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VIVRE EN POIÊSIS : TOUS LES MATINS DU MONDE


TOUS LES MATINS DU MONDE, 31È ANNIVERSAIRE

Salle Gaveau

VENDREDI 20 MAI 2022 – 20H30

Le Concert des Nations
Jordi Savall, viole et direction
Pascal Quignard, lectures

Marin Marais : Pièces pour la viole

Jean-Baptiste Lully : Le bourgeois gentilhomme(extraits)

François Couperin : Les concerts Royaux (extraits)

De Sainte-Colombe : Concerts à deux violes égales

En 1991 sortait Tous les matins du monde, un film d’Alain Corneau tiré d’un roman éponyme de Pascal Quignard. Le public découvrait, émerveillé, les fastes musicaux mais aussi les ombres et lumières d’un monde secret, celui de Marin Marais, de son maître le mystérieux Sieur de Sainte-Colombe, mais aussi de Lully (La Marche de la Cérémonie turque du Bourgeois Gentilhomme). Le grand artisan de cette révélation fut Jordi Savall, seul avec sa viole de gambe ou à la tête du Concert des Nations, qui infusa tout son amour de ce répertoire dans une bande originale qui compta parmi les plus grands succès discographiques de l’histoire.

Trente ans après Tous les matins du monde. 

Il y a plus de trente ans, Jordi et moi, Montserrat Figueras qui n’est plus là, Alain Corneau qui n’est plus là, tous les musiciens, les ingénieurs du son, nous nous retrouvâmes dans une église, au mois de janvier 1991, pour enregistrer la bande son de Tous les matins du monde à Saint Lambert des Bois – qui est la seule église qui soit restée debout après la destruction de l’abbaye de Port Royal les Champs sur l’ordre du roi Louis XIV. J’ai retrouvé dans le petit pavillon de musique de mon ermitage, sur le couvercle d’un des pianos, le plan de travail, la liste des musiques du film, le minutage, même l’itinéraire pour arriver au désert.

On enregistrait au milieu de la nuit, dans le froid glacial de la nef, après avoir dîné vers 23 heures dans une pizzeria affreuse où nous attendait à la porte un grand Mickey Mouse à taille humaine en plâtre. C’était le Mickey Mouse de Port Royal les Champs. On mangeait très tard parce qu’on attendait que les avions aient cessé de voler au dessus du clocher de Saint Lambert. À peu près vers une heure du matin, les sons des réacteurs, venant d’Orly, ou abordant Orly, s’effaçaient dans le ciel.

Alors, dans le froid, au coeur de la nuit, Jordi levait sa main, faisait silence, la musique s’élevait.

Enfin Salle Gaveau, dans un silence hélas un peu augmenté par les morts, dans la nuit toujours, je vais retrouver mon ami Jordi pour interpréter, trente et un ans après, Tous les matins du monde.

Pascal Quignard

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