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PAUL VEYNE : L’HISTOIRE EST «LIÉE PAR LE HASARD DES ACTIONS INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES»

Paul Veyne en France en juillet 1993 ©Getty - Louis MONIER/Gamma-Rapho via Getty Images

L’immense historien Paul Veyne est mort à l’âge de 92 ans hier jeudi 29 septembre 2022

Spécialiste de l’Antiquité, il a su tout au long de sa vie transmettre ce que furent les manières de vivre, d’aimer, de penser, d’habiter dans la Grèce classique puis dans la Rome antique.

FRANCE CULTURE propose de réécouter cette série A voix nue de 2005.

Série « Paul Veyne, grand historien de l’Antiquité »

Épisode 1/5 : Paul Veyne : « C’est un métier terrible que celui de Dieu »

Lundi 24 octobre 2005ÉCOUTER (21 MIN)

A voix nue

Provenant du podcast. À voix nue

Résumé : Dans ce premier entretien « A voix nue », l’historien Paul Veyne, professeur au Collège de France, spécialiste de l’Antiquité, de la Grèce classique et de la Rome Antique, revient sur les raisons qui l’ont poussé dans cette voie et réfléchit au sens de l’Histoire.

avec : Paul Veyne (Historien, spécialiste de l’Antiquité romaine).

Dans ce premier volet de la série « A voix nue », Paul Veyne se raconte au micro de Laure Adler et tente d’expliquer comment il est devenu ce grand historien de l’Antiquité. Il évoque tout d’abord ses « fêlures » liées à son enfance comme la dissymétrie de son visage.

« Ce que je suis devenu est dû à une fêlure et à un choc d’enfance inexplicable. La fêlure ça a été d’abord la difformité que j’ai au visage – dont je n’ai jamais souffert en moi – mais qui, je suppose, a dû jouer un rôle considérable dans la constitution de mon caractère et d’un malaise, d’un sentiment perpétuel d’être en marge, mais je ne peux pas en dire plus. Je n’ai jamais rien senti, je n’ai jamais versé une larme et je n’ai jamais été paralysé auprès des dames qui sont d’une grande bonté.« 

« Il y avait donc cette première fêlure et une seconde fêlure assez étrange mais qui n’est pas rare, qui a commencé assez tôt, était non pas la peur de mourir mais l’horreur de la mort. Je n’ai pas peur de mourir en ce moment, mais l’horreur de la mort c’est quelque chose que j’ai senti très tôt, et ça a joué dans le métier que j’ai fait. »

« Je me suis passionné pour le monde gréco-romain. Ce n’est pas une vocation, c’est un accident.« 

Il refuse de voir son travail d’historien comme une vocation, car cela relèverait plus du « choc psychologique inexplicable« . Il se souvient ainsi de sa fabuleuse découverte d’un morceau d’amphore romaine à l’âge de 8 ans puis d’un passage de Salammbô de Flaubert qui l’avait profondément marqué. « Je passais mon temps à faire l’école buissonnière au lycée de Nîmes et j’errais dans les salles du musée [archéologique]« , raconte encore Paul Veyne.

Le grand historien s’explique sur sa conception de l’histoire pour laquelle il ne voit pas de logique dans son déroulement : « Ce n’est pas le déroulement d’un grand spectacle, le progrès ou la décadence. C’est lié par le hasard des actions individuelles et collectives. […] Tout peut arriver.« 

Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France

  • « A voix nue » 1/5
  • Première diffusion le 24/10/2005
  • Producteur : Laure Adler
  • Réalisation : Doria Zénine
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France

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