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LES POUVOIRS NON ÉLUS MENACENT ILS LA DÉMOCRATIE?

Les pouvoirs qui montent ;

  • magistrats,
  • medias sociaux et presse, influenceurs,
  • « milliardaires »,
  • technostructure nationale et supranationale,
  • « finances »,
  • autorités indépendantes et médiateurs,
  • lobbys…

Face à des pouvoirs non élus et mondialisés, notre chroniqueuse Marie-Hélène Miauton s’inquiète pour l’avenir de la démocratie

ARTICLE

Faut-il craindre la fin de la démocratie ?

Marie-Hélène Miauton. LE TEMPS Publié dimanche 30 octobre 2022

«Tous les pouvoirs qui montent – magistrats, réseaux sociaux, influenceurs, vedettes de football, technostructure européenne – ont en commun de ne pas être désignés par l’élection. Tous les pouvoirs en perte de vitesse – élus locaux, députés, sénateurs, président – sont au contraire, directement ou indirectement, issus des urnes», voilà ce qu’affirme une tribune du Figaro signée de l’écrivain Xavier Patier, un habitué de la politique française. Le propos est intéressant et, malheureusement, convaincant. Ce constat serait-il franco-français seulement ou peut-il être étendu aux autres pays démocratiques?

Peu ou prou, l’analyse est assez largement recevable. Outre les institutions citées dans son texte, il faut encore penser à ces structures privées non élues et pourtant influentes que sont les organisations non gouvernementales (ONG). Effectivement, sous l’impulsion de l’ONU, qui les a reconnues comme organes consultatifs en 1945, elles exercent une empreinte non négligeable sur la politique intérieure des Etats. Leurs analyses sont largement diffusées et leurs conclusions sérieusement prises en compte. Quelques exemples…

En septembre 2020, Transparency International condamnait l’opacité des partis politiques en Suisse. En août 2022, l’ordonnance fédérale sur la transparence du financement des partis politiques était adoptée, après le retrait d’une initiative populaire allant dans le même sens. Même schéma en 2018, où 106 organisations non gouvernementales appelaient la Suisse à ratifier «sans délai» la convention antitabac. Dans la foulée, une initiative était lancée, qui fut acceptée à 57% en 2022, et il y a fort à parier que la Suisse signera bientôt la fameuse convention. Sur le plan international, l’ONG Oxfam avait développé depuis la pandémie de Covid-19 l’idée de taxer les superprofits, élargie depuis à l’énergie et à l’alimentaire. C’est désormais acté dans de nombreux pays. En Suisse, c’est PublicEyequi dénonce les bénéfices exceptionnels du négoce agricole.

Pourtant, quelle est la légitimité de ces ONG qui pèsent toujours plus dans les politiques internationales ou nationales, quelle est leur représentativité? Nul ne semble s’en soucier! Il faudrait encore citer ces grandes fondations planétaires qui n’échappent évidemment pas à l’influence des mécènes milliardaires qui les financent. Leur pouvoir est à la mesure de leur énorme dotation. On pense ici à Bill Gates, ou aux multiples organismes de George Soros dont l’objectif avoué est de réformer la société, et encore aux activités d’Elon Musk, aussi génial que fantasque, dont il est permis d’apprécier ou non le libertarisme à tout crin.

N’oublions pas enfin les laboratoires de réflexion, dits «think tanks», qui s’intéressent à la marche de l’univers, évidemment pour l’infléchir. Certains sont gouvernementaux mais nombreux relèvent de fonds privés. On en comptait 73 en Suisse en 2016, dont le très puissant World Economic Forum. Aux Etats-Unis, la Brookings Institution ou la Heritage Foundation sont de véritables Etats dans l’Etat. Et, dans le registre juridique, que dire de cette Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) à Strasbourg, qui impose sa loi aux tribunaux nationaux, qui ne statuent plus désormais sans se demander s’ils seront désavoués? Déjà que, forts de la séparation des pouvoirs, mais en dépit d’elle, les magistrats nationaux s’immiscent parfois dans les affaires de politique intérieure, il y a décidément un vrai problème avec la justice dans de nombreux pays.

Le souci vient du fait que les gouvernements agissent à l’intérieur de leurs frontières alors que toutes ces structures sont supranationales, voire mondiales, utilisant les leviers conjoints de l’argent et de la géographie. Dès lors, il est justifié de s’inquiéter pour la survie de la démocratie. Le peuple comprend bien qu’il est toujours moins souverain et que les vrais pouvoirs ne sont plus forcément issus des urnes, dont il se détourne faute de savoir comment se révolter, ce qui ne fait qu’accélérer le processus.

2 réponses »

  1. Bonjour, Thierry,Comme je l’avais dit dans mon article sur le retour du Risque d’un néoféodalisme (jmsauret-managerconseil.blogspot.com/search/label/le%20risque%20d%27un%20Néo-féodalisme) les conditions sont aujourd’hui propices. Votre article de Marie-Hélène Miauton l’illustre parfaitement, me semble-t-il.Bien amicalementJean-Marc

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  2. Rebonjour, Thierry,J’ose référer ce propos aussi à cet article que je publiait le 15 juin 2021 : Great reset ou grand réveil ? https://jmsauret-managerconseil.blogspot.com/search/label/Great%20reset%20ou%20grand%20r%C3%A9veil%20%3F Il y a là de la prémonition…Bien amicalementJean-Marc

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