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AFFAIRE McKINSEY : « LE VRAI ET LE FAUX… » NE SE DEMELENT PAS

Le Sénat dont les travaux ont été critiqués par l’exécutif a réagi

Le rapport du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil dans l’appareil d’Etat a suscité de nombreux commentaires et raccourcis à l’égard du cabinet américain McKinsey.

L’exécutif a réagit après 15 jours d’interrogations testées sans réponse.

Faute d’information de l’exécutif ou de McKenzy, les médias poursuivent leurs propres investigations

« Prestations offertes et jeux d’influence : révélations sur McKinsey et Emmanuel Macron » titre Medipart,

qui poursuit : Le cabinet de conseil, au cœur de la polémique pour avoir bénéficié depuis 2017 de contrats contestés, a travaillé gratuitement pour Emmanuel Macron dès son arrivée au ministère de l’économie. Des consultants de McKinsey révèlent à Mediapart la stratégie d’influence qui a alors été déployée autour du futur président de la République. »

« De l’intérêt de travailler gratuitement pour renforcer sa proximité avec un dirigeant politique. Le cabinet de conseil McKinsey, dont les pratiques ont été épinglées par la commission d’enquête sénatoriale, a misé sur Emmanuel Macron, avant même qu’il se déclare candidat à l’élection présidentielle 2017, dans l’objectif de développer ensuite ses activités avec l’administration, selon des documents et témoignages recueillis par Mediapart. »

La chaîne LCP évoque ce jour les prestations pro bono

dont a bénéficié le ministre de l’ économie des finances, futur candidat à la présidentielle.

De son côté Le Monde a réalisé un dossier pour déceler le vrai et le faux

Nous vous présentons des extraits ci contre

Voir également notre précédente publication :

AFFAIRE McKINSEY : L’EXÉCUTIF REFUSE – DEUX SEMAINES APRÈS – LES CRITIQUES, ET OPPOSE LA TRANSPARENCE. https://metahodos.fr/2022/03/30/sur-laffaire-mckinsey-une-conference-de-presse-du-gouvernement-pour-deminer/

Article – Extraits

McKinsey et Macron : le vrai et le faux sur la polémique

Par Maxime Vaudano, Manon Romain, Luc Martinon et Adrien Sénécat 30 mars – Le Monde

…/… Le recours du gouvernement à ce cabinet américain pour l’épauler dans la politique de vaccination contre le Covid-19 avait déjà suscité la polémique en janvier 2021. Mais c’est un rapport récent du Sénat, qui dénonce l’emprise des cabinets de conseil sur l’appareil d’Etat, avec un coût considérable pour les finances publiques, qui a attisé les braises. Au point que certains opposants y voient un « McKinseyGate », dont il faudrait tenir responsable le président Macron.

Les Décodeurs, à l’origine de plusieurs enquêtes sur le sujet, font le tour des principales idées reçues sur le dossier McKinsey, où les informations étayées côtoient les intox.

  • Emmanuel Macron est-il proche de McKinsey ?

De nombreux liens existent entre le président et McKinsey, comme l’avait déjà documenté une enquête du Monde en février 2021.

Si McKinsey n’a pas joué de rôle officiel dans la campagne du candidat Macron en 2017, plusieurs consultants ou « ex » du cabinet s’y sont investis sur leur temps libre, à l’image de Karim Tadjeddine (actuel patron de la branche « secteur public » du cabinet), Eric Hazan (l’un des dirigeants de la branche numérique) ou Guillaume de Ranieri (responsable du secteur aérospatial et défense).

Après la victoire, certains de ces consultants ont rejoint des postes d’influence au sein de la macronie. Ariane Komorn a ainsi quitté McKinsey, où elle travaillait depuis 2014, pour devenir cheffe du pôle engagement de La République en marche, en juin 2017. Si cette dernière a quitté le parti présidentiel en 2021, ce n’est pas le cas de Paul Midy (passé par McKinsey de 2007 à 2014), qui en est le directeur général depuis 2019. Un autre consultant, Mathieu Maucort, chez McKinsey de 2013 à 2016, a ensuite été directeur de cabinet adjoint du secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi.

  • Macron a-t-il « favorisé » McKinsey pour lui attribuer des contrats ?

…/… « On a l’impression qu’il y a des combines, c’est faux. Il y a des règles de marchés publics. »

Rappelons d’abord que l’influence de McKinsey sur la sphère publique ne remonte pas au mandat de l’actuel chef de l’Etat. On ne dispose pas de données aussi détaillées sur les quinquennats précédents, mais on sait, par exemple, que le cabinet américain travaillait déjà pour le gouvernement alors que Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient présidents.

En outre, comme le déclare Emmanuel Macron, toutes les missions confiées à McKinsey passent en principe par la procédure encadrée des appels d’offres, qui vise à assurer une mise en concurrence des cabinets candidats en évitant le favoritisme.

…/…

Plusieurs mécanismes légaux permettent toutefois d’adapter ces règles, à commencer par les accords-cadres. Le principe ? Une poignée de prestataires sont sélectionnés par le gouvernement par le biais d’un grand appel d’offres transversal sur des « prestations intellectuelles ». Les différents ministères peuvent ensuite piocher dans les crédits qui y ont été alloués pour recruter des consultants pour n’importe quelle mission.

Comme plusieurs de ses concurrents, McKinsey fait partie des lauréats de deux gigantesques accords-cadres attribués en 2018 et en 2019 par deux centrales d’achat de l’Etat (la DITP et l’UGAP), qui pénalisent les cabinets plus modestes. C’est à ce titre que de nombreux ministères font appel à lui, selon diverses modalités visant à assurer un turnover des cabinets lauréats.

Autre contournement possible : un ministère peut invoquer l’urgence de la situation ou le « droit de suite » pour reconduire la mission d’un cabinet déjà sur place sans nouvel appel d’offres. C’est par ce biais que le ministère de la santé a confié 18 missions d’affilée à McKinsey et Accenture pendant la pandémie, comme l’a souligné le rapport sénatorial sur les cabinets de conseil.

Enfin, McKinsey a pu bénéficier d’un avantage indirect octroyé par Emmanuel Macron : l’Elysée a, en effet, choisi le cabinet américain pour l’accompagner, à titre bénévole, dans l’organisation des sommets Tech for Good, qui ont vu défiler les patrons du numérique à l’Elysée. Un choix sans appel d’offres, puisque McKinsey intervenait bénévolement. Or, McKinsey a pu ensuite utiliser cette prestation bénévole comme argument dans son dossier de candidature à un grand appel d’offres sur des missions de conseil, lancé par la centrale d’achat de l’Etat (l’UGAP, Union des groupements d’achats publics) – en proposant d’inviter à Tech for Good leurs dirigeants.

  • Quelles missions McKinsey a-t-il menées pendant le quinquennat Macron ?

Si le nom de McKinsey a été largement médiatisé ces dernières semaines, c’est loin d’être le seul cabinet de conseil mis en lumière par le récent rapport sénatorial. Selon les calculs du Sénat, qui reposent sur des données parcellaires, McKinsey ne représente que 1 % des dépenses de conseil de l’Etat entre 2018 et 2020, loin derrière Capgemini (5 %) et Eurogroup (10 %).

Il est toutefois indéniable que le cabinet américain a été associé à certains des chantiers les plus importants du quinquennat. D’après les recherches du Monde, McKinsey a réalisé au moins une quarantaine de missions pour le compte du gouvernement, de la présidence ou des agences de l’Etat entre 2018 et 2021, pour un coût compris entre 28 et 50 millions d’euros.

Le cabinet a multiplié les missions pendant la pandémie de Covid-19, en planchant sur la vaccination, les tests, le passe sanitaire, et même les scénarios de reprise des transports collectifs après le confinement, pour au moins 13 millions d’euros.

McKinsey a également appuyé l’administration dans la préparation de plusieurs réformes des aides sociales : les retraites (920 000 euros), les aides personnalisées au logement (3,9 millions d’euros), le bonus-malus de l’assurance chômage (327 060 euros), les pensions alimentaires (260 880 euros) et les aides d’adaptation des logements au vieillissement (300 630 euros).

En théorie, les consultants n’étaient missionnés que pour fournir un appui technique à ces chantiers, pas pour en inspirer le contenu politique. Le rapport du Sénat a toutefois relevé que la ligne était parfois difficile à tracer : dans ses préconisations au gouvernement sur la reconstitution du stock stratégique des gants médicaux, McKinsey a, par exemple, clairement affiché sa préférence pour le scénario de l’arrêt ponctuel de la distribution aux établissements médico-sociaux, le temps de reconstituer le stock – ce qui n’est pas un choix neutre.

La mission de 18 millions d’euros confiée par Bercy à McKinsey et au cabinet EPSA pour rationaliser la politique d’achats des établissements publics de l’Etat revêt aussi une dimension politique, puisqu’il s’agit d’identifier 200 millions d’euros d’économies potentielles, avec des conséquences sur les politiques publiques associées.

Le cabinet est également intervenu sur des missions dont l’intérêt stratégique a été critiqué par le rapport sénatorial, comme la rédaction d’un guide du télétravail dans la fonction publique (une mission de 235 620 euros, entièrement sous-traitée à un autre cabinet) ou une réflexion sur l’avenir du métier d’enseignant (496 800 euros) destinée à un colloque international qui n’a jamais eu lieu.

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