctions ?

Tout en reconnaissant que « tous les acteurs de cette affaire ont commis des erreurs d’appréciation, des maladresses, des manquements et fautes, plus ou moins graves, plus ou moins nombreux » – y compris donc Klaus Kinzler dont plusieurs manquements sont pointés – le rapport de l’IGESR notait pour autant qu’« il ne fait pas de doute pour la mission que ce sont les accusations d’islamophobie […] ainsi que de fascisme […], diffusées une première fois sur les réseaux sociaux par « Sciences Po Grenoble en lutte », puis relayées ou diffusées de manière réitérée sur les réseaux sociaux par l’US [Union Syndicale, N.D.L.R.] qui sont la cause de la grave détérioration du climat de l’IEP. »

« La direction de l’IEP doit engager des poursuites disciplinaires contre chacun des élus étudiants de l’US signataires de ces accusations et donc auteurs de ces comportements fautifs, particulièrement graves et inacceptables », avaient conclu les auteurs du rapport. Une commission de discipline s’est bien tenue, délocalisée à l’université de Clermont-Auvergne, mais elle a relaxé le 19 novembre dernier les 17 étudiants qui étaient accusés d’avoir participé aux accusations d’« islamophobie ». Un « blanc-seing » pour les campagnes d’intimidation, s’insurgeait Klaus Kinzler dans Marianne le 7 décembre, s’inquiétant d’une « chasse idéologique » à l’IEP.

« Je pense que le jugement du conseil de discipline qui a blanchi les étudiants a probablement remis un sou dans la machine, convient un responsable universitaire très au fait du dossier, mais une décision prise par un conseil de discipline, en tant que directeur d’établissement, vous n’avez qu’à l’appliquer. La directrice n’y peut rien. »

En revanche, en suspendant Klaus Kinzler pour 4 mois, Sabine Saurugger n’a-t-elle pas remis elle-même un sou dans la machine ? « Le service communication court derrière les déclarations de Klaus Kinzler depuis des semaines », défend-on à l’IEP. D’après la lettre notifiant suspension à l’enseignant, la directrice lui reproche, en plus de ses interviews à Marianne et à L’Opinion d’avoir « gravement porté atteinte à l’intégrité professionnelle de ses collègues de travail, enseignants-chercheurs de l’établissement, en particulier dans une interview accordée à CNews ».

Pour la directrice, qui indique qu’il y a lieu de « saisir le conseil de discipline » et évoque des fautes de « nature pénale », Klaus Kinzler aurait « méconnu » ses obligations de discrétion professionnelle et de réserve auxquelles sont soumis les fonctionnaires.

À LIRE AUSSI : Accusations d' »islamophobie », professeurs mis en cause : la directrice de l’IEP de Grenoble s’explique

« Leur seule obsession c’est que je ne dise surtout pas ce qui s’est passé avant l’affaire, en mars, s’insurge Klaus Kinzler auprès de Marianne. Mon droit le plus fondamental était d’expliquer ce qui s’était passé, or j’ai reçu des interdictions à répétition de parler à la presse. » « En tant que directrice et ton supérieur hiérarchique, je souhaite que tu ne répondes [pas] aux sollicitations des médias aux sujets des affaires internes à l’IEP », écrivait par exemple la directrice de l’IEP à Klaus Kinzler le 6 mars 2021 dans un courriel consulté par Marianne.

« Il ne s’agit pas de le censurer, défend notre haut responsable universitaire, il s’agit de le rappeler à des obligations de calme et de prudence vis-à-vis de son propre établissement. » « Kinzler n’est pas tout blanc dans cette histoire, admet un haut fonctionnaire, mais des cas comme ça, j’en vois des dizaines par an. Des enseignants s’en prennent à la direction de leur établissement et il n’y a pas de sanctions pour autant, et heureusement. » Un de ses anciens étudiants rappelle qu’il ne faudrait pas oublier que « dans l’histoire, c’est lui la victime ».

Du côté du ministère de l’Enseignement supérieur, on joue la carte du « en même temps ». Tout en soulignant que « la suspension n’entrait pas dans les préconisations du rapport » de l’IGESR, le ministère admet, reprenant les mots de la direction de l’IEP, que « les relations entre un professeur au sein de l’IEP et la direction sont du ressort des relations entre un employeur et un membre de son personnel ». Frédérique Vidal a « demandé à l’inspection générale de renforcer son suivi », « regrette la décision de Laurent Wauquiez […] qui va se faire au détriment des étudiants » et appelle à se remettre au travail « dans la sérénité. »

SURTOUT, CESSER LES RÉCUPÉRATIONS POLITIQUES

De tous les côtés, on se met au moins d’accord sur une chose : le contexte électoral qui pousse les politiques à sortir du bois, de manière pas tout à fait désintéressée. Et visiblement pas toujours très bien préparées : à la publication de l’article, le cabinet de Laurent Wauquiez n’était pas en mesure d’indiquer si sa décision de suspension des financements devait être confirmée par un vote. « Il y a un flou juridique, j’ai l’impression que c’est un leurre », s’inquiète Stéphane Gemmani, conseiller régional, porte-parole du groupe socialiste à la région. Qui craint d’assister à une récupération contre-productive : « Je suis vent debout contre le « wokisme », je me suis opposé au Mois décolonial à Grenoble et surtout des profs n’ont pas à avoir leur nom placardé partout avec inscrit « islamophobie » mais vouloir surréagir comme le fait Laurent Wauquiez, c’est desservir la cause. Ces personnes n’attendent que d’être attaquées. Il faut raison garder. »

Klaus Kinzler lui-même, tout en se réjouissant des réactions politiques de tous bords, prévient : « Je n’ai pas envie de me faire récupérer ».

À LIRE AUSSI : Grenoble : les noms de deux professeurs accusés d’islamophobie placardés sur les murs de l’IEP

Partie 6

Sciences Po Grenoble dénonce une décision « politique » après la suspension de financements par Laurent Wauquiez

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes va arrêter de financer l’école après un arrêté visant un professeur d’allemand, suspendu pour « propos diffamatoires ».

Par Brice Laemle et Sylvie Lecherbonnier Publié le 21 12 21 Le Monde

Les accusations portées à l’encontre de l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble, pour ses « dérives idéologiques » ou son « wokisme », n’en finissent pas de rebondir. La direction de l’établissement a regretté, mardi 21 décembre, la décision « politique » prise la veille par le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez (Les Républicains, LR), de suspendre les financements de la collectivité à l’école, sur fond de débat autour de la liberté d’expression. L’affaire a également suscité, mardi, une cascade de prises de position politiques.

Cette sanction financière a été annoncée après un arrêté interne visant Klaus Kinzler, un professeur d’allemand, qui avait été accusé d’« islamophobie » en début d’année par des étudiants : il a été suspendu, lundi, pour quatre mois, par la direction de Sciences Po Grenoble, qui lui reproche d’avoir tenu, depuis, des « propos diffamatoires » dans des entretiens accordés début décembre au site de l’hebdomadaire Marianne, au quotidien L’Opinion et à la chaîne CNews. Il a, selon la directrice, Sabine Saurugger, « gravement méconnu plusieurs obligations », notamment en matière de « discrétion professionnelle »« Il y a lieu à saisir le conseil de discipline », ajoute-t-elle.

Le « Bravo ! » de Marine Le Pen

Qualifiant la décision de M. Wauquiez de « regrettable », la direction précise dans un communiqué que « le soutien financier de la région (…) ne consiste pas en des subventions mais, essentiellement, en l’attribution de bourses aux étudiants »« Cette décision semble, par ailleurs, motivée par un motif politique, davantage que par la réalité de la situation au sein de l’institution », ajoute le texte en appelant le président de la région à « revenir sur sa décision dans l’intérêt des étudiants ».

La veille, dans un message publié sur Twitter, M. Wauquiez avait fait savoir qu’il suspendrait les financements régionaux (environ 100 000 euros par an hors investissements sur projets) à l’IEP – dont le budget est de 5 millions d’euros – en raison de la « longue dérive idéologique et communautariste », qui vient de « franchir un nouveau cap » avec la suspension de l’enseignant. Selon lui, « une minorité a confisqué le débat » au sein de l’établissement, « sans que la direction prenne la mesure de cette dérive préoccupante ».

Des accusations reprises en chœur par différents responsables de droite comme d’extrême droite sur les réseaux sociaux. Valérie Pécresse, la candidate LR à l’élection présidentielle, a demandé à la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, de « diligenter une mission d’inspection sur la situation et de rendre publiques les conclusions », se disant dans un tweet« inquiète que la liberté d’expression ne soit plus assurée à l’IEP de Grenoble ».

A l’extrême droite, la sanction de M. Wauquiez a été saluée sur Twitter d’un « Bravo ! » par Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle. « Laurent Wauquiez a parfaitement compris comment couper court à l’infiltration de nos grandes écoles par l’islamo-gauchisme : en commençant par fermer le robinet du financement public »a, quant à lui, écrit le candidat Eric Zemmour.

« Dérives extrémistes de M. Wauquiez »

Le groupe d’élus régionaux Les Ecologistes s’est, au contraire, dit « inquiet des dérives extrémistes de M. Wauquiez »l’accusant dans un communiqué de « jouer aux inquisiteurs avec les encouragements d’Eric Zemmour »« Laurent Wauquiez n’est pas dérangé quand il s’agit de financer le projet de campus de l’université catholique de Lyon »a également noté Guillaume Gontard, sénateur écologiste de l’Isère.

« La décision unilatérale comme la méthode autoritaire du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes » ont été critiquées par le groupe d’élus régionaux Socialiste, écologiste et démocrate. « La violence, l’arbitraire et les considérations politiques n’ont rien à faire dans une politique régionale de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la vie étudiante », ont-ils fait savoir.

Depuis fin 2020, Sciences Po Grenoble connaît un climat de tension. Tout a commencé quand M. Kinzler et une collègue historienne avaient échangé des courriels véhéments à propos d’une journée de débats, intitulée « Racisme, antisémitisme et islamophobie », en contestant cette formulation et en critiquant l’islam.

Le 4 mars, le professeur avait été, avec un autre enseignant, la cible d’affichettes l’accusant d’« islamophobie » placardées par des étudiants à l’entrée de l’école et relayées sur les réseaux sociaux par des syndicats. A l’époque, la direction avait condamné « très clairement » ces affiches, tout en estimant que la façon dont M. Kinzler parlait de l’islam était « extrêmement problématique ». Fin novembre, seize des dix-sept étudiants incriminés ont été relaxés lors d’une procédure disciplinaire menée par l’université Clermont-Auvergne.

Klaus Kinzler s’est alors de nouveau exprimé dans les médias. Dans ses interviews, l’enseignant a décrit l’IEP comme un institut de « rééducation politique », accusant un « noyau dur » de collègues, adeptes, selon lui, des théories « woke », d’endoctriner les étudiants, et la direction de Sciences Po de laisser faire. « J’ai été estomaqué par cette décision. La directrice m’a interdit de parler à la presse, mais je revendique le droit de m’exprimer », affirme au Monde l’intéressé. « Cette sanction déguisée en mesure conservatoire témoigne à nouveau d’une véritable chasse aux sorcières diligentées à l’endroit de la liberté d’expression et de la liberté académique de Klaus Kinzler », ont écrit dans un communiqué, lundi 20 décembre, ses avocats « mandatés pour contester par toutes les voies utiles la mesure prise à son encontre ».

Face à cette situation, la ministre de l’enseignement supérieur a demandé à l’inspection générale de « renforcer son suivi » et au rectorat de « rester en contact avec la directrice pour accompagner l’établissement ». Mme Vidal demande à « ce que chacun se remette au travail dans la sérénité ». Une sérénité mise à mal depuis un an et demi.

Brice Laemle et Sylvie Lecherbonnier

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